‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 408 sur 698 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ALEXANDRE LE GRAND (3:}6 à 823 av. J.-C.)

§ I. - Notice historique préliminaire.

Alexandre naquit en Boedrotnion , Olyinp. GVI, 1 (16 sept. -14 octobre 356;. Lorsqu'il succéda sur le trône à son père, en septembre 336, il dut faire face à une situation financière très embarrassée. Par suite des dernières guerres de Philippe et des préparatifs de l'expédition contre les Perses, non seulement le trésor royal était vide, mais, d'après Arrien, il était grevé d'une dette de 500 talents (trois millions de drachmes,!. Malgré ces embarras pécuniaiies, Alexandre dut songer tout de suite à payer les troupes qui devaient lui assurer la 11 délité des Macédoniens et, en même temps, réprimer ceux des Grecs qui songeaient à se venger de Chéronée, refouler les Thraces, les lUyriens, les Epirotes, les Paeoniens et autres barbares du Nord et de TKst qui croyaient venu le moment de secouer le joug et refusaient de s'incliner sous le sceptre d'un jeune homme de vingt ans.

Après qu'il eût réprimé les velléités de rébellion en Grèce et qu'il eiU étouffé la révolte des tribus thraces, détruit Thèbes

qui s'était insurgée, il négocia une alliance avec Athènes. Elle était en bonne voie, lors- (ju'au printemps de 335, à la diète panhellénique de Corinthe. Alexandre réussit à se faire proclamer stratège des Hellènes en remplacement de son père, et Ton décida de déclarer la guerre aux Perses. Ce fut en ce moment que les fêtes des Panathénées furent célébrées à Athènes. Malgré les souvenirs de Chéronée, le peuple pris d'enthousiasme pour le jeune roi décréta pour lui des honneurs plus grands que ceux qui avaient été décernés à son père deux ans auparavant. Une inscription de cette année, dans laquelle l'orateur Lycurgue rend compte de son administration, contient un passage où il est dit que deux couronnes d'or furent votées à Alexandre.

Alexandre regagna la Macédoine dans l'automne de 335, pour pousser activement les préparatifs de guerre. Déjà son père Philippe avait fait passer en Asie Mineure une avant-garde considérable, sous les ordres d'Attale et de Parménion.

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Une fois l'armée organisée, les navires équipés, Alexandre ne possédait plus que 60 talents ; il en avait dépensé 800. Les historiens anciens font ressortir la pauvreté du roi de Macédoine, qu'ils mettent en parallèle avec la richesse de Darius dont les trésors étaient entassés dans les palais de Suse, de Persépolis et d'Ecbatane, dont les armées étaient si nombreuses et dont les monnaies royales (darique et sicle mé-

dique) ou satrapales, étaient frappées en si grande abondance en Asie Mineure aussi bien qu'en Syrie.

En mars 334, Antipater fut nommé viceroi de Macédoine, et Alexandre se mit en marche pour gagner Amphipolis, Abdère et la Chersonnèse de Thrace, où il traversa THellespont. La bataille du Granique est du mois de mai 334.

§ H. — Groupe macédonien des monnaies d'Alexandre.

Nous plaçons en tête des monnaies d'Alexandre un groupe de pièces d'argent et de bronze qui sont aux types traditionnels des règnes précédents : la tête d'Héraclès coiffé de la peau de lion et l'aigle debout sur le foudre.

Ces monnaies dont jusqu'ici on n'a pas trouvé de divisions plus fortes que la drachme, sont bien d'origine macédonienne comme l'indiquent leur style et les trouvailles autant que leurs types. Mais elles sont taillées suivant l'étalon attique (drachme, 4 gr. 36) et non plus dans le système des monnaies d'argent de Philippe et de ses prédécesseurs.

Ce système de taille interdit conséquemment de classer ces monnaies d'argent avant la réforme pondérale et monétaire d'Alexandre, qui adopta l'étalon attique. Cet argument coupe court à l'hypothèse suivant laquelle Alexandre aurait fait frapper ces monnaies au début de son règne, avant la diète de Corinthe qui l'investit du commandement général des armées pan-

1. Imhoof-Blumer, Monnaies gi^ecgues, p. 118, no 19, pl. D, 8.

helléniques, et provoqua la création de la nouvelle monnaie bimétallique du poids attique.

Il faut admettre que ces monnaies ont été frappées en Macédoine tout le long du règne d'Alexandre. Par tradition locale elles gardent les types particularistes macédoniens, tout en adoptant le poids attique. Ce n'est pas tout.

Imhoof-Blumer avait proposé de placer en tête de ce groupe des tétradrachmes à la légende AAEZANAPOY, du même poids que ceux de Philippe (14 gr. 65), aux types de la tête de Zeus et au revers de l'aigle ^ Mais Barclay Head a démontré péremptoirement que ces tétradrachmes ont été frappés dans l'Inde, postérieurement à Alexandre ^ Nous en reparlerons plus loin.

Jusqu'ici, la présente série ne comprend que de petites divisions : la drachme (4 gr. 36) et ses sous-multiples. Ces pièces d'argent, de poids attique, ont les types macédoniens traditionnels, de même que les bronzes qui leur correspondent.

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