Autre exemplaire, 15 gr. 27 et 15 gr. 35 {Londres
Les six pièces que nous venons de décrire (n"* 323 à 328) appartiennent manifestement au même atelier, Lampsaque. Les premiers (n<" 323, 324, 325) ont en symbole une petite amphore; les autres (n<^* 326, 327, 328) ont la lettre 1. La protomé de cheval ailé bondissant est bien le type héraldique de Lampsaque; la couronne de vigne qui Tentoure convient à cette ville qui était, comme Téos et Chios, renommée pour ses vignobles ; les cultes de Dionysos et de Priape y furent toujours en grand honneur ; enfin, Tamphore et la lettre S qui doivent être l'emblème et l'initiale de noms de magistrats monétaires, se retrouvent sur des monnaies d'argent dontTattribution à Lampsaque n'est pas douteuse et qui sont contemporaines de nos statères d'éleclrum. Ce sont les mêmes magistrats qui ont signé ces statères d'électrum et ces pièces d'argent, de sorte que, par là, Tattri-
bution des électrums à Lampsaque se trouve hors de toute discussion.
Ces pièces d'argent, — nous le verrons plus loin, — sont rigoureusement datées; elles ont été frappées à Toccasion du mariage d'Archédicé, la fille d'Hippias, avec Aiantidès, fils d'flippolochos ; elles consacrent Talliance que conclurent dans cette circonstance, Hippias et Hippolochos, vers 513. Et ainsi, nous pouvons affirmer que les monnaies d'électrum ci-dessus décrites, ont été frappées à Lampsaque vers 513 *.
Le poids effectif le plus élevé de ces statères d'électrum est 15 gr. 35; il régnait donc vers la fin du vi® siècle à Lampsaque, pour Félectrum, un étalon dont le statère normal était d'environ 15 gr. 36, et qu'on peut considérer comme une réduction de Tétalon phocaïque. Les divisions normales de cestatère sont lessuivantes pour Télectrum :
1. Wroth, Catal. Mysia, p. 79, n«* 8 et 9 et pi. XVIII, 8. Six a donné {Num. Chron., 1894, pi. XIIl^ 8) une petite pièce d'électrum (la planche porte par erreur la mention /R) de sa collection, qui a, au droit, une protomé de cheval ailé ; dessous un épi;. Le revers est un carré creux en ailes de moulin. Le poids de cette pièce, 2 gr. 06, ainsi que son style ne permettent pas de la rattacher aux
pièces que nous décrivons ici.
2. Nous avons dit plus haut qu'il faut peut-être aussi rattacher à ce monnayage lampsacénien des petites pièces d'électrum de poids phocaïque, au type de la chouette (ci-dessus n»* 208 à 210 et p. 138-140). Ces pièces ont pu être frappées à Lampsaque par les descendants d'Hippias, d'où leur type athénien.
187 cuios 188
Stalère iS^'-SÔ
i/2 stalère 7 68
1/3 de stal. (trité) 5 12
i/4 — (létarlé). 3 84
1/6 — (hecté) 2 56
1/12 — (hémi-heclé) 1 28
1/24 — (myshémMieclé) 0 64
1/48 — (hémi-obole) 0 32
1/96 — (larlémorion) 0 16
Nous donnerons, en trailantdes monnaies Les monnaies qui suivent, bien qu'ayant de billon frappées à Lesbos, les divisions le type de Lampsaque, n*appartiennent théoriques du même étalon pour Targent. pas au même système :
329. — Protomé de cheval ailé, bondissant à gauche ; au-dessus, un fleuron stylisé, la pointe en bas. — ^^. Carré creux partagé en quatre compartiments.
El. 20 ; statère milésiaque, i 4 gr. 02 {Paris) PL VIII, fig. 5.
330. — Autres ex. , 1 4 gr. {Greenwell) ; 1 3 gr. 98 [Londres) ; 1 3 gr. 87 {Berlin) ' .
