‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 944 sur 1006 · SÉGESTE · texte numérisé non relu

SÉGESTE

qui étaient sans doute des indigènes. La forme correcte et complète est SEAESTA- IIBEMI. Avant de chercher à l'expliquer nous devons faire observer que, plus tard, dans le courant du ve siècle, on a, en outre, IETE2TAIIA, IETEITAIIB, 2ETEI- TAIION, IETE2TAIIE Sur des monnaies d'une autre ville indigène, Eryx, on a de même EfrVKAIIIB ou EfrVKAXIB 2, légende remplacée parfois par ERVKIA/OW- De ces observations, il résulte, pour Ségeste, .que la formule intégrale comporte trois éléments :

1° IETEITA

2° IIB, IIA, IIE, IION

3° EMI

Le premier élément est incontestablement emprunté au nom des Ségestains; le troisième élément, EMI, paraît être le verbe t\\xl,je suis 3. S'il en est ainsi la lé-

gende monétaire fait parler la pièce ellemême : EeYEcrcaÇi'ïi etjjtt « je suis (la monnaie) ségestaine »; nous avons vu une formule semblable sur une monnaie primitive d'Éphèse en électrum 4.Sur un statère d'argent tarentin, on a de même TARANTI- NONHMI 5, et l'on trouve une inscription analogue sur des poids et sur des cachets en pierre fines, aussi bien que sur des vases peints et d'autres monuments 6. Le deuxième élément dans la formule ségestaine : ZIB, ZIA, ZIE, ZION appartient à la langue indigène des Elymiens, ainsi que l'a montré M. Kinch 7 ; la lettre B a la valeur e ou r, 2£Y£(rca£lP — 2£*ye<TTaÇû] == SeYearxaty). La terminaison grécisée -aÇtoç est un suffixe ethnique que l'on retrouve dans certains mots de la langue phrygienne comme Xaêa- Çtoç; de même, 'EpoxaÇiê = 'EpoxaÇfy = pour

1. B. Head, Hist. numor., p. 145; Imhoof-Blumer, Num. Zeit., de Vienne, t. XIX, 1887, p. 265; Kinch, Zeit. fur Num., t. XVI, p. 189.

2. Kinch, Zeit. fur Num., t. XVI, p. 189; B. Head, Hist. numor., p. 120.

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