LINDOS
nos n*" 766 à 771, est emprunté aux monnaies de Clazomène, ce qui, avec l'adoption de l'étalon milésiaque, tend à démontrer que lalysos entretenait avec les villes ionien unes d'activés relations commerciales.
An revers des pièces qui précèdent on voit une tète d'aigle, caractérisée par de petites oreilles comme celles du chathuant : c'est une sorte d'aigle-faucon ou de gerfaut, particulière à TÂsie-mineure, à Chypre et à la Syrie. Dans certains cas, cette tête d'aigle ressemble, presque à s'y méprendre, à une tête d'agneau ou de bélier (moins les cornes); nous aurons même plus loin, sur des monnaies de Paphos, l'occasion de constater que ce rapprochement entre la tète d'aigle et la tête d'agneau a été intentionnellement recherché. L'art lycien, rhodien et cypriote a aussi donné une tète effilée comme celle du tapir, au lion et au taureau, sur des basreliefs sculpturaux et sur des pierres gravées '.
Le statère n^ 766 donne à la légende une forme ionienne, lEAYdON; sur les n" 767 et 771 qui sont moins anciens, on
a la forme dorienne lAAYÎlON) qui persiste exclusivement dans le monnayage subséquent. Plus tard, en efifet, c'est-à-dire dans tout le cours du v* siècle, lalysos frappe des tétradrachmes de poids milésiaque, aux mêmes types de la protomé de sanglier ailé et de la tète d'aigle avec le fleuron *. Sur certains exemplaires la légende lAAYÎlON se trouve ini^crite à la fois au droit et au revers. Ces monnaies, bien que continuant à avoir le même poids que les précédentes, sont de flan beaucoup plus large et plus plat et d'un style plus avancé.
En même temps que ces pièces, lalysos frappa comme Gamiros et Lindos, après 479, des oboles et des hémi-oboles au type de la protomé de cheval au galop. Ce qui distingue celles de ces monnaies qui sortent de l'atelier de lalysos, c'est qu'elles ont, au revers les lettres A-h qu'il faut lire de droite à gauche, IA(^'^^^H- Autrefois ces pièces étaient mal lues et mal classées ^. Nous avons donné plus haut (p. 86, n"10o) une petite pièce d'électrum ou d'or qui rentre dans le même monnayage.
§111. —Lindos.
Tandis que Camiros et lalysos étaient sur la côte nord-ouest de Rhodes, Lindos se trouvait, au contraire, sur la côte sudest, en face de Chypre et de l'Egypte *. Les
monnaies de Lindos remontent, comme celles de Camiros jusqu'au début du VI* siècle. Le type de la tête de lion, la gueule béante, est l'emblème constant de
i. Voyez notamment le lion du monument des Méréide» à Xanthos. Max. Collignon, HisL de la iculpt. grecque, t. II, p. 230.