‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 448 sur 880 · A. de Sallet, loc. cil · texte numérisé non relu

A. de Sallet, loc. cil

8. Voyez ci-après au chapitre de la Béoliêy où nous décrivons les monnaies qui portent à la fois le nom et la roue de Ghalcis, et le bouclier béotien avec les initiales de Tanagra et du nom des Béotiens.

ÉRÉTRIE

quer les Béotiens sur lesquels ils remportèrent une victoire complète, leur tuant 700 hommes. « Le même jour, dit Hérodote ', les Athéniens franchirent brusquement le détroit de TEuripe, entrèrent dans Tile d'Eubée et combattirent les Chalcidiens; ils furent pareillement vainqueurs. »

Ghalcis fut presque entièrement détruite et les Athéniens se comportèrent vis-à-vis des vaincus, comme ils devaient plus tard se conduire vis-à-vis des Éginètes. « Ils expulsèrent de leurs propriétés les nobles de Ghalcis, les Hippobotes, firent arpenter à

nouveau le territoire et le répartirent, divisé en lots égaux, entre quatre mille Athéniens qui s'établirent à Ghalcis ^ » La ville qui gardait le détroit devint une colonie athénienne ; perdant son autonomie et toute importance politique, elle cessa de battre monnaie, au moins pour une longue période de temps. Les pièces qui précèdent sont, par conséquent, antérieures à Tan 507 '. Ghalcis, déchue de son ancienne splendeur, sous la domination athénienne, ne devait recouvrer ses droits monétaires que vers 370, au temps d'Epaminondas.

§ III. — Érétrie.

Fondée par des Ioniens qui d'Athènes passèrent en Eubée, Ërétrie fut de bonne heure, en même temps que Ghalcis, sa voisine, très puissante sur mer ^. Les Érétriens dominèrent sur un grand nombre d'îles égéennes, comme Andros, Ténos et Céos ^, et ils fondèrent, eux aussi, des établissements dans la Chalcidique. Nous avons dit plus haut que la possession de la plaine de Lélante qui séparait Ërétrie et Ghalcis, fut la cause, auxvm^et vii« siècles, d'une longue guerre dans laquelle Athènes, Gorcyre et Milet se rangèrent dans le parti des Érélriens •. Ges derniers, par reconnaissance, fournirent cinq vaisseaux à la flotte athénienne lorsque cette dernière alla au secours de Milet révoltée contre les Perses en 498.

Mais cette intervention des Érétriens causa leur perte. Lorsqu'on 490 l'armée perse commandée par Datis et Artapherne envahit la Grèce, elle résolut de punir Érétrie qu'elle emporta d'assaut au bout de six jours de siège et détruisit. La ville fut rasée et ses habitants déportés en Perse "'.

Ërétrie ne devait être rebâtie que beaucoup plus tard, sous l'hégémonie d'Athènes. L'année 490 clôt, en conséquence, la suite monétaire archaïque d'Ërétrie.

Il est vraisemblable que les monnaies de notre pi. XXXI, fig. 7 à 17 (no* 1057 à 1068) ont été, toutes, frappées à Erétrie — plutôt qu'à Athènes, — en vertu d'une association entre ces deux villes dont nous venons de signaler la communauté d'origine et l'alliance politique.

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