Les poids des différents exemplaires de adopté dans cette ville pour la taille de
ce statère Téloignent de l'étalon normal de rélectrum^ se substituant à l'étalon de
15 gr. 36. Cette pièce est taillée suivant un 15 gr. 36. On peut aller plus loin : ce qui va
étalon milésiaque de 14 gr. 03, et comme suivre permet d'affirmer que Lampsaque
le style, la fabrique, le type, le carré creux conclut, à un moment donné, avec Chios
ne permettent guère d'hésiter à la classer et sans doute d'autres villes, un traité
à Lampsaque, il faut admettre qu'à une d'alliance monétaire pour la frappe de
époque déterminée l'étalon milésiaque fut monnaies d'électrum de poids milésiaque.
§ III. — Chios.
La grande ile ionienne de Chios, dont la capitale était sur la côte orientale, en face d'Erythrées *, fut un des centres commerciaux les plus florissants du bassin de la
mer Egée, et aussi l'un des foyers les plus brillants et les plus féconds de l'art ionien ; il y eut une école de Chios comme une école de Samos et de Naxos, et l'on connaît
i. B. IIead,Ca/û/. lonia, p. 7 et pi. I, 22; Wroth, Catal. Mysia, p. 78 et pi. XVllI, 3; Six, dans le Num. Chron., 1890, p. 216-217, n» 7.
2. Hérodote remarque qu'on parlait le même dia-^ Itcte dans les deux villes/ Hérod., If 142/
tttiod
les noms et les œuvres de plusieurs des sculpteurs chiotes de la période primitive. Ce sont, à la fin du vu* siècle : Mikkiadès et son fils Archermos qui sculptèrent une célèbre statue d'Artémis ailée retrouvée à Délos * ; les enfants d'Archermos, Boupalos et Athénis qui florissaient au milieu du VI* siècle.
Les Chiotes coopérèrent à la fondation deNaucratis; ils s'allièrent aux Milésiens contre le roi de Lydie Alyatte *; ils subirent, comme tous les Ioniens, le joug des Perses, à partir de la conquête de Cyrus en 546 '. Lors de la révolte de l'Ion ie contre Darius, en 498, Chios se jeta avec ardeur dans l'insurrection et fut choisie pour être le centre des approvisionnements de la flotte grecque. A la bataille de Ladé en 494, où ils avaient 100 vaisseaux, les Chiotes firent, avec ceux de Milet, des prodiges de valeur ^. Aussi, le châtiment n'en fut-il que plus terrible ; Chios fut dépeuplée comme Lesbos et Ténédos, par une véritable chasse àThomme («YTiveta), dit Hérodole *.
Au temps de l'invasion de Xerxès en Grèce, le tyran de Chios s'appelait Strattis; les Grecs conspirèrent contre lui, mais le complot fut déjoué •. Chios ne se releva complètement qu'après les défaites réitérées des Perses en 480 et 479. Avant même la bataille de Mycale, Chios se révolta contre les Perses et donna la main aux Athéniens pour les aider à délivrer les villes d'Ionie . Elle fut l'une des premières à se ranger sous l'hégémonie athénienne ''.
Strabon remarque que le sol de Chios était particulièrement favorable à la culture de la vigne •. Le type du sphinx ailé qui parait d'une manière constante sur ses monnaies, est un symbole dionysiaque qui fait allusion à l'abondance et à la renommée des vignobles de l'tle.
Le style des premières monnaies d'électrum décrites ci-dessous, lesplace au vi** siècle ; il y a des pièces d'argent au même type qui sont contemporaines (ci-après, chap. vn, §iv).
331. — Sphinx ailé, assis à droite, les pattes de devant juxtaposées; il est placé sur une ligne de grénetis; une longue vrille de vigne orne le sommet de sa tête. — ^. Carré creux partagé en quatre compartiments.
El. 20; statère milésiaque, 14 gr. H (P«m) PL VIII, fig.6.
332. — Variété, le revers du même coin, 14 gr. 05 [Pam) PI. VIII, fig. 8.