‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 298 sur 880 · L'ILE DE RHODES · texte numérisé non relu

L'ILE DE RHODES

§ I. — Camiros.

Lorsqu'en 1858 et 1865, Aug. Salzmann explora les nécropoles antiques de Gamiro8, il y recueillit, entre autres objets importants, des bijoux de style phénicien, des figurines en terre émaillée égyptiennes, des fragments de sculpture assyriens et chypriotes, des vases peints et d'autres objets de style indigène ou ionien '. Cette variété de produits témoigne de Tactivité commerciale des ports de Tîie de Rhodes, et indique, comme les monnaies que nous allons décrire, les directions multiples que prenaient les navires rhodiens, qui avec ceux de Samos. et de Phocée^ passaient pour les meilleurs de toute l'antiquité. En retour, les produits de la céramique rhodienne qu'on trouve sur toutes les côtes méditerranéennes attestent l'activité des ateliers industriels de Ttle.

Le nom classique et moderne de Rhodes signifie « Ttle des roses », parce que cette

fleur y est particulièrement belle et abondante. C'est de là que, sur ses monnaies, surtout à partir de la fondation de la ville de Rhodes, à la pointe nord-est de Tile, en 408, nie devenant alors un Etat unitaire ', elle adopta la rose comme type parlant, et cette fleur héraldique, la numismatique rhodienne la conserva pendant des siècles.

Les premiers habitants de Tile furent les fabuleux Telchines, émigrés de la Crète ; les Héliades, ou fils de Hélios, d'où la tête radiée de ce dieu sur les monnaies de Rhodes, après 408 ; vinrent ensuite des Egyptiens, des Phéniciens, des Thessaliens, des Cariens, enfin des Doriens ou Héraclides.

Les villes les plus anciennes de Tile étaient Camiros et lalysos, sur la côte occidentale, en face de la presqu'île cnidienne, et Lindos, sur la côte qui regarde Chypre et l'Egypte. Ce sont aussi les trois seules

1. A. Salzmann, La nécropole de Camiros^ 18'75, gr. in-folio.

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