‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 750 sur 1006 · Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 77, ns · texte numérisé non relu

Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 77, ns

3. B. Head, Calai. Macedonia, p. 74, n° 15; Sallet, Beschreibung, t. II, p. 86, n° 25,

lis ont même, comme les premières monnaies d'Érétrie, le carré creux du revers partagé en quatre triangles par des diagonales. Les pièces se ressemblent à tel point qu'on les classerait au même atelier, n'était leur poids. Or, les pièces d'Érétrie sont des statères euboïques de 8 gr. 73, tandis que les pièces de Néapolis sont des statères de 9 gr. 90. Faut-il croire, en présence de cette constatation, que des Érétriens s'établirent dès le vie siècle à Néapolis, dans le but de s'approprier les revenus des mines du Pangée? Le chapitre XV de V 'Aôïjvafwv itoXrceta d'Aristote permet de répondre affirmativement à cette question, comme Fa fort bien reconnu M. G. Hill 5. Aristote raconte que Pisistrate, exilé d'Athènes, alla d'abord s'établir à Rhœcelos, sur le golfe Thermaïque; puis, qu'il passa dans la région qui

4. B. Head, Hisl. numor., p. 175; Calai. Macedonia, Introd., p. xv ; cf. L. Heuzey, Mission archéol. de Macédoine, p. 12.

5. G. Hill, Néapolis Datenon, dans Num. Chron., 1893, p. 255 à 258,

NÉAPOLIS

s'étend autour du montPangée, c'est-à-dire, vraisemblablement à Néapolis. « C'est de là, ajoute Aristote, qu'après avoir amassé de l'argent et enrôlé des soldats il fit voile pourÉrétrie, dix ansaprèssa fui te d'Athènes, et qu'il essaya, pour la première fois, de recourir à la violence pour reprendre le pouvoir. Parmi tous ceux qui l'aidèrent dans son entreprise, les plus ardents furent les Thébains, Lygdamis, tyran de Naxos, et aussi les cavaliers qui tenaient le pouvoir a Érétrie... 1 » On a vu plus haut qu'Érétrie, avec son gouvernement aristocratique des cavaliers, fut toujours l'alliée de Pisistrate et de ses fils et nous avons retrouvé dans les types monétaires des gages formels de cette alliance : sur un groupe de pièces, la tête de Gorgone d'Érétrie est même associée à la tête de taureau d'Athènes 2. Il est donc très vraisemblable que si Néapolis copia sur ses premières monnaies la tète de

Gorgone, c'est que cette ville avait des relations directes avec Érétrie, dont elle était sans doute la colonie ; ce qui confirme cette hypothèse, c'est que si Pisistrate exilé va à Néapolis, y reçoit bon gîte, y recueille des capitaux et y recrute une armée, pour de là cingler vers Krétrie, cela tient sans nul doute à ce que Néapolis était une ville d'Érétriens. Par contre-coup, nous conclurons, avec M. Hill, que le type de la Gorgone des monnaies de Néapolis est un nouvel argument à invoquer pour démontrer que les monnaies de poids euboïque qui ont la tête de Gorgone sont bien d'Érétrie et non d'Athènes, comme on l'a parfois prétendu 3.

Au point de vue métrologique, les monnaies de Néapolis du Pangée se répartissent en statères de 9 gr. 88 à 8 gr. 96; en tétrobolcs de 3 gr. 8:2 à 3 gr. \~2 ; en oboles de 1 gr. 12 àO gr. 82.

1739. — Tête de Gorgone de face, tirant la langue, les cheveux striés et arrangés en boucles frisées autour du front.

Carré creux partagé en quatre triangles par deux diagonales.

A\ 19; slatère, 9 gr. 52 (Londres) Pl. LV, fig. 13 ; — autre ex. avec le même carré en triangles, trouvé en Egypte, S gr. 96 (coll. Greenweil) 5.

1 740. — Même tête de Gorgone.

1^. Carré creux partagé en quatre petits carrés égaux cl réguliers.

19; statère, 9 gr. Si) [Pari») Pl. LV, fig. 14; — autre ex., 9 gr. 70 [Luynes) Pl. LV, fig. 15; — autres ex., <> gr. 88; 9 gr. 80 à 9 gr. (m \

1711. — Même tète de Gorgone; style moins ancien . fy. Carré creux partagé en quatre petits carrés.

