H. Lechat, p. 125 (no
PISISTRATE
du Yi* siècle ^ Quel dommage que, parmi' elles, il ne se soit point rencontré de tête de Pallas-Athéna sans mutilation grave ! Les nombreuses A.thénas exhumées des ruines de TAcropole et dont les têtes sont bien conservées sont postérieures à 550; elles sont de Tépoque du marbre et de Tinfluence ionienne. Mais nous savons que Ton vénérait un vieux simulacre d'Àthéna Polias dans TÉrechthéion *, et que FHecatompédon antérieur à Pisistrate renfermait une statue anthropomorphe d'Athéna; le groupe sculptural en calcaire qui ornait Tun des frontons de ce temple représentait Athéna trônant, de face, entre Zeus et Poséidon ou Érechthée '. On peut croire que la tête des premières séries monétaires reproduit celle de la statue qui ornait la cella de THécatompédon.
Si le caractère original et autochtone de nos types féminins est frappant et si cette effigie d' Athéna, dans sa barbarie primitive, n'emprunte rien à Tart monétaire plus avancé des colonies grecques de la côte occidentale de TAsie-mineure, il est intéressant de relever, sous la plume des historiens de Tart antique, une appréciation analogue quant au caractère indigène des sculptures de la première moitié du vr siècle. « Ce qui résulte pour nous de Tétude très attentive de ces monuments, dit M. Perrot, c'est que la statuaire attique est autochtone, comme prétendait l'être le peuple qui habitait cette contrée. Elle n'a
point été importée du dehors, et pendant les premières phases de cette vie laborieuse et de ces progrès continus qui devaient aboutir à un si brillant essor du génie plastique, elle n'a subi aucune influence étrangère ^ »
On pourrait caractériser dans les mêmes termes nos types monétaires qui, ainsi, méritent de concourir à cette reconstitution de l'histoire de l'art attique, tentée de nos jours par plusieurs savants avec les débris de l'incendie des Perses en 480.
Mais ce caractère rudimentaire et personnel de la monnaie athénienne ne se prolonge pas longtemps. Les Athéniens vont bientôt faire appel à l'expérience artistique de graveurs formés dans les écoles de l'Asie-mineure ou des îles, de même que, dans la grande sculpture ils vont s'attaquer au marbre, se mettre à l'école des sculpteurs ioniens les plus renommés et les faire venir chez eux.
« Il y a lieu, dit encore M. Perrot *, d'établir une distinction très tranchée entre le premier archaïsme attique et l'art qui lui succéda, celui qui, dans une Athènes mêlée à toutes les affaires de la Grèce et largement ouverteaux souffles du dehors, s'approprie les procédés dont usaient déjà les maîtres de rionie ainsi que ceux du Péloponnèse et s'inspire des types qu'ils ont créés. »
C'est à partir du milieu du vi* siècle, lors de l'agrandissement de l'Hécatompédon par les Pisistratides, que ces influences extérieures commencent à s'exercer sur la
i. M. GoUignon, op. ct7., p. 245. Le moscophore qui est en marbre, est antérieur à 550. H. Lechat, La sculpture attique avant Phidias, p. 129.