Le présent Traité. Théorie et doctrine, t. \, p
fer de Byzance repose, en particulier sur le témoignage d'Aristophane qui, dans les Nuées (vers 249), met dans la Wouche du fou Strepsiades parlant à Socrale qui vient de lui déclarer ironiquement qu'il ne jure point par les dieux : « Par quoi jurez-vous donc? Est-ce sur des monnaies de fer, comme à Byzance ? ^ »
Les scolies sur ce passage assez peu probant en lui-même ajoutent ce qui suit : « Pollux raconte que les habitants de Byzance, aux époques les plus anciennes, se servaient de fer au lieu de cuivre comme monnaie d'appoint, de telle façon que l'on disait trois sidères au lieu de Irois cliniques ^. »
Hésychius d'Alexandrie affirme que ces monnaies de fer de Byzance étaient de véritables monnaies, avec des types représentant les images des dieux ^.
Mais ces témoignages des lexicographes de l'époque romaine sont bien sujets à caution. Tout ce qu'on peut admettre avec vraisemblance, c'est qu'avant l'introduction de la monnaie il circulait à Byzance des broches ou des pastilles de fer analogues au pelanor lacédémonien ou aux oheliskoi d'Argos avant l'invention de Phidon. Sans doute, on cite quelques monnaies de fer dans le monde hellénique, même à Argos, mais ces pièces qui ont les types des monnaies ordinaires en argent, ne sont pas antérieures à ces dernières et ne constituent pas un stade — celui du fer — dans le
1. ...Tw yip ôjjLvux'; uiSapsoiaiv, coTitep sv B-jî^av- TÎo) ;
2. ...ô'jijTE àvTÏ TOÛ • Trpi'u) [J.OL xpiôjv /aTvxôjv, Xsysiv • Tiptw [jLoi Tpiôiv (jiSTfipwv. Pollux, VII, 105, (jans flultsch, Script., t. I, p. 291 ; cf. notre Traité, Théorie et doctrine, t. I, p, 375.
3. Cf. F. Lenorinant, ï^n monnaie dans V Antiquité, t. I, p. 216.
développement graduel de l'invention monétaire. Ce sont des curiosités, d'un caractère exceptionnel, parfois même de simples pièces fourrées dont l'enveloppe en feuille d'argent a disparu au cours des siècles. La facilité avec laquelle le fer s'oxyde et se réduit en paillettes interdit de recourir à ce métal même pour la fabrication de la monnaie d'appoint. Le cTtor,poùv vôjjitafxa, représenté dans nos médailliers par quelques monnaies de fer de Mégare, d'Argos, de Héraea, de Tégée, n'est, en dépit de la tradition littéraire, pas antérieur à l'usage des monnaies d'argent ou de bronze.
Aristote raconte que les Clazoméniens firent frapper vingt talents de monnaies de fer pour payer les mercenaires qui avaient combattu pour eux Mais les détails dans lesquels Aristote entre à. ce sujet prouvent qu'il s'agit de jetons obsidionaux destinés à être remboursés en bonnes espèces dès que le permettraient les finances de la ville. Il est possible que Byzance, dans le cours du V siècle, ait eu l'occasion d'avoir recours au même procédé, puisqu'au témoignage d'Hésychius, la monnaie de fer de Byzance avait des types de divinités comme la monnaie ordinaire. Mais nous en sommes réduits sur ce point à des conjectures, puisqu'aucune monnaie de fer de Byzance ne nous est parvenue jusqu'ici.
Dès 478, Byzance entra, comme nous l'avons dit plus haut, dans la Ligue atticodélienne. Sa prospérité dès cette époque est caractérisée par l'importance relative de sa contribution financière. Kn 450, elle paye aux Athéniens un ctôpoç de 15 talents;