DÉNOMINATIONS
Talent (60 mines)
Double mine ou statère (200 drachmes).
Mine (100 drachmes)
Statère (didrachme)
Drachme
Obole
SYSTÈME BUBOIQUB
SVSTËMB EDBOIQUB
Plt£-S0L0IMB1I
SOLONIM
Cette surélévation pondérale au double^ des monnaies attiques eut pour but, comme nous le dit le Chapitre X de T'AÔr.vaiwv itoXtxeta d'Aristote, de donner à ces monnaies un poids supérieur à celui des monnaies phidoniennes d'Ëgine. Et en effet, tandis que le poids du statère d'Ëgine, au type de la tortue, était de 12 gr. 57 (évalué à Athènes à 12 gr. 22), on voit que le didrachme ou statère d'Athènes, dans la réforme solonienne, est porté à 17 gr. 46 *. Des monuments pondéraux d'Athènes antérieurs à rincendie des Perses en 480 et parvenus jusqu'à nous, concordent avec celte iblerprétation et la justifient ^.
Il est aisé de démontrer que les Athéniens, s'ils faisaient usage dans leur commerce quotidien, surtout pour leurs rap-
ports avec les étrangers, des monnaies et des poids phidoniens, ne frappèrent jamais de monnaies étalonnées suivant le système qui, d'Ëgine, se répandit dans une grande partie du monde grec. Toujours, les monnaies d'Athènes furent taillées dans le système euboTque, qu'on appela aussi euboïcoattique, puis attique, lorsqu' Athènes en fut devenue le principal foyer.
Les monnaies d'Athènes pré-soloniennes et soloniennes sont donc de poids euboique, ou si l'on veut, de poids euboïco-attique. Mais comme Solon ne toucha, en quoi que ce soit, au type des monnaies et que les pièces de cette époque sont anépigraphes, il est impossible de déterminer, parmi elles, celles qui ont été frappées avant Solon et celles qui sont postérieures à sa ré-
i. Nous avons vu plus haut les monnaies frappées à Érétrie, sous Tin/luence des Pisistratides qui introduisirent dans cette ville le système solonien. Ces monnaies donnent au didrachme indiqué par
deux globules, le poids normal de il gr. 46.
2. Voyez le présent Traité, Première Partie, t. II, et notre étude publiée dans le Joum. int. d*archéoL numiem.f 1904, p. 230*
LES MONNAIES PRÉ-S0L0NIENNS8 ET 80L0NIENNES
forme. Le grand législateur athénien ne changea que les dénominations des monnaies circulantes, ou, s'il adopta de nouveaux types, aucun indice ne nous permet do les discerner au milieu de tous les autres. Dans le tableau qui suit, les monnaies pré-solonicnnes et soloniennes sont donc nécessairement confondues. Voilà pourquoi nous avons dû laisser à toutes — en dépit de la réforme de Solon, — les dénominations qu'elles portaient avant cette réforme.
Depuis combien de temps avant Solon, l'atelier monétaire d'Athènes était-il ouvert? C'est ce qu'il est également impossible de dire avec précision. Cependant, si l'on remarque que la législation de Dracon où il n'est point encore question de monnaie métallique, mais de bestiaux, pour le paiement des amendes, se place vers 621 avant J.-C. *, on est certain d'être bien près de la vérité en plaçant le début de la monnaie athénienne vers 612. C'est donc dans la période de troubles qui accompagna et suivit l'attentat de Cylon, que la monnaie fait son apparition à Athènes '.
On a longtemps discuté sur Taltribution à Athènes du groupe que nous avons intitulé Monnaies pré -soloniennes et soloniennes.
i. E.Curtius, Hist. grecque, trad. Bouché-Leclercq, t. I, p. 384; G. BusoU, Griech, Geschichle, 2« éd., t. Il, p. 39, note 1 et p. 200. Ce fut Solon qui convertit en monnaie métallique les amendes flxées en bosufs et en moutons par les lois de Dracon (Pollux, Onom., IX, 61; Plutarque, Solon^ 23); mais lorsque Solon fit celte réforme législative, les Atliéniens avaient déjà depuis quelque temps l'usage de la monnaie.
2. Sur la date de raltenlal de Cylon que la plupart des critiques placent vers 612, voyez E. Curtius,//û/. grecque, trad. Bouché-Leclercq,t. I, p. 389, note; G. Busolt, Griech, Geschichle, 2» édit., t. I, p. 610. note 10 ;t, II, p. 204 et 206; Henri Lcchat, La sculpture altique avant Phidias, p. 130.
On a prétendu que ce fut Solon qui introduisit rétalon euboïque à Athènes et que les monnaies de la réforme solonienne sont les premières pièces aux types de la tète casquée d'Athénaau droit, et de la chouette au revers *. D'après M. Barclay Head, les Athéniens se seraient servi exclusivement jusqu'à Solon, de monnaies étrangères, — celles d'Ëgine au type de la tortue, — et le grand législateur athénien aurait inauguré vers 592, les chouettes athéniennes, dites d'ancien style. Cette théorie n'est pas recevable pour des raisons que nous exposons en traitant des caractères de la réforme monétaire de Solon ' et pour les considérations techniques que nous faisons valoir ci-après, au § 2 du présent Chapitre.
Mais si ces pièces à la tète d'Athéna et à la chouette ne sont pas de Solon, il ne nous reste plus, pour retrouver les monnaies pré-soloniennes et soloniennes, qu'à les chercher parmi les monnaies primitives de poids euboïque que les anciens numismates, Tabbé Barthélémy, Cousinéry, à la fia du XVIII* siècle ou au commcncemeat du XIX", puis Beulé et d'autres encore, proposaient de classer à Athènes, tandis que les savants plus récents se sont crus autorisés à les attribuer à différentes villes de l'Eubée. Ces pièces. sont aux types variés de la tète de taureau, de la tète de Gorgone, de la chouette, du cheval, de l'amphore, de l'osselet, de la triskèle, de la roue et quelques autres encore ; elles se rattachent toutes les unes aux autres par la forme de leur carré creux, leur style, le système pondéral, le cercle qui entoure le type, enfin leur provenance ordinaire.