‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 881 sur 1006 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

POSEIDONIA

fy. VEAH. Tête de la nymphe Yélia, à droite, l'œil de face, les cheveux retenus par un bandeau et relevés sur la nuque; au cou, un collier. JR. 21 ; statère, 8 gr. 03 (Luynes) Pl. LXVIII, fig. 9.

2119. — Variété, de style un peu moins archaïque, 8 gr. 10 [Luynes).

Le monnayage des statères que nous venons de décrire se prolonge jusqu'au milieu du ve siècle *. Le style de la tête de femme, sur le n° 2118, est identique à celui de la nymphe Cymé sur les statères contemporains de Cumes (ci-après, n° 2142)

et à celui de la tète d'Aréthuse sur le Démarétion de Syracuse. On ne saurait méconnaître, à Vélia, la tête de la nymphe éponyme Hyélé ou Vélia, personnification de la source dont nous avons parlé plus haut.

§ X. — Poseidonia [Pœslum).

La ville lucanienne de Poseidonia (Iïoœi- Sumoc, ethn. IloastSwvià-cr^) qui devait, plus tard, prendre le nom de Pœstum, se trouvait sur la mer tyrrhénienne, à quelque distance au sud de l'embouchure du Silaros 2. C'était une colonie de Sybaris qui la fonda au temps de sa grande prospérité, entre 700 et 510. Mais les colons de Sybaris avaient été précédés au même lieu par des Doriens originaires de Trézène. Comme le dieu national des Trézéniens était Poséidon, ainsi s'explique le nom de la nouvelle ville 3 et le type de Poséidon sur ses monnaies

Hérodote qui mentionne incidemment Poseidonia, la représente comme une ville considérable au temps de la fondation de sa voisine Vélia, vers 544 5. Mais c'est la seule mention qui soit faite de Poseidonia

chez les auteurs anciens, jusqu'après la chute de sa métropole, Sybaris, en 510.

La prospérité de Poseidonia, à défaut des témoignages littéraires, est attestée par l'abondance de ses monnaies et par les imposantes ruines architecturales, célèbres sous l'appellation de « temples de Psestum » qui font l'admiration des voyageurs.

Les monnaies primitives de Poseidonia ressemblent à celles des autres cités achéennes : flan large et mince, type incus au revers ; toutefois, elles en diffèrent pour deux points très importants : leur poids et le système de leurs divisions pondérales. En effet, les monnaies de Poseidonia suivent l'étalon asiatique de Cumes et de Vélia : ce sont des statères lesbiaques de 7 gr. 64 et des drachmes de 3 gr. 82 6.

1. B. Head, Hist. numor., p. 74; Garrucci, op. cit., p. 173 et pl. CXV11I, fig. 33 et suiv.

2. Fr. Lenormant, A travers ï Apulie et la Lucanie, t. II, p. 180.

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