‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 232 sur 698 · Brit. Mus. Cat. Thessaly, p. 19, 2 et pl. III · texte numérisé non relu

Brit. Mus. Cat. Thessaly, p. 19, 2 et pl. III

fig. 3.

LA THESSALIE

l'histi^otide : gomphi (philippopolis)

phi et de Philippopolis suffirait à démontrer qu'il s'agit de la même ville. Mais nous avons, en outre, le témoignage d'Etienne de Byzance qui dit que Gomphi s'appela aussi /^h'd'ippi, sans spécifier toutefois à quelle époque eut lieu ce changement de nom. 11 n'est guère possible d'admettre avec Millingen que ce fut seulement au temps du roi de Macédoine Philippe V (220-179 av. J.-C). Le style des pièces s'y oppose aussi bien que le métal argent et le poids éginétique des pièces qui portent le nom de Philippopolis Il faut aussi considérer que le bronze n» 533 avec le nom de Gomphi ne saurait être séparé des pièces avec le nom de Philippopolis, qui sont nécessairement plus anciennes ou contemporaines.

Le début de tout ce monnayage remonte donc vraisemblablement au temps de Philippe II, père d'Alexandre. Celui-ci, avons-nous dit déjà, reconnut la position stratégique de (îomphi, l'agrandit, la fortifia, lui donna son nom avec le droit de battre monnaie pour la garnison macédonienne qu'il y installa. Le type de Héra (n°' 531 à 534) qu'il faut éviter de confondre avec celui de la nymphe (n*' 537) se trouve à la fois sur des bronzes au nom de Gomphi et sur les pièces d'argent au nom de Philippopolis. Ce type est inspiré des monnaies de Larissa contemporaines.

La tête de la nymphe du Pamisos (no 537) n'est aussi que la copie de celle qui figure sur les monnaies de Larissa et d'autres villes thessaliennes qui ont emprunté ce type à la numismatique syracusaine.

Le Zeus qui est au revers de toutes ces

1. Millingen, Ancienl coins of Greek Cities, p. 46; A. de Longpérier, Œuvres, t. Jl, p. 422.

pièces se présente sous deux aspects : tantôt il est assis sur un rocher (n"^ 531 à 533), tantôt il est assis sur un trône (n""* 534 à 537j. C'est la double image d'une vieille divinité pélasgique qui reçoit différent surnoms suivant les contrées où son culte a persisté. Ce dieu est Zeus Olympios au mont Olympe; Zeus Lycaios au sommet du Lycée en Arcadie ; Zeus Dodonéen à Dodone ; Zeus Acraios (de axpoç, élevé, sommet) auprès de Smyrne et il y figure avec son surnom AKPAIOZ, sur des monnaies de cette ville de l'époque impériale A Gomphi il était adoré sous le nom de Zeus Palamnaios. Ce surnom IlaXajxvaToç « qui a les mains ensanglantées » est singulièrement significatif. Il y avait évidemment sur l'un des sommets du Pinde voisins de Gomphi un sanctuaire primitif du Zeus pélasgique où, à l'origine, on sacrifiait des victimes humaines comme au Zeus Lycaios du mont Lycée L'épithète de riaXai^valoc; rappelle ces usages sanglants des temps primitifs. Dans la mythologie grecque, d'autres divinités sont aussi qualifiées ua- Àa;jL/aïo'. OU TraÀajjLvstiat, pour les mêmes motifs : on cite les -jraXajjLvaToi esot, les 7raXa}j.vaTot les dieux voyageurs, les Erinnyes, les Némésis et les divinités infernales.

Sur les pièces les plus anciennes, Zeus l^alamnaios est représenté assis sur le sommet du Pinde (n°^ 531 à 533); sur les plus récentes, il est assis sur un trône comme le Zeus Olympien des tétradrachmes d'Alexandre le Grand (n*^* 534 à 537 1. 11 est probable que cette modification du type traditionnel des monnaies de Gomphi eut

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