H. von Fritze, Ze«. /ïlriVttm.,1897,t. XX, p
MARATHON
M. Lermano ^ qui revient à Topinion de M. Howorth et se proDonce pour Tan 480.
Pour trancher une question aussi controversée et aussi délicate, il est manifeste qu'on ne saurait, comme Font fait la plupart des auteurs, s'en rapporter à Timpression que peut causer Texamen direct des monoaies, au point de vue artistique. Il faut avoir recours à d'autres arguments, en particulier à Texamen attentif des trouvailles dont Tenfouissement peut être daté avec précision.
Nous avons déjà fait allusion à un lot de 300 dariques et de 100 tétradrachmes athéniens, qui fut trouvé, vers 1839, dans le canal que Xerxès fit creuser au pied du mont Athos pour le passage de sa flotte '. Ce trésor appartenait vraisemblablement à l'armée de Xerxès qui envahit la Grèce. Les dariques qui le composaient n'ont pu être frappées que sous Xerxès ou sous son père Darius, fils d'Hystaspe. Elles ne sauraient appartenir aux rois successeurs de Xerxès ; Texamen de ces dariques nous a ainsi aidé à différencier les effigies monétaires de Darius et de Xerxès '.
Mais, pour les 100 tétradrachmes athéniens trouvés en même temps, et qui par conséquent, étaient, eux aussi, antérieurs à 480, ils se sont trouvés dispersés sans que, malheureusement, on nous les désigne autrement que comme étant des tétradrachmes de style archaïque. Il y a pourtant une exception. Beulé a fait dessiner
Tun de ces tétradrachmes '. Mais la pièce n'est pas de fabrique athénienne, ainsi que Beulé Ta bien reconnu. C'est une imitation orientale de la monnaie athénienne, si bien que Beulé et Fr. Lenormant se sont demandé si Xerxès n'avait point fait frapper des monnaies au coin athénien afin de s'assurer des relations plus faciles avec les pays qu'il allait parcourir.
Il n'est pas nécessaire d'avoir recours à une semblable conjecture. Nous savons que dès le temps de Xerxès la monnaie d'Athènes pénétrait en Orient et commençait à y être imitée : des trouvailles faites à Naucratis et sur d'autres points du delta du Nil en fournissent la preuve *. La tête d'Athéna, sur ce tétradrachme d'imitation orientale, a le casque ceint d'une couronne d'olivier. Il est donc certain par là que le prototype athénien, imité au temps de Xerxès, avait la couronne d'olivier. Par conséquent, si l'enfouissement du trésor dans le canal creusé par Xerxès a réellement eu lieu en 480, comme tout porte à le croire, la conclusion qui s'impose, c'est que le type de la tête casquée d'Athéna ceinte d'une couronne d'olivier a fait son apparition à Athènes un certain temps avant 480.
En 1886, on a fait, sous des débris sculpturaux, dans les ruines de l'Acropole d'Athènes, entre l'Erechthéion et le mur septentrional de la citadelle, une trouvaille monétaire dont nous avons reproduit plusieurs spécimens sur notre pi. XXXIV, fig.