‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 453 sur 880 · Tome 1. M · texte numérisé non relu

Tome 1. M

CARTSTÔS

D'après la légende de la vache lo, Voiseau posé sur le dos de la vache (n^ 1069 à 1070^») serait Zeus métamorphosé en hirondelle de mer {sierna hirundo) . Cependant, il n'est pas rare de voir, dans certains pays, des oiseaux se poser sur le dos des grands animaux et chercher à s'y nourrir des parasites qui ont établi leur demeure dans le poil ou la laine ^ Nous verrons, à Mendé et à Dicœa de Macédoine, sa colonie, un type qui a quelque analogie avec celui des monnaies d'Ërétrie; nous avons donné aussi, aux /nce?'taines d'Asie-mineure (n^ 993), une drachme qui a pour type un veau sur le dos

duquel un oiseau béqti'ette des parasites. Il a été dit plus haut dans quelles circonstances, en 490, Erétrie fut brûlée par les Perses et ses habitants réduits en esclavage '. L'atelier monétaire fut fermé. Plus lard, il est vrai, après la défaite des Perses^ en 479, sous l'hégémonie athénienne, Ërétrie se releva de ses ruines; mais elle fut loin de reconquérir l'éclat qu'elle avait eu dans la période antérieure et elle ne put frapper monnaie tant qu'elle demeura dans la dépendance d'Athènes.

En vain elle se révolta en 445 ; ce fut seulementen41ique rEubée,ayantreconquisson autonomie, Erétrie put rouvrir son atelier.

§IV. — Carystos.

La ville de Carystos était au pied du mont Oché, célèbre pour ses carrières de marbre, à l'extrémité méridionale de l'Eubée, en face de Céos. Mentionnée par Homère, elle passait pour une vieille colonie de Dryopes '. Etienne de Byzance fait venir son nom de celui de Carystos, fils du centaure Chiron.

En 490, l'armée perse de Datis et d'Artapherne s'empara de Carystos *, qui cessa momentanément de battre monnaie. Mais, moins compromise qu'Ërétrie dans le parti athénien, elle futmoins maltraitée et se releva promptement, à tel point qu'elle fut une des villes dont Thémistocle tira des subsides après la bataille de Salamine ^.

Quelques années plus tard, nous voyons Carystos essayer de secouer le joug athénien ; mais elle dut s'incliner devant la force et demeurer l'alliée résignée d'Athènes».

Les premières monnaies de Carystos sont antérieures à la bataille de Marathon en 490. Le type de la vache allaitant son veau, qui rappelle les monnaies de Corcyre, est peut-être un emblème allusif au culte de Héra qui avait un temple primitif sur le mont Oché ^ Le taureau qui se gratte (no 1084) forme le pendant de certains types monétaires d'Ërétrie et en est inspiré.

Quant au coq, c'est un emblème parlant, le nom grec du coq, x^puÇ, xâpuÇ •, rap-

i. J.-A. Blanchet, dans la Revue belge de numism., t. LI, 1895, p. 165.

2. Hérodote, .VI, 100 et suiv.; E. Curtius, HiaL grecque, t. II, p. 235-236.

3. Homère, Iliade, II, 539; Thucyd., VII, 57;Diod. Sic, IV, 37; Scymnos, 576; Strabon, X, 6.

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