‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 490 sur 880 · Tome n · texte numérisé non relu

Tome n

niens frappèrent une grande pièce exceptionnelle, le décadrachme, du poids de 43 gr. 60, que l'on connaît seulement en une demi-douzaine d'exemplaires. Celte pièce, qui est ainsi, à la fois, une monnaie et une médaille {Schaumûnzef Denkmûnze)^ a pour type du droit la tête d'Athéna, d'un style manifestement plus avancé que celui des monnaies d'Hippias, le casque orné des trois feuilles d'olivier et le timbre décoré de la tige sinueuse qui se termine au-dessus de l'oreille par un fleuron épanoui.

Les cheveux de la déesse sont arrangés en bandeaux sur le front; l'œil est de face, allongé en amande, rappelant celui de certaines statues de corés que l'on considère comme peu antérieures à 480 *; l'oreille trop grande a pour pendant, non point un globuleénorme comme sur le tétradrachme, mais un délicat bijou allongé en larme avec deux perles à la base, touchant l'agrafe. Au revers, la légende est rétrograde, SOA. Le type de la chouette est différent de celui du tétradrachme : c'est une chouette étalée de face et non de profil; les ailes éployées, elle plane dans l'espace, au zénith, protégeant l'armée athénienne pendant la bataille; dans le champ à gauche, une pousse d'olivier composée d'un fruit entre deux feuilles. Sur le décadrachme il n'y a pas trace du croissant qui, au contraire, figure toujours derrière la chouette sur le tétradrachme.

Nous ne pousserons pas plus loin l'analyse de cette admirable et imposante médaille commémorative qui parait bien avoir été frappée pour éterniser la grande vic-

1. Comparez, par exemple, la coré dédiée à Athéna par Euthydicos. M. Collignon, Hist. de la sculpt. grecque, t. I, p. 356, pi. VI, fig. 2.

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toire de Marathon. Outre le décadrachme triomphante et couronnée, le tétradrachme, on frappa, au type nouveau de la Vierge le didrachme, la drachme et ses divisions'.

1141. — Tête d'Alhéna à droite, l'œil de face, les cheveux arrangés en bandeaux ondulés sur les tempes et relevés en chignon sur le cou ; elle a de petits pendants d'oreilles et un collier de perles ; le casque est orné sur le devant, de trois feuilles d'olivier et sur le timbre, d'une branche sinueuse terminée en fleuron.

^. A0E. Chouette de face, les ailes éployées; dans le champ à gauche, la pousse d'olivier.

iR 37; décadrachme attique [Berlin) PI. XXXV, fig. 8 K

1142. — Variété : exemplaire frappé avec un coin ébréché, au droit, sous le menton de la déesse, 43 gr. 03 [Luynes] PL XXXV, fig. 11.

H 43. — Autres variétés : 42 gr. 70, cisaillée [Londres) ; 40 gr. 04 [Rhousopoulos) *.

1144. — Tête d'Athéna à droite, l'œil de face, les cheveux arrangés en bandeaux sur les tempes et relevés sur le cou, ayant des pendants d'oreilles ronds et un collier de perles, le casque orné des trois feuilles d'olivier et de la branche fleuronnée.

^' A0E. Chouette adroite, regardant de face ; dans le champ à gauche^ le croissant et la pousse d'olivier. Carré creux. iR 25; tétradrachme att., 17 gr. 18 [Paris) PI. XXXV, fig, 18.

1145. — Variétés [Paris) PL XXXV, fig. 14, 15 et 16.

1146. — Même tête casquée d'Athéna.

Ç^. A0E. Chouette à droite regardant de face ; dans le champ à gauche, la pousse d'olivier, en grande partie dans le champ circulaire, hors du carré creux. iR 19 ; didrachme att., 8 gr. 55 [Luynes) PL XXXV, fig. 12.

Il y aurait des comparaisons fort inlé- synchronismes de Fart, entre les types ressantes à proposer, aU point de vue des athéniens que nous venons de décrire et

1. Voyez, par exemple, Bri/. Mi«. Ca/a^ i4//icû, demi-douzaine d'exemplaires authentiques. Dclpl. III, 5 (tétradrachme); pi. IV, 4 (didrachme); becke, Revue belge de numism., t. XL VIII, 4892, iViim. C^ron., 1895, pi. VII, 11 (drachme). p. 428; Auctions-catalog (coll. Rhousopoulos),

2. J. Friedlœnder, Zeit. far Num., t. IV, p. 5. J. Hirsch, expert (Munich, 1905), n» 1965 etpl.XXlV;

3. B. Head, AUica, p. 6, n» 40, et pi. III, 1. On Fr. Lenormant, Catal. Behr, p. 37, n» 201. connaît, du décadrachme d'Athènes, environ une

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les monnaies qui furent frappées vers la même époque dans d'autres pays grecs ^ Nous ne citerons qu'un exemple. On sait, qu'en 480, après la victoire d'Himère remportée par Gélon P% roi de Syracuse, sur les Carthaginois, on Trappa exceptionnellement à Syracuse une grande pièce, un décadrachme, appelé Démaréiion du nom de la femme de Gélon ^. Ce magnifique médaillon qui célèbre une victoire éclatanle remportée en Sicile le même jour, dil-on, que la bataille de Salamine, a au droit, la tête d'Aréthuse ceinte d'une couronne de laurier; au revers un quadrige, au dessus duquel vole Niké ; à l'exergue, le lion africain, symbole de Garlhage vaincue '.

Si Ton compare, au point de vue du style, le décadrachme d'Athènes, de dix ans antérieur au décadrachme syracusain, OQ reconnaîtra que ce dernier est artistiquement plus avancé. En outre, l'art grec à Syracuse était plus Rn, plus délicat, plus raffiné qu'à Athènes. Il y a plus de rudesse, nous dirons presque quelque chose de farouche encore dans la pièce athénienne ; quelque chose de plus gracieux, de plus souple, de plus spirituel dans la pièce syracusaine. Et pourtant, on remarque dans Tune et dans l'autre, toujours l'œil de face et allongé, le sourire naïf au coin de la bouche, bien qu'il soit moins accusé dans la pièce syracusaine.

La monnaie athénienne est manifeste-

i. W. Lermann a entrepris de passer en revue non seulement toutes ces monnaies contemporaines, mais les autres monuments, tels que les vases peints de la même période, sur lesquels se trouvent des figures présentant des analogies caractéristiques. Lermann, Die Athenatypen^ p. 35 et suiv.

2. Diod. Sic, XI, 26, 3; £. Babelon, Traité des monn. gr. et rom,, Première partie, t. I, p. 472.

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