‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 743 sur 1006 · Hérodote, VII, 21 et suiv.; cf. ci-dessus, p. 261 et · texte numérisé non relu

Hérodote, VII, 21 et suiv.; cf. ci-dessus, p. 261 et

ACANTHE

Le type presque constant des tétradrachmes d'Acanthe, uniforme dans ses variétés, est le groupe du lion dévorant un taureau; il se rencontre aussi sur les monnaies des dynastes de Gilicie et celles des rois de Byblos *. Mais il n'est pas nécessaire de recourir au symbolisme des religions orientales pour expliquer ce type monétaire à Acanthe ; il suffit de faire appel aux traditions locales. Hérodote raconte que dans la Mygdonie et la Ghalcidique les lions et les bœufs sauvages étaient très communs 2; entre Acanthe et Therma, les chameaux de l'armée de Xerxès furent attaqués par des lions. La région à l'ouest du cours du Nestos, surtout, était infestée de lions et de taureaux aux cornes gigantesques 3.

Le témoignage d'Hérodote reçoit une éclatante confirmation par les types des monnaies d'Acanthe qui nous font connaître avec un réalisme saisissant les épisodes variés des luttes quotidiennes entre lions et taureaux; la souplesse, la vigueur et la puissante musculature de ces animaux sauvages et féroces sont traduites avec une virtuosité qui rappelle les plus admirés des bas-reliefs ninivites. Au point de vue de l'art monétaire, on remarquera enfin, sur ces pièces comme sur tant d'autres, l'habile adaptation du groupe du

taureau et du lion au champ de la médaille : il y a là une leçon d'harmonie, de proportion et d'équilibre dont les graveurs des monnaies modernes devraient bien s'inspirer. Quelque abondantes qu'elles soient, les monnaies d'Acanthe demeurent longtemps anépigraphes ; ce n'est peut-être pas avant 480 que l'on commence à voir la légende AKAN au-dessus du lion. Plus tard, le mot AKANOiON se lit au revers, autour du carré creux. Les plus anciennes séries représentent le lion couvert d'un pointillé très serré, qui représente le poil du fauve : c'est là, comme l'observe M. B. Head, une marque d'archaïsme 4 ; et en effet, sur les séries postérieures, la peau de l'animal est soyeuse et lisse, à l'exception de la crinière toujours hérissée. Si l'attribution de ces belles séries de tétradrachmes est certaine, il n'en est pas de même, comme nous le dirons plus loin, pour un grand nombre des petites divisions que nous avons groupées sur notre pl. LIV et qui sont au type du taureau seul, ou de la protomé de taureau. Les grandes monnaies des Derroniens, des Ëdoniens, des Orreskiens et celles d'autres villes de la région thracomacédonienne pourraient revendiquer, sans doute, comme pièces divisionnaires, plusieurs des petites monnaies anépigraphes au type du taureau seul.

1670. — Lion dévorant un taureau; le lion est tourné à gauche, perché sur le dos du taureau dont il mord la croupe ; sa peau est couverte d'un gros pointillé; le taureau à demi agenouillé adroite, baisse la tête et succombe. A l'exergue, une fleur d'acanthe (mal formée). Grènetis.

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