‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 29 sur 880 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

2. Ces pièces de style rude et barbare ont été attribuées par M. Barclay Head aux Ciuimériensqui ont envahi le royaume de Lydie au vu* siècle ; ils auraient battu monnaie à Timitation des rois de Lydie (B. Head, Catal. Lydia, Introd., p. xx). Cette hypothèse est vaine ; les Cimmériens n'avaient pas plus besoin de monnaie que les Assyriens ou les Perses de Cyrus ; leur séjour en Asie-mineure fut d'ailleurs comme un ouragan passager qui se borna à tout détruire (Voy. notre Première Partie^ t. II).

ÉPHÈSE

un collier (p. ex., pi. II, flg. 6), la même perfection anatomique.

Tels sont les principaux arguments qui paraissent nous autoriser à conclure que les monnaies décrites ci-dessus, sous les n^* 9 à 63, ont dû être frappées àMilet, au plus tôt à la fm du vn* siècle et plus sûrement dans la première moitié du vi® siècle avant notre ère. A cette époque, Milet fut sous l'hégémonie d'Alyatle et de Crésus. Après des guerres incessantes entre Milet et les rois de Lydie, un arrangement avait été enfin signé sous Alyatte, en 604, aux termes duquel le roi de Lydie et Thrasybule, tyran de Milet, s'étaient déclarés hôtes et alliés '. A partir de ce moment, Milet subit la protection des princes de Sardes, tout en conservant l'autonomie de son gouvernement et de ses lois; elle fut ouverte au commerce lydien et les rois de Sardes eurent le droit

de lui réclamer un contingent de troupes pour leurs expéditions militaires. L'histoire intérieure de Milet, sous le protectorat lydien, est peu connue. Nous savons seulement que cette grande ville fut pendant deux générations en proie aux dissensions civiles K Au moment de Tavènement de Crésus en 561, elle s'était quelque peu affranchie des liens que lui avait imposés Alyatte ; mais Crésus sut la rappeler à l'observation des traités ^

Telles sont les circonstances historiques au milieu desquelles furent frappées les séries monétaires primitives que nous venons de décrire. C'est, à n'en pas douter, l'hégémonie exercée par les rois de Lydie sur Milet et sur les autres villes d'Ionie, qui a donné naissance à la tradition suivant laquelle les Lydiens furent les inventeurs de la monnaie.

§ III. — Éphèse.

Bâtie sur le golfe d'Icarie, à l'embouchure du Caystre, Éphèse était, avec Milet, la plus importante des colonies helléniques de rionie méridionale. Après la venue des Ioniens, elle garda toujours dans sa population un élément considérable emprunté aux races asiatiques des Lydiens, des Cariens et des Lélèges. Ces Asiatiques se groupaient autour du temple fameux de leur déesse indigène, déesse lunaire que les Grecs devaient, plus tard, assimiler à leur Artémis. La tradition prétendait que ce vieux sanctuaire avait été bâti par les Pélasges ou par les Amazones ; la vénération dont l'entouraient aussi bien les populations

Page 1