CHAPITRE XVI
COLONIES DU PONT-EUXIN (côte européenne)
§ I. — Aperçu général.
Les colonies grecques du Pont Euxin s'échelonnent du Sud au Nord et de l'Occident à rOrient, le long du rivage de la mer Noire, dans l'ordre suivant : Apollonie Pontique, Mesembria, Odessus, Callalis, Tomis, Istros, au sud de l'ennibouchure du Danube (Ister), Ophiussa, Tyra, à l'embouchure du Dniester, Olbia, à l'Ouest de l'embouchure du Dniester, Olbia, à l'Ouest de l'embouchure du Borysthène, Carcina, puis la Chersonnèse Taurique, ou Grimée, avec Chersonèse ou Héraclée à la pointe Sud- Ouest, Theodosia et Panticapée, Nymphaion dans la presqu'île orientale, en face de Phanagorie qui se trouve sur la côte continentale opposée et dont le sépare le Bosphore Cimmérien. Au Nord du lac Maeotide ou mer d'Âsov, la ville de Tanaïs. Un grand nombre de ces villes apparaissent au cours des temps dans la numismatique. Nous allons d'abord exclure celles qui n'entrent pas dans notre cadre chronologique.
Odessos, au Nord de Mesembria, ne frappa monnaie qu'après l'an 200 av. J.-G.
Callatis ou Gallatia, entre Odessus et Tomis, paraît n'avoir ouvert son atelier qu'après la mort de Lysimaque en 281.
M. Pick toutefois fait débuter le monnayage de cette ville dès le temps d'Alexandre le Grand avec les drachmes qui ont, au droit, la tête d'Héraclès coiffé de la peau de lion, imitée des drachmes d'Alexandre ; au revers, KAAAATI, avec la massue, l'arc, le carquois et un épi. Ges pièces, il est vrai, se rattachent par leur poids (5 gr. 58 à 4 gr. 73) à l'étalon persique. Mais l'étalon attique n'a été adopté que tardivement sur les côtes du Pont Euxin, comme le prouvent notamment les drachmes tardives de poids persique, au type de l'aigle pêcheur perché sur le dauphin, de l'atelier de Sinope.
La colonie milésienne de Tomis, célèbre pour avoir été le séjour d'Ovide exilé, n'a pas non plus de monnaies avant la mort de Lysimaque.
Tyra, colonie milésienne, chez les Sarmates, à l'embouchure du Tyras, n'a pas de monnaies avant le ii'' siècle.
La grande colonie milésienne d'Olbia ou Olbiopolis, en Sarnnatie, à Tembouchure de l'Hypatris et du Borysthène, n'a pas de monnaies avant le m'' siècle.
Il n'y a pas lieu de suivre Imhoof-Blumer qui, en 1902, a proposé d'attribuer à Tamyracé de petites pièces d'argent et de bronze à la légende TAM ^
TafjLupàxTj est un établissement grec situé entre l'embouchure du Borysthène et l'isthme de Pérécop qui rattache la Chersonnèse taurique (Crimée) au continent.
Rien ne permet de croire que ce petit port
ait battu monnaie, et les pièces à la légende TAM qu'on n'a jamais trouvées dans cette région doivent demeurer incertaines.
La voisine de Tamyracé, Gercinitis ou Cercina (Carcina), n'a pas de monnaie avant 300 \
Chersonesos ou Cherronesos (Sébastopol) de la Chersonnèse taurique n'a pas de monnaies avant le iir siècle.
Theodosia, la rivale de Panticapée et sa voisine, à l'Ouest, dans la Chersonnèse taurique (Crimée), n'a pas de monnaies avant le m*' siècle ^
§ H. — Apollonie Pontique.
Cette ville, vieille colonie de Milésiens, est aujourd'hui Sozopolis en Bulgarie, l'un des petits ports qui, comme Deullum, Anchialos, Mesembria, s'échelonnaient au pied des dernières collines de la chaîne de l'Haemus qui tombent dans la mer. C'est à M. Tacchella, ancien conservateur du Musée de Sofia, qu'on doit l'attribution cer-
taine des monnaies d'ApoUonie pontique Avant 1898, ces pièces, au type de l'ancre, furent classées tour à tour à Abydos en Troade, à Ancoré, à Astacos, à Apollonie sur le Bhyndacos, en Mysie Des trouvailles isolées, sur place, nombreuses et répétées, ne laissent aucun doute sur la nouvelle attribution^.
1617. — Ancre; à g. une écrevisse.
Croix gammée (tétraskèle^, dans un carré creux. ^ 15 ; 4 gr. 21 [P] Pl. CCCLI, fig. 1 ; — autres, 4 gr. 05 ; 3 gr. 90 ^
1618. — Même description.
^ 13; 3 gr. 08 [P) Pl. CCCLI, fig. 2.