B. Head, lonia^ p. 18, n
TÉOS
On aura remarqué, saus doute, que le poids de ces pièces, dont la conservaiion est souvent défectueuse, est très faible par rapport à la normale ; les poids effectifs de certains exemplaires ne permettent guère de douter, pourtant, que toute la série soit taillée suivant l'étalon milésiaque peut-être un peu affaibli.
A partir du moment où Glazomène passa sous rhégémonie athénienne avec les autres villes d'Ionie, en 478, elle frappa des monnaies de poids attique qui ont, au droit, la protomé de sanglier ailé et, au revers, la tête de aorgone dans un carré creux ^ Dans le cours du iv® siècle, on voit paraître au revers des monnaies de Glazomène non
seulement le cygne, mais le bélier ou la tête de bélier qui persiste jusqu'à Tépoque romaine *. C'est en s*appuyant sur Texistence de ce type qu'on a proposé de classer à Glazomène des monnaies primitives, anépigraphes, les unes en électrum, les autres en argent, qui sont également au type du bélier ou de la tète de bélier. Je ne connais aucune monnaie de cette catégorie dont l'attribution à Glazomène puisse être démontrée, tandis qu'il est, au contraire, certain que la tête de bélier a fait son apparition dès l'époque primitive sur les monnaies de Gébren en Troade, et plus tard aussi sur les monnaies de Samos '.
§. VII. — Tèos.
Nous avons dit plus haut que le griffon, type constant des monnaies d'électrum et d'argent de Téos, se rapportait probablement à Apollon hyperboréen *. Je ne vois point, en effet, d'autre origine à cet emblème héraldique. La campagne de Téos produisait un excellent vin; aussi Dionysos y avait-il son culte comme à Ghios, et Ton a découvert l'emplacement du temple de ce dieu ainsi que des inscriptions en son honneur. Mais si le sphinx peut s'expliquer à Ghios comme un emblème de Dionysos, il ne serait guère possible de rattacher aussi le griffon de Téos au culte dionysiaque.
Le griffon ne se rencontre pas seulement
sur les monnaies de Téos ; il paraît aussi à Phocée et en traitant des monnaies d'électrum nous avons dit pour quelles raisons ^; il règne même une grande incertitude sur l'attribution à Phocée ou à Téos de certaines pièces anépigraphes au type du griffon ou de la tête de griffon.
Le griffon parait encore pareil, ou à peu près, à celui de Téos, sur les monnaies d'argent d'Abdère en Thrace, et les motifs de cette similitude intentionnelle sont connus historiquement. Vers 545, quelque temps après que Gyrus eut fait la conquête du royaume de Grésus, les Téiens résolurent, comme les Phocéens, de s'expatrier pour ne pas subir le joug étranger. Ils
1. B. Head, Catal. lonia, p. 18 et pi. VT, 4 et 5. La protomé de sanglier ailé paraît aussi au droit de pièces frappées à cette époque par Glazomène et Samos associées. Voyez ci-dessus, p. 294.