Hérodote, VH, "Î
thrace des divers personnages grecs qui l'entourent. Cette différentiation est aussi signalée par Pausanias décrivant une peinture de Polygnote à Delphes ^
Les autres types monétaires de Sparadocos sont d'inspiration macédonienne. Le cavalier tenant deux lances est imité des monnaies d'Alexandre I^"^ roi de Macédoine (498-454). Le cheval en liberté est imité des monnaies de Perdiccas II (454-413) dont Sparadocos était contemporain. Macédonien aussi est le mouvement du cheval qui lève la jambe droite, de même que le type de la protomé de cheval. L'aigle dévorant un serpent se retrouve sur les monnaies de la ville d'Olynthe, en Chalcidique.
Comment ne pas utiliser ces données pour illustrer l'expédition que Sitalcès, frère de Sparadocos, dirigea contre Perdiccas et la Ligue Olynthienne en 426 ou 425 ? Grâce à nos types monétaires, nous pouvons conjecturer que Sparadocos possédait la Thrace macédonienne, c'est-à-dire la por-
tion de la Macédoine soumise aux Thraces, qui était voisine d'Olynlhe et du royaume de Perdiccas.
Sparadocos régnait sur les cantons thraco-macédoniens où il frappa monnaie. Sa puissance porta ombrage à la Ligue Olynthienne et aux colonies athéniennes de la côtemacédonienne. Tous s'entendirent pour pousser contre lui son allié Perdiccas et son frère Sitalcès, Sparadocos fut obligé de fuir. Il se réfugia chez les Scythes. Dès lors, Sitalcès fit la paix avec Perdiccas et ses alliés les Olynthiens ^.
L'arrangement des événements tel que nous venons le présenter explique le caractère macédonien des monnaies de Sparadocos, allié de Perdiccas. Sparadocos a frappé monnaie dans la région macédonienne de ses Etats, au sud du Strymon, pays qui depuis longtemps était habitué à l'usage de la monnaie. Le successeur de Sitalcès fut Seulhès, fils de Sparadocos.