Voyez Traité, Première partie, t. 1, p
251 LA dârique et le sicxe médique 252
Darius III Codoman ou, toul au plus, dès la ner par les Grecs le surnom populaire d*ar-
fin du règne d'Artaxerxôs III Ochus, que chers^ «coÇoxai {sagiitarii); il ne se modiûe
Ton voil paraître quelques divisions. A dans les détails, qu'au cours du iv^ siècle,
cette basse époque, en effet, on frappa les Ces attributs de la javeline et de Tare
pièces suivantes : sont aussi donnés aux archers perses qui
£^ ^j. . formaient la fameuse garde des Immor-
Double darique 16,83 ^^^s, et qui sont représentés souvent sur
Darique 8 415 ^®^ murs des palais de Suse et de Persépo-
Hémi-darique. . . . . . . . ..[........ 4,207 ^'^' ^^'^ ^^ ^^^ ^®^^^^ ^^^ ^* pierre, soit en
bas relief sur la brique peinte et vernissée.
I ar^ewf : Seulement, l'attitude du Roi des rois sur
I^*^ ®; • ; * ^'^JJ les monnaies est différente. Il est repré-
Demi-sicle 2,80 ^^^^^ ^^ guerrier et non point au repos
Mais pour la période qui nous occupe, comme les Immortels. C'est sans doute ce
c'est-à-dire pour le temps de Darius I fils type des dariques d'or et d'argent que vise
d'Hystaspeet deXerxès, on ne frappe en or Diodore de Sicile lorsque, décrivant le
que la darique, et en argent, que le sicle bûcher construit, sur Tordre d'Alexandre,
médique. pour les funérailles d'Héphaestion, il énu-
Le type constant de la darique et du sicle mère parmi les ornements dont il était médique, sous les premiers règnes de la entouré, Timage de deux archers à. genoux, dynastie des Perses Achéménides, est celui hauts de quatre coudées *. que nous voyons sur toutes les pièces Tandis que la monnaie du roi de Lydie, représentées sur notre pi. X, fig. 13 à 23 : Crésus, créée sous Tinfluence des types c'est le roi de Perse, à demi-agenouillé, monétaires des villes grecques de la côte, la jambe droite avancée comme s'il faisait emprunte ses types à la faune exclusiveune génuflexion; il a une longue barbe et ment, ie lion et le taureau, il en est tout de longs cheveux rassemblés en touffe sur autrement de la darique ; son type royal la nuqub; il est coiffé do la cidaris dentelée reflète l'influence de la civilisation assyroet vêtu de l'ample tunique talaire appelée chaldéenne où le grandRoi est glorifié parcandys qui est relevée sur les bras et sur le tout, dans l'art et la littérature, exalté pargenou gauche; de la main gauche portée tout comme triomphateur, écrasant ses en avant à. la hauteur du visage, il tient
son arc, suivant une attitude donnée dans i. To^dxai tlç y<5vu x6x»0ix<Jt£ç (Diod. Sic. xvii,
lart grec à Héraclès; de la main droite 115. Strabon (xv, 13, 19) décrit le costume du Roi
, , ... ., , . et des ffraods seigneurs de sa cour : « Ils avaient
ramenée sur la poitrme il porte transver- adopté les jupes des femmes mèdes, leurs triples
salement une javeline, la pointe dirigée pantalons, leurs doubles vestes et leur manteau,
vers le sol, la hampe appuyée sur son };^ première tunique était blanche, elle avait la
' t' ff j forme d une chemise à manches et s arrêtait au
épaule et se terminant par un pommeau genou; la tunique extérieure était brodée de fleurs
OU grenade d'argent; le carquois rempli et tombait sur les pieds, elle consistait en un jupon
dp flAohPs 9^1 mip r^inaiilp du roi Ce tvoe P^^"^ *J^*'^ ^ ^* **^^^^ ' *® manteau, sorte de
ûe uecnes est sur i epauie au roi. i^e i>pe ^^^^^ ^^jj^^^ était pourpre en hiver, brodé de fleur.
des dariques d'or et d'argent leur fit don- en été..... »
La dàriquë et le sicle médique
ÛU
eDoemis, égorgeant les fauves à la chasse, offrant des sacrifices aux dieux, étant presque un dieu lui-même ; c'est là que le graveur monétaire des Perses est allé chercher son inspiration, et c'est pourquoi le type de la darique est, pour la première fois et pour toujours, la figure guerrière en pied et combattant du Roi des rois.
Une autre difiFérence entre la darique et la créséide, est dans le carré creux du revers. Le revers des dariques et des sicles médiques est toujours occupé par une dépression rectangulaire sans type, dans laquelle on a parfois, — mais à tort, — essayé de reconnaître des figures de poissons ou d'oiseaux. Le revers des créséides a, au contraire, deux carrés creux placés côte à côte.
La darique, comme la créséide, a été créée par Darius, fils d'Hyslaspe, pour régulariser le recouvrement des impôts en Asie-mineure; elle eut aussi pour effet de faciliter le commerce avec les Grecs; les mercenaires grecs, au service du Grand roi, recevaient leur solde en dariques. Nous ignorons exactement les ateliers où ont été frappés la darique et le sicle médique, mais nous pouvons affirmer que ce fut exclusivement, jusqu'au début du iv« siècle, en Asie-mineure. On pourrait songer aux chefslieux des satrapies de TAsie-mineure occidentale, Sardes etDascylion.
Notre pi. X, fig. 13 à 23, ne contient qu'un choix des dariques et des sicles médiques de Darius et de Xerxès, ces pièces fort répandues n'offrant que des variétés de coins.