E. Curtius, Hist. grecque, t. V, p
Les monnaies d'or de Philippe sont les suivantes :
Statère 8 gr. 65
1/2 statère 4 gr. 32
1/4 de statère 2 gr. 16
1/8 de statère 1 gr. 08
1/12 de statère 0 gr. 72
L'argent comprend les divisions suivantes :
Tétradrachme 14 gr. 45
Didrachme 7 gr. 22
Octobole 4 gr. 81
Drachme 3 gr. 61
11 ne semble pas que, dans ce système, Philippe ait frappé des pièces divisionnaires plus petites que la drachme. En d'autres termes, les petites divisions au nom de Philippe se rapportent, d'après les pesées effectives au système suivant :
Tétrobole 2.65 (au lieu de 2.40).
Triobole (hémi-dr.). 1.98 (au lieu de 1.80).
Diobole 1.32 (au lieu de 1.20)
Obole 0.66 (au lieu de 0.60).
Ces petites divisions paraissent se rattacherausystème, d'ailleurs très embrouillé, des rois prédécesseurs de Philippe. On peut donc, semble-t-il, en conclure que Philippe les destinait surtout aux populations de la Macédoine, pour les marchés locaux, tandis que les nouvelles espèces, comprenant la monnaie d'or et les grandes et belles pièces d'argent, étaient plutôt destinées au commerce extérieur, à la solde des armées et aux populations helléniques nouvellement soumises et étrangères, par conséquent, aux usages monétaires traditionnels des Macédoniens.
Le statère d'argent de Philippe pèse
normalement 14 gr. 45 * : c'est le statère d'origine ionienne que nous avons qualifié de milésiaque, du nom de la ville de Milet dont il paraît avoir été originaire ^. Cet étalon fut adopté, avec des variantes, pour la taille des monnaies d'un grand nombre de villes du bassin de la mer Êgée et aussi pour certaines monnaies d'argent des tribiis thraco-macédoniennes. Philippe n'a donc pas fait autre chose que de régulariser et de lamener le statère d'argent à son poids normal. Peut-être eut-il pour but de contrebalancer l'influence commerciale et économique de l'étalon euboïco-attique (17 gr. 44) qu'Athènes, avec ses tétradrachmes à la chouette, et les colonies de la Chalcidique avaient partout répandu dès le v« siècle. Philippe, en 356, adapta à Télalon de 14 gr. 45 pour l'argent, la taille de la monnaie d'or qu'il créa en lui donnant le poids attique de 8 gr. 65 •^ ce qui établissait les deux métaux dans le rapport 1 à 13/13 K
Avec ce rapport 1 à 13 1/3, il est aisé de voir que, pour é(]uivaloir à un statère d'or de 8 gr. 65, il fallait 8 tétradrachmes de 14 gr. 45 ou 32 drachmes de 3 gr. 61.
Ainsi, les monnaies de Philippe traduisent deux grands faits historiques etécono-
1. Poids vériûés : 14 gr. 48; 14 gr. 45; 14 gr. 40; 14 gr. 38; 14 gr. 35 (toutes pièces d'excellente conservation; les poids de 14 gr. 40 à 14 gr. 35 sont les plus fréquents).