1. B. Ilaussoullicr, Arislole , Constitution d'Athènes, 5. Greenweil, Num. Chron., 1890, p. 3 et pl. I, 6. p. 23-24; cf. ci-dessus, p. 684 et 734. 6. B. Head. loi: cit., p. 84, n°s 2 à 6; Sallet,

2. Voyez ci-dessus, p. 678, n<> 1003 et p. 684. Beschreibung, t. Il, p. 100-101 et pl. V, 40; II.

3. II. Howorth, Num. Chron., 1893, p. 155. Dresscl, Zeit. fûr Num., t. XXII, p. 233, n° 7 (ex.

4. B. Head, Calai. Macedonia, p. 83, n. 1. trouvé en Egypte).

THASOS

JR. 15 sur 19, flan plat; tétrobole, 3 gr. 73 (Paris) Pl. LV, fig. 16; —

autres ex., 3 gr. 82 à 3 gr. 45 (Londres, Berlin) \

1742. — Même tète de Gorgone de face, tirant la langue.

1^. Carré creux granulé, partagé en quatre petits carrés par un croisillon.

iR 10; obole, 0 gr. 82 (Paris) Pl. LV, fig. 17 ; — autres ex., 1 gr. 12 ; 1 gr.

(Londres) ; 0 96; 0 99 ; 0 gr. 88 (Berlin) \

Après le départ des Perses, et l'expédi- la région, est appelée dans les listes de tion de Cimon, Néapolis du Pangée, tribu- la ligue attico-délienne, NsdbroXic; wap' 'Av-cttaire d'Athènes comme les autres villes de aapav ; elle est taxée à mille drachmes 3.

§ XXVI. — Thasos.

L'île de Thasos se rattachait directement par ses origines et ses relations commerciales à la côte thraco-macédonienne que nous venons de parcourir. Située en face de Néapolis et au sud de l'embouchure du Nestos, elle tirait ses revenus et les sources de sa prospérité de l'exploitation des mines de son propre sol et de celles du Pangée 4. Le fond de la population était une tribu thrace appelée les Sdfroi, ou Zfrcot, répandue aussi à Lemnos, dans les autres îles de la mer de Thrace et sur la côte voisine, depuis Abdère jusque dans la vallée du Strymon 5.

Il est manifeste que les types monétaires de Thasos sont empruntés aux cultes orgiastiques de ces peuplades barbares et apparentées aux Satres, aux Orreskiens et

1. B. Head, loc. cit., p. 84, nos9 à 11 ; A. de Sallet, Beschreibung, t. H, p. 101, n°s 7 et 8.

2. B. Head, loc. cit., p. 84, n°s 12, 13; A. de Sallet, Beschreibung, p. 101, nos 9 à 11.

3. U. Kôhler, Der delisch-attische Bund, p. 178; B. Head, Catal. Macedonia, Introd., p. xvi.

4. Sur Thasos : G. Perrot, Mémoire sur l'île de, Thasos, dans les Archives des Missions scientifiques, 1864 ; le même, Hist. de l'art dans l'antiquité, t. VIII, p. 14 et suiv. ; Conze, Beisen auf den

aux Létéens dont les monnaies ont le même caractère d'obscénité.

De bonne heure Thasos fut visitée par les Phéniciens attirés par les produits de l'exploitation des mines6. Puis, vinrent, au vme siècle, des colons ioniens de Paros 7. A l'époque de Darius, Thasos était extrêmement prospère; le roi de Perse convoitait ses richesses et prenant ombrage de la puissance des Thasiens, il leur ordonna, lors de la révolte des villes ioniennes de l'Asie mineure en 498, de transférer leur flotte dans le port d'Abdère dont il avait fait la capitale des provinces européennes de son empire. « Les Thasiens, dit Hérodote, jouissaient de gros revenus et mettaient à profit leurs richesses pour construire de

Inseln des Thrakischen Meeres, 1860, in-4° ; Szanto, dans les Mittheil. de Vins lit. archéol., t. XV, 1890,

5. Strabon, XII, 3, 20; cf. X, 2, 17. La ville d'Héraclée Sintique, dans le bassin du Strymon, tirait son nom de celui de cette population indigène.

6. Hérodote, VII, 47; Ardaillon, Les mines du Laurion, p. 130.

7. M. Collignon, Hi?l. de la sciilpture grecque, t. I, p. 270.

THASOS

grands vaisseaux et s'entourer de solides 47; il en est enfin qui pèsent entre 8 gr. 93

remparts. Ces ressources leur provenaient et 8 gr. 50.

