Fr. Lenormant, La Grande Grèce, t. I, p
2. Strabon, VI, 1, 10. Justin (XX, 2, 3) place cet événement avant l'arrivée de Pythagore ; d'autres historiens admettent que cette bataille eut lieu beaucoup plus tard, dans les premières années du vc siècle. La chronologie de tout ce qui touche à Pythagore est extrêmement incertaine. Fr. Le-
venaient d'infliger, sur les bords de la Sagra, une terrible défaite à une armée composée de 130,000 Crotoniates 2. Assagis autant que terrifiés par le malheur, ceuxci écoutèrent les conseils du philosophe de Samos et s'abandonnèrent à sa direction. Pythagore, aidé de 300 jeunes gens, ses disciples, devint en fait maître du pouvoir et durant quinze années, il domina le conseil oligarchique. C'est dans le temps où l'influence des Pythagoriciens commençait déjà à décliner, en 510, qu'éclata, entre Crotone et Sybaris, le conflit qui devait aboutir à la ruine de cette dernière. Le célèbre athlète Milon, disciple de Pythagore, commandait l'armée des Crotoniates, composée d'environ 100,000 hommes, tandis que celle des Sybarites était trois fois plus nombreuse. Milon fut néanmoins victorieux 3.
Peu de temps après, une insurrection démocratique chassa les Pythagoriciens de Crotone et installa un gouvernement démocratique ; Pythagore se réfugia à Métaponte. Cette révolution eut son contrecoup sur les autres villes de la Grande Grèce et les Pythagoriciens finirent par être expulsés de partout 4.
La série des monnaies de Crotone qui
normant, La Grande Grèce, t. II, p. 71.
3. Diod.,XIÏ,9; Strabon, VI, 1, 13; Hérod., V, 44 ; VI, 21; Jamblique, Vita Pythag., 260; Scymnos, ch. 357-360.
4. Justin, XX, 4; Val. Max,, VIII, 15;Diog. Laert., VIII, 1, 3; Jambl., Vita Pythag., 248-251; 255-262 ; Porphyre, Vita Pythag., 54, 55.
CROTONE
débute vers le milieu du vie siècle, paraît avoir été inaugurée à l'instigation de Pythagore. Nous avons dit plus haut comment Pythagore, exerçant son influence sur toutes les villes acliécnnes, amena ces républiques sœurs à cesser, pour quelque temps, leurs querelles intestines et à contracter une alliance commerciale qui fut l'origine du monnayage à types incus de la Grande Grèce Chaque ville conserva naturellement dans cette association son type local qui fut comme ses armoiries.
Le trépied d'Apollon figure sur les monnaies de Crotone parce que ce fut sur l'ordre du dieu de Delphes que Myscellos de Rhypœ et les Zacynlhiens fondèrent cette colonie 2. En outre, le duc de Luynes observe que Pythagore se présenta aux
Crotoniates, en possession des rites héréditaires d'Apollon, qu'il fit adopter par ses nouveaux concitoyens; il comptait même parmi ses disciples, une prêtresse delphinienne appelée Arislocleia 3.
Nous avons dit tout à l'heure que le territoire de Crotone, comme celui de Sybaris, s'étendait sur une partie de la péninsule, depuis la mer tyrrhénienne jusqu'à la mer ionienne. C'est pour cela qu'on trouve sur b s monnaies le nom de Crotone associé à celui de différentes villes, dès le temps des types incus, comme: VM (Sybaris); TE [Terina] ; PA^AO Pandosia). Plus tard, il y a encore d'autres monnaies d'alliance, mais avec types en relief au droit et au revers : ces pièces sont en dehors de notre cadre chronologique.
Groupe A. — Monnaies portant le seul nom de Crotone.
2143. — ?r"0. Trépied posé sur une base, surmonté de la cortine avec ses anneaux, et d'où émergent deux lêlesde serpents. Grènetis entre deux cercles.
1^. Le même type en creux (sans la lég.). Cercle dentelé au pourtour. JR. 30; slatère, 7 gr. 80 (Luynes) Pl. LXIX, fig. 7 \
2144. — 9^0. Trépied sur une base, avec la cortine munie de ses anneaux ; mais les deux serpents émergent des pieds du trépied. Grènetis entre deux cercles. — B^. Le même type en creux (sans la lég.); tréflage.
,41 29; slatère, 8 gr. 07 {Luynes) Pl. LXIX, fig. 8.
2145. — ?r>OTON. Trépied posé sur une base, surmonté de la cortine munie de ses anneaux et d'où émergent deux serpents. Bords relevés au pourtour. — ty-. Le même type en creux (sans la lég.).
JK'M) ; slatère, 7 gr. 75 (Paris).