‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 358 sur 698 · Descript. historique, t. 1, p · texte numérisé non relu

Descript. historique, t. 1, p

2. Voyez notre Descript. hist., t 1, p. 1078 à 1095, pl. XLVII et XLVUI.

LES KOIS DE MACÉDOINE — PERDICCAS II

§ II. — Perdiccas II.

{454 à 4i3 ao. J.-C).

Le successeur d'Alexandre Philhellène fut son fils Perdiccas II ; il régna 41 ans (de 454 à 413 environ), son père avait occupé le trône durant 44 ans. Les monnaies de ces deux rois remplissent donc la plus grande partie du v« siècle ; celles de Perdiccas II s'étendent jusqu'à la lin de la guerre du Péloponèse et à la décadence de la lhalassocratie athénienne, prélude de la chute d'Alhènes.

On connaît peu les événements du règne de Perdiccas II, avant Texplosion de la guerre du Péloponèse. Durant cette période obscure on sent que les Grecs et les Macédoniens entrenten contact avant- d'entrer en conflit. Jusqu'aux grandes guerres médiques, les Grecs avaient installés des colonies et des comptoirs nombreux le long des côtes de la Macédoine, mais ils n'avaient guère pénétré dans l'intérieur du pays. Ce n'est qu'après les désastres de Xerxès, en 480 et 479, qui entraînèrent la ruine et la dispersion des tribus semibarbares de la Macédoine et de l'Lpi- Tlirace, dont le curieux monnayage cesse à cette époque — ce n'est qu'à partir de celle date, disons-nous, que les Grecs commencent à s'aventurer le long des fleuves et dans les montagnes du pays : deux motifs les y encouragent : d'une part, le roi de Macédoine, Alexandre P'", les attirait pour helléniser la Macédoine, se réclamant même avec vivacité de ses origines hellé niques ; d'autre part, les Grecs se prêtaient avec d'autant plus d'empressement à celte pénétration qu'ils voulaient exploiter les

richesses minières et agricoles de la contrée.

Mais il arriva que bientôt les Grecs, de plus en plus nombreux en Macédoine, eurent la prétention d'y parler en maître, si bien qu'Alexandre P"* Philhellène, luimême, dut réfréner, en particulier, les empiétements des Athéniens. C'est de ces prétentions des Athéniens et des colonies grecques de la côte, que naquit entre les rois de Macédoine et Athènes l'antagonisme qui devait avoir son dénouement sous Philippe, à Chéronée, en 338. Jusque-là, il y eut en Macédoine, deux partis : le parti grec, et le parti barbare ou national, qui se disputèrent la prépondérance et le pouvoir.

C'est surtout sous Perdiccas II qu'Athènes et la Macédoine commencent à s'envisager comme adversaires irréductibles. Les Athéniens pratlcjuaut la maxime diviser pour rf^gnrr, se mêlent des querelles de famille de la dynastie macédonienne. Perdiccas était bien l'un des lils d'Alexandre le Philhellène, mais il n'était pas le successeur légitime au trône de son père. Il lui lallul d'abord écarter l'héritier du trône, son frère Alcétas; puis il dut partager le pouvoir avec son frère Philippe P"", qui, soutenu par les Athéniens, se tailla une royauté particulière entre l'Axios (le Vardar) et le Strymon (la Strouma). Ce n'est qu'au bout d'une lutte de plusieurs années que Perdiccas II devint seul souverain et étendit son autorité sur la Macédoine toute entière. Profitant de ces luttes,

LES ROIS DE MACÉDOINE PERDICCAS II

les Athéniens fondèrent la ville de Bréa, au nord de la Ghalcidique en 452, puis, en 437, la grande Amphipolis, sur le Slrymon. Perdiccas dut se résigner à accepter le protectorat des Athéniens; il entra dans la confédération attico-délienne. La Macédoine paya tribu à la ligue et Perdiccas se trouva flatté du titre de citoyen d'Athènes qu'avait déjà eu son père.

