‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 31 sur 880 · Voyez le présent Traitéy Première partie, t. II · texte numérisé non relu

Voyez le présent Traitéy Première partie, t. II

ÉPHÈSE

Ces princes lydiens avaient, au surplus, des liens de famille avec les tyrans d'Ëphèse : Gygès, le premier, maria sa fille à Mêlas TAncien, le chef de la dynastie éphésienne des Mélides ; il avait la prétention d'étendre sa protection sur la colonie grecque et sur son temple. Survint, après le règne d'Ardys (652-615), la terrible invasion des Gimmériens : les barbares brûlèrent TArtémision. Il fut reconstruit aussitôt après que Sadyatte (615-610) eut repoussé les envahisseurs. Ces malheurs communs ne firent que resserrer les liens qui unissaient lesËphésiens aux Lydiens. Un petitfils de Mêlas TAncien, Miletos, épousa Lydé, fille d'Ardys. Mêlas II prit à son tour pour femme une fille d'Alyatte .

Aussi, le fils prodigue d'Alyatte, Crésus, avant de monter sur le trône de Sardes, trouva-l-il à Éphèse les ressources nécessaires à ses dissipations ^. Le jeune prince s'y était ménagé l'amitié de citoyens opulents qui lui prêtaient de l'argent : il obtint notamment des sommes considérables du riche banquier Pamphaës, fils de Théocharidès '.

Cependant, une fois monté sur le trône de Sardes, Crésus eut la prétention de traiter la ville d'Ëphèse en conquérant; mais son parent, Pindaros, le dernier représentant des Mélides, soutint Thonneur et les droits de ses concitoyens ; une guerre s'en-

suivit et Crésus vint mettre le siège devant la ville; bientôt, soi-disant pour ne pas s'exposer à détruire de nouveau le temple de la déesse asiatique, le roi de Lydie préféra entrer en négociations avec les assiégés. Pindaros fut exilé et Crésus se contenta d'une suzeraineté nominale sur Ëphèse. Hérodote nous informe que Topuleut roi de Lydie dédia dans le temple d'Artémis, des taureaux et des colonnes d'or ^ .

Lors de la conquête perse de Cyrus, en 546^ le caractère asiatique du culte de la déesse éphésienne protégea encore la ville qui fut traitée avec mansuétude et son temple respecté. Plus tard, enfin, en 498, quand les villes grecques se révoltèrent contre Darius et essayèrent de secouer le joug perse, Ëphèse garda une prudente neutralité. Cette attitude inspirée, sans aucun doute, par l'élément asiatique et religieux de la population, favorisa le plan de campagne des Perses ; en même temps, il épargna h Ëphèse le sort de Milet, de Chios, de Lesbos et des autres villes qui avaient si imprudemment pris part à l'insurrection (ci-dessus, p. 15).

Aussi, les monnaies d'Ëphèse en argent forment-elles, comme nous le verrons plus loin, après la cessation du monnayage de l'électrum dans cette ville, une suite continue et sans lacune à partir du commencement du v« siècle.

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