‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 493 sur 880 · MÉGARE · texte numérisé non relu

MÉGARE

puisqu'elle avait un bon port et que toutes les routes qui se dirigeaient du Péloponnèse sur le continent étaient forcées de se rejoindre dans ses murs.

C'est pour cela que, dès le vnp siècle, nous voyons Mégare essaimer et établir des colonies sur toutes les côtes. En 728, les Mégariens fondent en Sicile, Mégara Hyblœa, puis Sélinonle. En 712, ils colonisent Astacos, sur la côte de Bithynie ; en 675, Gyzique sur la Proponltde ; en 674, Galchédoine sur la rive asiatique du Bosphore ; en 657 enfin, Byzance, sur la rive européenne, en face de Galchédoine.

Le tyran de Mégare, Théagène, qui florissait vers 630 avant notre ère, et qui donna sa ûlle en mariage à Gylon TAthénien, embellit la ville, notamment par la construction d*un aqueduc qui existait encore au temps de Pausanias ' et il y développa les arts et les lettres. On lui érigea plus tard, sur Tacropole, une statue de bronze qui est signalée par Pausanias *. Après lui, Mégare et Athènes se trouvèrent engagées dans une sanglante rivalité. La possession de Salamine qu^elles se disputaient, fut acquise à Athènes par suite d'un stratagème littéraire de Solon •.

Par tous ces détails on voit que Mégare se trouvait, au vi« siècle, en situation d'avoir un atelier monétaire aussi bien qu'Egîne, Athènes, Chalcis, Ërétrie ou Corinthe. En traitant des monnaies primitives d'Athènes antérieures à Solon, nous avons décrit un groupe considérable de pièces qui ont pour type une roue (ci-dessus, n^' 1102 à 1108 et pi. XXXIII, fig. 14 à 20). En 1898, M. Svoronos a essayé de démontrer que ce

groupe de pièces primitives appartient non pas à Athènes, mais à Mégare ' . Les arguments que fait valoir M. Svoronos sont les suivants :

1® Mégare était, aux vn*-vi* siècles, une ville très florissante qui a dô avoir des monnaies aussi bien que les villes voisines : jusqu'ici on ne lui a point attribué de monnaies archaïques. — 2o Les trouvailles isolées des pièces à la roue indiquent Mégare aussi bien qu'Athènes comme lieu d'origine; on les rencontre assez fréquemment en Mégaride et en Attique; elles sont tout à fait rares en Eubée. — 3* Plus tard, lorsque les colonies de Mégare, comme Galchédoine et Mesembria, commencent à battre monnaie, elles adoptent pour type monétaire, la roue de leur métropole. Ge dernier argument surtout ne saurait manquer de frapper, et l'on pourrait citer, à l'appui, l'exemple de nombreuses colonies qui adoptent le type monétaire de leur mère-patrie.

Il est donc possible que les pièces primitives à la roue appartiennent à Mégare, ou plutôt qu'un certain nombre d'entre elles soient mégariennes. Nous avons distingué, plus haut, trois espèces de roues (voyez ci-dessus, p. 713); un ou deux de ces groupes sont peut-être mégariens. Toutefois, ne perdons pas de vue la forme identique de tous les carrés creux du revers de ces pièces, ce qui indique sinon un même atelier, du moins des ateliers étroitement unis par une alliance monétaire.

Si ces pièces à la roue sont, au moins en partie, de Mégare, il faut constater qu^à leur suite, cette ville n'a plus de monnaie,

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