‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 658 sur 698 · Zeit. fur Num,, t. XUI, pl. IV · texte numérisé non relu

Zeit. fur Num,, t. XUI, pl. IV

LA CHERSONÈSE DE THRACE — ELAEUS

disait au moyen-âge, l'un à Sedd-ul Bahr, l'autre à Eski Hissarlik, c'est-à-dire aux deux extrémités de la baie de Morto.

Lequel de ces deux châteaux était celui que vise Procope ?

La baie de Morto qui s'ouvre sur le détroit des Dardanelles en face de Koum Kaleh, qui est sur la côle asiatique, s'étend depuis le cap Hellès à la pointe de la presqu'île de la Chersonnèse, là où est Sedd-ul-Bahr, jusqu'à un cap qui s'appelle Eski Hissarlik. C'est ce cap d'Eski Hissarlik qui marque l'emplacement de l'ancienne Eléonte ^

Eléonte ne fut jamais une ville très importante. Ce qui le prouve bien c'est qu'au temps de sa grande prospérité, c'est-à-dire au milieu du v'' siècle avant notre ère, comme tributaire d'Athènes, elle paye un tribut relativement minime. En elle n'est taxée qu'à 3.000 drachmes, ce qui est bien peu, relativement p. ex. aux \ talents d'Abydos, aux 4 talents 300 drachmes de Tenedos, aux 9 talents de Cyzique et de Calchédon, aux 10 talents de Périnlhe, aux 12 talents de Lampsaque, aux 15 talents de Byzance (le talent = 6.000 drachmes).

En 423, Eléonte ne paie même plus que 1080 drachmes, tandis que les autres villes, au contraire, sont considérablement augmentées comme imposition. C'était donc une ville de second ou de troisième rang, sa rade seule était appréciée et avait de l'importance.

Pendant la guerre du Péloponnèse, Eléonte servit de point d'appui à la flotte athénienne opérant contre la flotte péloponnésienne, notamment en 411, dans la lutte des Athéniens contre la flotte lacédémonienne commandée parMindaros, qui avait réussi à gagner la Propontide (Marmara) et qui était soutenu par Cyzique.

En 403, c'est encore à Eléonte que l'imposante flotte athénienne de 180 navires, lancée à la poursuite du Lacédémonien Lysandre, vint se ravitailler : c'est de là qu'elle partit pour la fameuse bataille d'Aegos-potamoi, où les Athéniens furent vaincus.

Au iv^ siècle, Eléonte reste toujours Adèle à Athènes. Aussi Athènes protégea les Eléontins contre les entreprises des rois thraces, puis contre l'ambition de Philippe, le père d'Alexandre. En reconnaissance, les Eléontins s'associèrent aux habitants de Sestos, de Madytos et d'Alopéconnesos, « pour offrir au peuple athénien une couronne d'or du poids de 60 talents » (Cliamonard, p. 5).

Peu après, Athènes et Eléonte resserrèrent encore leur alliance et Eléonte reçut des clérouques athéniens. C'est à cette époque qu'Eléonte commença à battre monnaie, et ces pièces de la seconde moitié du iv^ siècle sont aux types de la tête d'Athèna et de la chouette, types qui rappellent le protectorat d'Athènes sur Eléonte.

1605. — Tête d'Athéna coifTée du casque corinthien, à dr. I^- EAAI0Y2ION- Chouette à dr. ; dessous le monogr. KtT . /E 16 ; (P) Pl. CCCL, fig. 17 ; — autre, avec le monogr. 1^ (?) [B) \

1. Sur les restes de la ville, voy. Chamonard, fut découverte en mai 191j par nos soldats, sur le BCH, t. XXXIX, 1915; cf. Ch. Picard et A -J. Rei- plateau d'Eski-Hissarlik. nach, BCH, t. XXXVI, 1912. La nécropole d'Eléontc 2. Berlin. Beschreibung , p. 263, n" 1.

|()()7 LA CHERSONÈSE DE THRACE — IMBHOS 1008

1606. — Buste d'Artémis, à dr., le carquois sur l'épaule. I^. EAAIOYIinN. Abeille; dessous, A.

1607. — Proue de navire, à dr.

I^. EAAIOYIinN ; dessous W. Le tout dans une couronne de laurier. M 19 (B).

1608. — Proue de navire, à dr.

I^. EAAh dans une couronne de laurier.

^19 (P) Pl. CCCL, fig. 18.

1609. — Même description, avec EAAI ou EAA- M 13 (P) Pl. CCCL, fig. 19, — autre (B) \

§ VII. — Imbros.

Imbros était l'île de la mer de Thrace la plus rapprochée de la Chersonèse, en face, et à une courte distance, de l'entrée de l'Hellespont. La capitale portait, comme l'île elle-même, le nom d'Imbros, et était située sur la côte Nord, sur l'emplacement de la ville actuelle de Castro.

L'île avait été peuplée primitivement par Pélops, et elle était célèbre pour son culte des divinités pélasgiques, les Oabires, et de leur chef, Hermès Imbrasos. La ville et l'île sont mentionnées par Homère qui qualifie Imbros de rocailleuse ou escarpée :

Tra-TTaXolcrorrî (//. Xïll, 33; XIV, 281; XXIV,

78). Hérodote raconte (V, 20) que le satrape Obanès, après l'expédition de Darius contre les Scythes, et la campagne de Megabase en Thrace et en Macédoine, soumit Lemnos et Imbros, et s'y montra très cruel (vers

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