Cependant le joug athénien ne tarda pas à paraître trop pesant à Perdiccas, qui prêta l'oreille aux suggestions des Lacédémoniens et s'allia avec les Potidéates, les Bottiéens et les Chalcidiens. Ce fut l'origine de la ligue Chalcidienne, dite aussi Olynthienne, parce qu'Olynthe en fut le centre. Dès lors, les Athéniens se rapprochèrent du frère de Perdiccas, Philippe P% dont ils soutinrent les prétentions au trône. En 432^ les Athéniens envoyèrent sur les côtes de Macédoine une flotte qui prit contact avec les troupes de Philippe et de son allié Derdas, chef de partisans. Victorieux, les Athéniens s'emparèrent de Therma, de Polidée, et vinrent assiéger Pydna. Alors, Perdiccas demanda la paix, traita avec les Athéniens et abandonna la ligue chalcidienne.

En 429, Sitalcès, roi desThraces Odryses, envahit la Macédoine pour mettre sur le trône de cette contrée Amyntas, fils de Philippe I^'", et servir ainsi les intérêts Athéniens. Mais Perdiccas tint bon: il finit même par se réconcilier avec Sitalcès; plus tard, il s'allia avec Seuthès, fils de Sitalcès, à qui il donna en mariage sa sœur Stratonice.

Cependant, Perdiccas demeura l'ennemi des Athéniens et il favorisa l'expédition du Lacédémonien Brasidas en Macédoine et en Thrace, en 424. La paix boiteuse de 421,

dite paix de Nicias, fut en somme favorable à Perdiccas, puisqu'il garda son indépendance. En 418, on le voit encore s'allier à la ligue formée entre Sparte et Argos contre Athènes. Perdiccas mourut probablement au commencement de 413, c'est-à-dire au moment des désastres des Athéniens en Sicile.

Il n'y a pas de monnaies au nom de Philippe P'", le frère et le compétiteur de Perdiccas II, et l'on est étonné de la rareté de celles qui portent le nom de Perdiccas II qui régna pourtant 41 ans. Mais parmi les nombreuses monnaies royales macédoniennes anépigraphes de cette époque, il est possible que chacun de ces princes doive trouver son lot, sans qu'il nous soit possible de les démêler.

En définitive, quand on envisage l'ensemble du monnayage de la dynastie royale macédonienne durant le v® siècle, on constate qu'il faut en faire deux parts :

1° Les monnaies anépigraphes ; 2° les monnaies qui portent un nom royal. Pour ces dernières, le classement ne souff're aucune difticuité ; quant aux pièces anépigraphes, la plupart d'entre elles sont d'attribution incertaine ; leurs types restent les mêmes. Celles qui paraissent du style le plus ancien doivent sans doute remonter jusqu'au règne d'Alexandre V Philhellène, la plupart des autres sont probablement du règne de Perdiccas II, mais il se peut que dans le nombre il s'en trouve qui furent frappées soit par Philippe I«'*, soit par son fils Amyntas.

Nous décrivons d'abord les monnaies anépigraphes ou celles qui portent des lettres dont l'interprétation est incertaine. Ainsi, en application des principes de classement que nous venons d'exposer,

LES ROIS DE MACÉDOINE PERDICCAS II

les monnaies de Perdiccas II se partagent en deux grands groupes :

1° Celles qui sont anépigraphes ; celles qui portent le nom de Perdiccas.

Les monnaies anépigraphes peuvent appartenir au règne d'Alexandre P', elles sont aux mêmes types que celles que nous avons classées au règne de ce dernier (Uescr.hist., t. I, p. 1090, n*>*lo21 etsuiv.). La répartition de ces pièces anonymes entre Alexandre et Perdiccas est impossible à établir, elle s'appuie seulement sur des considérations de style.

Sous Perdiccas II, le système monétaire des monnaies royales fut unifié. lNous avons vu que les monnaies d'Alexandre I^'' Philhellène se rapportent à plusieurs sys-

tèmes pondéraux différents qui correspondent sans doute aux différentes contrées sur lesquelles ce prince fut appelé à régner, ou a des changements survenus dans la suite de son long règne.

Sous Perdiccas II, on ne frappe plus de grands octodrachmes. La pièce la plus forte est un statère d'argent qui ne dépasse pas 13 gr. 30 et qui descend parfois jusqu'à 12 gr. 60. Ces poids sont les mêmes que ceux de la série du cavalier d'Alexandre P^ Les divisions sont théoriquement le triobole ou hémi-drachme de 2 gr. 66 ; le diobole de 1 gr. 17 ; l'obole de 0 gr. 88. Mais on rencontre un grand nombre de pièces qui sont de poids anormal.

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