‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 747 sur 1006 · Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 101, n · texte numérisé non relu

Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 101, n

ACANTHE

Le groupe précédent (nos 1717 à 1719) n'est vraisemblablement pas d'Acanthe ; nous y retrouvons, en particulier, le casque déjà signalé plus haut sur d'autres séries thraco-macédoniennes. Le taureau a l'attitude calme et tranquille que nous lui voyons sur les octodrachmes des Derroniens (pl. XLIV) ; de plus, ces octodrachmes

des Derroniens ont le casque dans le champ du revers; l'un d'eux même nous montre un oiseau qui vole dans le champ, comme celui qui est au droit des pièces que nous venons de décrire (n° 1718 et 1719). Il semble donc qu'on soit en droit de les considérer comme des divisions des grands octodrachmes derroniens.

1720. — Tête casquée d'Athéna, à droite, avec des boucles d'oreilles et un collier, les cheveux nattés sur le cou.

1^. Carré creux partagé en quatre petits carrés par un croisillon en relief.

M. 12; diobole, 1 gr. 30 (Paris) Pl. LIV, fig. 24; — autres ex., 1 gr. 27; 1 gr. 24 (Londres); 1 gr. 19 (Hanter *).

D'après les descriptions qui précèdent, on voit que les tétradrachmes d'Acanthe sont taillés suivant l'étalon euboïque régulier dont le poids normal est de 17 gr. 40 ; il n'y a pas d'exception. Mais il en est autrement des pièces divisionnaires. Les drachmes nous fournissent des poids qui s'écartent de la normale euboïque de 4 gr. 36, montant parfois jusqu'à 4 gr. 71 et descendant jusqu'au dessous de 4 gr.

Le tétrobole devrait être de 2 gr. 91 : il n'atteint pas ce poids et flotte entre 2 gr. 81 et 2 gr. 25. Le trioboleou hémi-drachme (poids normal euboïque, 2 gr. 18), nous fournit effectivement de 2 gr. 22 à 2 gr. Le diobole (normal, 1 gr. 45] va de 1 gr. 76 à 1 gr. 24 environ. Nous donnons le nom de trihémi-obole (normal 1 gr. 09) aux pièces qui vont de 1 gr. 16 à 0 gr. 93. L'obole (0 gr. 72) fournit des poids depuis 0 gr. 77 jusqu'à 0 gr. 51. L'hémi-obole (0 gr. 36),

va de 0 gr. 43 jusqu'à 0 gr. 35. Enfin le tartémorion nous donne 0 gr. 21.

Aussi, nous devons reconnaître que, pour un grand nombre de pièces, le nom qu'on leur doit donner est incertain, tant le flottement pondéral est grand 2. Ce flottement est peut-être, d'ailleurs, plus apparent que réel, car la frappe des monnaies que nous venons de décrire, qui commence vers la fin du vift siècle, descend jusqu'à une époque très avancée du ve; si l'on pouvait classer ces monnaies, émission par émission et écarter les imitations barbares, il est probable qu'elles nous offriraient dans chaque groupe, une parfaite homogénéité pondérale.

Nous avons eu déjà à plusieurs reprises, l'occasion de signaler la fleur lotiforme qui parait dans le champ des monnaies de la région thraco-macédonienne 3. Nous en avons rapproché le passage d'Hérodote

1. Hcad, Catal. Macedonia, p. 33, nos 15 et 16; t. Il de la Première partie (sous presse).

G. Macdonald, Hunterian coll., t. 1. p. 271, n° 3. 3. Voyez plus loin aussi la fleur d'hyacinthe sur

2. Voyez pour les détails, le présent Traité au les premières monnaies de Tarente.

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El ON

(VIII, 138) où sont tant vantées les roses macédoniennes desjardins deMidas,au pied du mont Bermion, « roses à soixante pétales (içv.ov-âojÀÀa) qui croissent spontament et dont l'odeur est plus suave que celle de toutes les autres espèces ». Une fleur d'une autre espèce est particulièrement fréquente sur les monnaies d'Acanthe. Une tradition voulait que la ville d'Acanthe dut son nom aux broussailles d'épines qui formaient autour d'elle comme

un rempart, et où fleurissait la plante du même nom (axavSa, épine) qui a servi de modèle dans la sculpture. L'acanthe ne saurait être la fleur des jardins de Midas : mais les Acanthiens, en la prenant pour emblème national, ont voulu, peut-être, l'opposer à la rose du mont Bermion. Sur leurs monnaies, cet emblème parlant, comme une fleur de blason, est stylise cl représenté d'une façon tout à fait schématique et conventionnelle.

\\1V. — Eion.

La ville de *Hï<6v ou *Hwv (ethn. 'Hiovetfç) à l'embouchure du Strymon, au pied du Pangée, était le port le plus important du golfe Strymon iq ue dès le vie siècle. Xerxès en fit l'un des principaux entrepôts de ses armées lorsqu'il projeta d'envahir la Grèce 1 . Plus tard, ce fut d'Eion que Xerxès repassa en Asie après sa délaite de Salamine. Mais il laissa dans la ville le satrape Bogès dont le courage et la résistance opiniâtre, lorsqu'il fut assiégé par Cimon vers 470, provoqua l'admiration de ses ennemis eux-mêmes 2. Une fois qu'Eion fut aux mains des Athéniens, elle dut fermer pour toujours son atelier monétaire ; elle déclina rapidement au profit d'Amphipolis bâtie à côté d'elle, mais un peu en amont de l'embouchure de Strymon.

L'attribution des monnaies qui suivent et qui, toutes, sont anépigraphes, est un peu incertaine. On les classe à Eion parce qu'on les trouve en abondance dans la

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