à la fois du continent et de leurs propres 2. Des drachmes dont les poids vont de

mines. Des mines d'or de Scapté-Hyla, ils A gr. 52 à 4 gr. 26.

tiraient, en général, 80 talents, et de celles 3. Des tétroboles de 3 gr. 85; 3 gr. 75 à

de leur île même, un peu moins. De sorte 3 gr. 57.

que, tout réuni, le produit des mines et les 4. Des hémi-oboles de 0 gr. 53 à Ogr. 50.

taxes du continent, — les Thasiens eux- 5. Des tartémorions de 0 gr. 30; 0 gr. 29;

mômes étant exempts d'impôts, — ils per- 0 gr. 2(>.

cevaient annuellement 200 talents et même Ces divisions forment, comme on le voit,

300 dans les meilleures années l. » des groupes nettement distincts, qu'on ne

Au point de vue pondéral, les monnaies saurait faire rentrer les uns dans les autres;

de Thasos, qui débutent avant la fin du il ifest pas possible, non plus, de les faire

vie siècle, forment les groupes suivants : concorder comme les divisions mathéma-

1. Des statères dont les poids montent tiques d'un même système. 11 est manifeste

exceptionnellement à 10 gr. 92; 10 gr. 2b; pourtant, que le s ta 1ère se rattache origi-

la moyenne se tient entre 0 gr. 86 et '.) gr. mûrement à L'étalon lydien de 10 gr. 89.

1743. — Satyre ithyphallique emportant une Ménade ; I<i Satyre est au, barbu, courant à droite, avee de longs cheveux flottant sur ses épaules; il a des oreilles de cheval et des pieds de boue; la Ménade qu'il tient dans ses bras est vêtue d'une tunique talairc et elle étend les deux mains. I >ans le champ à droite, traces de lettres. — fy>. Carré creux quadripartit.

JR. 25 sur 21 ; statère, 9 gr. 75 [Paris) Pl. LV, fig. 18.

1744. — Autre ex.; variété de style (sans traces de lettres).

JR, 23 ; statère, 9 gr. 58 (Paris) PL LV, fig. 19; — autres ex., 10 gr. 26; 9 gr. 86; 9 gr. 78 à 9 gr. 47 (Londres .

1745. — Variété; au droit, sous le Satyre, la lettre 0.

M. 22; statère, 8 gr. 50 (Paris) PL LV, fig. 20; — autres ex., 8 gr. fc5 : 8 gr., fruste (Berlin) 8.

1746. — Variété, sans lettre dans le champ ; style moins primitif.

A 23; statère, 9 gr. 28 (Luynes) PL LV, fig. 24; — autre ex. varié, 8 gr. 65 (Paris) PL LV, fig. 25 ; — autres ex. variés, 8 gr. 95 (Luynes) PL LV, fig. 26; — 10 gr. 99, fabrique plate (Hunter) \

1. Hérodote, VII, 46. t. XXII, p. 2:32, 1); autres variétés publiées par

2. Poole, Calai. Thrace, p. 216, nos 1 à 11 ; autres Prokesch-Osten, Nam. Zeit. de Vienne, t. IV, p. 218. ex. trouvés on Égypte, 9 gr. 28 (Greenwcll, Nam . 3. A. de Sallet, Jleschreibang, t. 1, p. 286, n°s 1 et 2. Chron.y 1890, p. et pl. I, 2, Dressel, Zeit. f. Nam., 4. Macdonald, Hanter, coll., t. 1, p. 389, n" 2.

THASOS

1 747. — Même description.

M 17 ; drachme, 4 gr. 52 ; 4 gr. 50; 4 gr. 26 (Londres) l.

1748. — Même description.

M 17; tétrobole, 3 gr. 72 (Paris) Pl. LV, fig. 21; — autres ex., 3 gr. 85; 3 gr. 59; 3 gr. 57 (Londres) \

1749. — Variété, avec la lettre 0 dans le champ, 3 gr. 75 (Paris).

1750. — Deux dauphins nageant en sens inverse; dans le champ, trois globules. — I^- Carré creux partagé en quatre petits carrés.

M 9 ; hémi-obole, 0 gr. 53 (Paris) Pl. LV, fig. 22 ; — autres ex., 0 gr. 51 (Paris) ; 0,62 ; 0,54 ; 0,52 (Londres) 3; 0 gr. 52 ; 0 gr. 50 (Berlin) 4.

1751. — Dauphin nageant adroite ; dans le champ, deux globules. 1^. Carré creux partagé en quatre petits carrés.

JK 8; tartémorion, 0 gr. 26 (Paris) Pl. LV, fig. 23; — autres ex., 0 gr. 29 (Londres) 3; 0 gr. 30 (Berlin) 6.

Le style et le poids des pièces précédentes (nos 1750 et 1751) aux types des deux dauphins ou du dauphin, paraissent garantir leur attribution à Thasos. On ne doit pas les confondre avec les pièces aux mêmes types mais d'un poids différent que nous décrirons à Céos et à Théra.

Le monnayage de Thasos au type du Satyre enlevant une Ménade se poursuit

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