CHAPITRE XV
LA CIILRSOiNESE DE THRACE ET LES ILES ADJACENTES
§ I. — Aperçu généraL
(Pour la période antérieure à l'expulsion des Perses, voy. notre Descr. hist., t. 1, p. 1-223 1231).
La vaste pres(|u'île que les Anciens appelaient la Ghersonése de Thrace (rj 6pa-/.txrj Xeporôvvr^aoç OU Xepaow^ao:; OU Xeppôvr)ao^] est aujourd'hui la presqu'île de Gallipoli. Très allongée du sud au nord, elle s'étend entre THellespont (les Dardanelles) à Test, et la nner de Thrace ou golfe de Saros ou encore de Mêlas, à Touest.
Elle forme comme un pont jeté entre l'Europe el l'Asie, de sorte que loules les invasions ou toutes les armées qui ne passaient pas parle Bosphore de Thrace. c'eslà-dire par Gonstantinople, passaient par la Ghersonése. Le passage ordinaire était entre Sestos sur la côte de Ghersonése et Ahydos sur la côte asiatique. G'est là le point où le détroit de THellespont est le moins large ; il n'a que A kilomètres et demi.
11 suffit de jeter un coup d'oeil sur une carte géographique pour se rendre compte de l'importance stratégique de la presqu'île. On peut dire qu'elle dispose de Gonstantinople et de toute la mer Noire. Aussi, jouet-elle un rôle considérable dans l'histoire
grecque, et de nombreuses villes y furent fondées.
Au nord, au point où elle se rattache au continent, la ville de Ly.simachia fondée par Lysimaque pour garder l'entrée de la presqu'île, placée à égale distance du golfe Mêlas, sur la côte de Thrace, et de l'entrée de la Propontide (monyiaies).
Bandia (pr.''S de Boulaïr),sur le golfe Mêlas (monnaies).
Pactye, à l'entrée de la Propontide, en face de P.irium, sur la côte asiatique {pas de monnaies].
Crifhole, au débo''ché de l'Hellespont, sur la Propontide (monnaies). — Elle fut remplacée dans l'antiquité par Callipolis (Gallipoli). presque en face de Lampsaque qui est sur la côte asiatique (pas de monnaies).
Â^gos-Poiamos^ à l'embouchure du Karakova, au sud de la ville moderne de Galata (monnaies) .
Sestos, en face d'Abydos de Troade (monnaies). Madytos, auj. Ma'iios, au sud de Sestos (monnaies) .
Cœla, près de Madytos, qui fut une colonie latine et a des monnaies.
LA CHERSONÈSE DE THRACE
LES CHEHSOiNÉSIENS
Elaeus ou Elêonie, tout à fait à la pointe de la presqu'île, à Teiitrée de rHelîesponl, près de Seddul-Bahr, en face de lihœlaion et de Si^ée, qui sont sur la côte de Troade près de Kouui-Kaleh {monnaies).
En remontant dans la direction du nord, à l'occident, sur lacôte de lamer de Thrace, nous avons Aloperonnesos auprès des salines
de S:iri-Bahr au point le plus lar^^e de la presqu'île {mon n ai rs ) .
Knfin .4 galhopoUsqxùji aussi des monnaies, niais dont la position géographique sur la cote est incertaine. Elleélait probablement située sur la baie de Mirmydia, à l'embouchure du Kurlumiis, ou plus au nord, auprès de Bourgas.
^ II. — Les Chersonésiens.
(Pour la période précédente, voy. noire /)escr, hist., t. I, p. 1^2^23 à 1234).
Les pièces très nombreuses dont on va voir la description sont toutes de n)ême fabrique et de même type, mais elles portent des lettres et symboles variables. Barclay Head {f]is(. nnm., p. 258) suppose que ces initiales représentent les difTérentes villes unies en une association monétaire. Mais cette hypothèse n'est pas à envisager ; il serait impossible de trou\er dans la Chersonèse de Thrace un groupe; de villes dont les noms correspondraient tà ces initiales. 11 n'est même pas probable que la lettre X. qui paraît sur quelques-unes de ces pièces, représente le nom des Chersonésiens, il
n'y a pas lieu de la rapprocher de la légende XEP q'ie l'on rencontre sur les monnaies que nous avons examinées précédemment.
Il est probable que l'atelier d'où ce monnayage est issu était placé à Cardia, qui fut la capitale de la (confédération des Chersonésiens. On notera que le carré creux (|ui se présente sur les pièces les plus anciennes de cette série (cf. Pl. LVII, fig. 19, Descr. Iii.sl., t. I, p. 1231), s'est trnnsformé peu à peu, jusqu'à disparaître sur les monnaies les plus récentes. Le revers est alors simplement partagé en quatre parties par un croisillon en relief. Ce monnayage se poursuivit fort longtemps, juscjue vers 350.
1544. — IM'olomé de lion àdr., (iéloiii'nanl la lêle en rngissanl, une patte avancée.
Carré creux partagé en quatre i)ctits losanges, dont deux moins profonds que les deux autres; dans Tun des losanges les plus creux, un globule ; dans l'autre, une grappe de raisin.
m 13-14 ; triob. ou hémi-dr., 2 gr. 49 [P) ' Pl. CCCXLVIII, fig. 12.
1. Voyez te présent Trailé. Peser, hisl., t. 1, p. 1231, 1802, pl. LVIl, fig. 19.