Hérod., V
CÉLENDÉRIS
lacune d'une soixantaine d'années qui nous fait descendre jusque vers le temps de Texpédition de Cyrus le Jeune et de la . retraite des Dix-mille, époque où nous retrouvons un autre Syennesis, celui qui paraît être le dernier du nom.
Les monnaies des dynastes de Gilicie sont taillées dans le système persique ; elles ont souvent les types mômes du roi Achéménide, le Roi des rois, le suzerain, coiffé de la cidaris crénelée, représenté en archer avec l'arc et la javeline, à peu près comme sur les dariques ou bien luttant contre un lion, et au revers, un personnage dans le costume sâtrapal, c'est-à-dire la tète enveloppée dans la mitra à fanons. Sur les pièces les plus anciennes, ce personnage, dans lequel on ne saurait mécon^
naître le roi vassal, le dynaste de Gilicie lui-même, est représenté en costume asiatique, à cheval, comme chef de la cavalerie cilicienne dont parle Hérodote; parfois aussi il est représenté agenouillé et tirant de l'arc. Plus tard, paraît son effigie coiffée de la mitra * .
Nous nous contenterons de désigner ainsi sommairement ces pièces parce qu'aucune ne nous paraît assez ancienne pour rentrer dans le cadre du présent volume. Le monnayage dynastique et satrapal en Gilicie ne paraît guère commencer avant le milieu du v« siècle, à moins que l'on n'attribue à quelque dynaste un certain nombre des pièces archaïques anépigraphes que nous allons décrire.
§ IL — Célendéris.
D'après la tradition, la ville de Gélendéris (KeXevSepC;) était d'origine asiatique et avait été bâtie par Sandacos, père de Cinyras *. Suivant la même légende, Sandacos passa de Gilicie à Ghypre où il fonda le temple d'Aphrodite à Paphos. Sandacos était un devin et se livrait à la science des aruspices. Voilà pourquoi, disait-on, dans les rites du temple d'Aphrodite paphienne, les entrailles des victimes furent un moyen de divination ^. Par là aussi on a voulu expliquer la présence du bouc ou de la chèvre comme type monétaire ordinaire à Célendéris *. Il vaut mieux croire, pense
1. E. Babelon, Les Perses Achéménides, p. 17 et pi. III, ûg. i et auiv.
2. Apollod., Il], 14, 3; cf. B. Ilead, Hist. numor., p. 600; Brit. Mus., Calai. Lycaonia, Isauria and Cilicia, Introd. p. xlvi.