Imhoof-Blumer, Annuaire cité, pi. V» fig. 9 et
MALLOS
Sur des variétés, de style moins ancien, on voit parfois, au revers, sous le V un |, et, d'autres fois, sous le r un globule ^
La déesse ailée qui parait sur les monnaies précédentes (n^* 905 à 912) a été appelée tour à tour Gorgone, Iris, Eirôné ou même simplement Niké '. Son véritable nom n'a pas encore été déterminé, non plas que le nom des autres personnages munis de deux^ quatre ou six ailes, et parfois de deux visages, qu'on voit sur les monnaies de Mallos et dont l'origine est certainement asiatique '.
Quel est le sens de ce bétyle conique ou ' pyramidal, type du revers de toutes les pièces ci-dessus décrites? Les bétyles, dans les traditions religieuses de TOrient, étaient des pierres tombées du ciel, des aérolithes, qu'on a, en raison de leur origine, considérées comme la personnification de diverses divinités. Ils affectaient différentes formes que nous montrent parfois les monnaies, telles que celles de Paphos, d'Emèse et d'Edesse. Le bétyle de Mallos était pyramidal.
Il se présente accompagné de deux symboles qui affectent la forme de colombes ou de grappes de raisin. Or, les anciens connaissaient la constellation des Pléiades, qu'ils appelaient, tantôt la constellation des Cohmbes (itsXeidtSeï;), assimilant les étoiles qui la composent à un groupe de colombes
1. Imhoof-Blumer, Annuaire cité, pi. V, flg. li ; B. Head, Lyeaonxa, etc. pi. XVI, 6.
2. Petersen, AthenUche MitthexL de Tlnstitut archéol., t. XI, 1886, p. 392; Max. Mayer, art. Iris, dans le Lexicon der Mythologie de Roscher; L. Milani, RÔmiscfie MiUheiL, V (1890), p. 99.
3. Sur ces figures ailées dans Tattitude de la course, voyez Raoul Rochette, Mémoires d'archéolope comparée, 1846, p. 67; E. Curtius, Die Knieenden Figuren der allgriechischen Kunst, 1869, in-4o.
TomeU.
volant en troupe ; tantôt, la constellation du Raisin (p^xpu^),. à cause de la forme de grappe de raisin que Tensemble de ce groupe d*étoiles paraît affecter par une nuit claire et sans lune. Voilà comment il se fait que les symboles qui accostent le bétyle ont tantôt la forme d'une grappe de raisin, tantôt celle de deux colombes dont le corps est granulé, semé de petits globules, c'est-à-dire formé d'étoiles.
Les constellations voisines des Pléiades, étaient celle ,du Deltoton ou de la tète du Taureau et celle des Hyades. Or, le nom AeXTCJT^v commence par un A ; voilà pourquoi, à côté des colombes ou des grappes de raisin, nous voyons sur les monnaies la lettre A renversée (V), de manière à se rapprocher le plus possible de la forme du triangle ou de la tète de taureau^ qui est celle que présentent les trois étoiles composant la constellation du Deltoton.
De l'autre côté du bétyle, se trouve un signe qui ressemble à un r» ou plutôt à une équerre. C'est probablement un upsilon couché, de même que le delta est renversé, et cet upsilon, Y, est l'initiale du nom des Hyades, 'rd$e;, constellation qui fait, comme les Pléiades et le Deltoton, partie du signe zodiacal du Taureau.
L'explication ingénieuse que nous venons de résumer est due à M. Svoronos*. C'est sans raison qu'elle a été contestée en bloc par M. Six * qui, non content de la repousser, a essayé de lui en substituer une autre. Au lieu de reconnaître un A {delta) sur les monnaies, Six propose d'y voir une
1. J. Svoronos, dans la Zeit. fUr Numism., t. XVI, 1889 et Bull, decorresp, hellénique, 1894, p. 101 et suiv. L'explication du f par rinitiale de TiScc peut paraître subtile et douteuse.