‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 9 sur 1006 · Voyez le présent Traité, Première partie, t. II · texte numérisé non relu

Voyez le présent Traité, Première partie, t. II

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La date de ces monnaies embryonaires sion ; on peut leur assigner le milieu du ne saurait être fixée avec quelque préci- vne siècle.

Milet, la ville la plus méridionale de Tlonie, était située sur le golfe Latmique, à proximité de l'estuaire où le Méandre vient déverser ses eaux limonneuses 4. Elle fut, dit la légende, fondée par Mi'Xrjxoç, fils d'Apollon, qui, chassé de Crète par Minos, avait été contraint de passer sur la côte de Carie. Plus tard, les Ioniens s'installèrent à Milet, sous la conduite de l'Athénien Nélée ; mais le fond de la population demeura toujours carien 2. Dès avant le vme siècle, Milet pourvue par la nature de quatre ports, était devenue la reine de l'Ionie, l'un des centres commerciaux les plus considérables du monde 3, et chaque jour ses vaisseaux, prenant la place des Phéniciens, allaient fonder de nouveaux comptoirs sur toutes les côtes méditerranéennes. Les plus importantes des colonies de Milet, dès avant l'apparition de la monnaie d'Etat, furent Abydos, Lampsaque, Parion sur l'Hellespont; Proconnesos etCyzique sur la Proponticle ; Olbia, Panticapée, Sinope et Amisos sur le Pont Euxin 4; Milet, remarque M. G. Perrot, « tenait à honneur d'avoir fondé sur les plages de l'Hellespont, de la Propontide et du Pont Euxin, plus de quatre-vingts colonies » 5.

1. 0. Rayet et A. Thomas, Milet et le golfe latmique, t. I. Paris, 1877-1880, in-4°.

2. E. Curtius, Hist. grecque, trad. Bouché- Leclercq, t. I, p. 285.

3. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 509; G. Busolt, Griechische Geschichte, t. II, p. 455.

4. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 513 et s.; G. Busolt, op. cit., t. II, p. 482 et suiv.

5. G. Perrot et Chipiez, Hist. de Vart dans l'antiquité, t. VIII, p. 254.

Milet.

Dans le cours du vme siècle, les Milésiens s'établirent jusque sur les bouches du Nil où ils construisirent le fameux xsïyoç Milrr atwv; plus tard, ils coopérèrent à la fondation de Naucratis *. Ces colonies assuraient des débouchés aux marchandises qui, de l'intérieur de FAsie-mineure, affluaient dans les entrepôts de la métropole.

Autour de Milet, — disons aussi d'Ephèse, de Smyrne et de Phocée, — s'échelonnaient, comme leurs satellites, Priène, Myonte, Héraclée, Colophon, Lebedos, Téos, Clazomène, Erythrées, qui, avec les îles de Samos et de Chios, formaient la confédération ionienne 2. Ces villes contribuèrent chacune pour sa part, à donner à l'Ionie l'éclat et la prospérité qui excitèrent la convoitise et la jalousie des rois de Lydie, dès l'avènement de Gygès, le chef de la dynastie des Mermnades sur le trône de Sardes, vers 687 avant notre ère 3.

D'ailleurs, la possession de ces villes par les rois lydiens leur était nécessaire ; c'était leur débouché obligé sur la mer. Leur capitale, Sardes, était le point de ralliement des caravanes qui arrivaient par l'Asie-mineure, de la Mésopotamie, de la Perse et même de l'Inde. Ces marchandises

1. D. Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Egypte, Introd., p. 29, 148, 171 et suiv. ; G. Busolt, Griech. Geschichte, t. II, p. 480; Flinders Pétrie, Naukratis, Part. I, 1884-85, p. 4.

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