‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 541 sur 880 · PSOPHIS · texte numérisé non relu

PSOPHIS

bourgade, n'a dû frapper que de petites divisions nionétaires, l'obole ; — S^le type ordinaire de Phénée est Hermès portant le caducée ; on n'a pas de monnaies de cette ville anlérieures aux guerres Modiques, ce qui paraît surprenant. En lui attribuant la trité anépigraphe, Phénée aurait ainsi des monnaies dès le début du v« siècle, sinon même dès la fin du vi". — Mais je ne vois point, pour ma part, la nécessité de recourir à cette hypothèse de Six . La légende OAAI indique la patrie de l'obole ; les types, le style, l'aspect général, le poids rapprochent les deux pièces n** 1243 et 1244 et autorisent à penser qu'elles sortent du même atelier, Thaliadœ. Si ce dême rural

n'a plus de monnaie après le premier quart du v« siècle ; si, d'autre part, F^hénée ne commence à batlre monnaie au même type d'Hermès, qu'à partir des guerresMédiques, une conclusion paraît s'imposer : c'est que Phénée aura remplacé Thaliadœ comme importance et comme centre commercial.

Thaliadœ aura été absorbée par Phénée.

Qui sait même si, comme cela s'est passé souvent, les habitants de Thaliadse, pour une cause inconnue, de gré ou de force, n'auront pas été transportés à Phénée pour renforcer cette dernière ville. La formation de villes comme Héraea, Mantinée, Mégalopolis, Argos, et tant d'autres du Péloponnèse, rend cette conjecture très acceptable.

§ IX. — Psophis.

Psophis (Vwot;, gén. ^(ooTooç), dans la région nord-ouest de l'Arcadie, aujour d'hui Tripotamo, au sud de Patras, était la capitale du petit canton appelé ^"tocpiSta. Elle se trouvait à proximité du confluent de TAroanios et de l'Erymanthe et c'est dans son voisinage que la légende plaçait le combat d Héraclès avec le sanglier de l'Erymanthe. Certaines traditions affirmaient que la ville avait été fondée par Psophis, arriôre-petit-fils d'Arcas; d'autres

prétendaient que. Psophis était une nymphe, fille d'Eryx, roi de Sicile. Elle fut aimée d'Héraclès qui l'enleva et la cacha à Phêgia, ville qui prit, depuis lors, le nom de Psophis. Voilà pourquoi il y avait à Psophis un temple d'Aphrodite Ërycine comme à Eryx, en Sicile *.

Les plus anciennes monnaies de Psophis ne sont guère antérieures à la défaite des Perses en 480. Nous donnons par conséquent, ici, seulement la tête de la série.

1245. — Cerf bondissant à droite.

I^. Poisson placé en diagonale dans un carré creux limité par un grènetis. ^ 12 ; létrobole éginél., 3 gr. 98 [Londres) PL XXXVIII, fig. 29 ^

1246. — Cerf bondissant à droite.

I^. Poisson en diagonale dans un carré creux limité par un grènetis. ^«.10; Irihémi-obole éginét., 1 gr. 40 [Berlm) PL XXXVIII, fig* 28'.

1. Pausanias, VIII, 24. 3. Imhoof-Blumcr, Zeit. fiir Nwm., t. I, p. Ii7,

2- I*. Gardner, Peîopotinesus, p. 198, n» 1 et W \ et pi. IV, i, pi. XXXVI, 18.

875 psoPHis 876

1247. — Prolomé de cerf bondissant à gauche.

I^. Poisson en diagonale dans un carré creux; dans le champ, un autre poisson très petit.

iR 10 ; obole éginét., 0 gr. 88 [Londres) PL XXXVIII, fig. 26 *.

1248. — Protomé de cerf bondissant à droite.

Çt. XO. Poisson à droite; dessous un gland. Le tout dans un carré creux bordé de denticules.

iR 11 ; obole éginét., 0 gr. 80 [Paris) PL XXXVIII, fig. 23,

1249. — Protomé de cerf bondissant adroite.

I^. XO. Poisson en diagonale dans un carré limité par des denticules. Carré creux au pourtour.

iR 10 ; obole égin., 0 gr. 98 [Berlin) PL XXXVIII, fig. 25 ».

1250. — Protomé de cerf bondissant à droite.

I^. XO (rétrograde). Poisson à gauche; dessous, un gland. Le tout dans un carré creux à bords dentelés.

iR 11 ; obole éginét., 1 gr. 01 [Berlin) PL XXXVIII, fig. 24 '.

1251. — Variétés : 0 gr. 90 [Berlin) » ; 0 gr. 88 [Londres) \

1252. — Protomé de cerf bondissant à droite.

I^. XO. Poisson adroite; dessous, un foudre. Aire creuse circulaire. iR 11 ; trilémorion éginét., 0 gr. 75 [Paris) PL XXXVIII, fig. 27; — autres, 0 gr. 74 [Luynes) ; 0 gr. 80 [Berlin) *.

Les premières monnaies sont anépigra- de chaque côté du poisson (n®" 1248 à

phes (n» 1245 à 1247); leur flan est épais, 1252). EUes sont suivies^ après le milieu du

le carré creux très accentué; ces petites v® siècle, de pièces aux mêmes types qui

pièces sont vraisemblablement un peu anté- portent la légende plus complète yO<t>l ^

rieures à 480. Viennent ensuite celles qui plus tard, on a yO<t>IAION '•

ont les deux lettres initiales y-0> placées Sur les n®' 1248 à 1252, la forme de la

\. Percy Gardner, Peloponnesus, p. 198, n- 2 et 5. Percy Gardner, Peloponnesus, p. 198 cl

pi. XXXVI, 19. pi. XXXVI, 20 (au lieu du gland, on a cru rccon-

2. Inihoof-Blumer, ZeiL fUr Numism., t. T, p. ii8, naître un cuisseau de cerf.)

n" 7 et pi. IV, 2. 6. Imhoof-Blumer, ZeiL fur Num,, t. I, p. 119,

3. Imhoof-Blumer, Zeit. fUr Ntim,, t. 1, p. 119, n" 11 et pi. IV, 4.

n» 9 et pi. IV, 3. 7. Inihoof-Blumer. ZeiL /ïlr Ni/m., t. I, p. U9,

4. Imhoof-Blumer, Monn, grecques, p. 206, n« 260 n* 12 et pi. IV, 6 b.

et pi. E, 14. 8. B. Hçad, HisL mmor., p. 379.

cleîtor

letlrey eslparliculièremenl remarquable; on a X et quelquefois X* Celte dernière forme se rencontre en Locride, à Corinlhe, dans plusieurs lies de la mer Egée et dans Talphabet ionien àM'époque archaïque '.

Quant au type du cerf ou de la biche cornue, c'est dans la légende d*Héraclès qu'il convient d'en chercher Tinlerprétation : le nord de FArcadie fut le théâtre d'un grand nombre des exploits d'Héraclès. C'est en particulier dans celle région que la légende place la poursuite par Héraclès de la biche Cérynile, aux cornes d'or et aux pieds d'airain, symbole de l'Artémis lunaire ; la biche se réfugia dans un temple d'Artémis, puis sur les bords du Ladon où le dieu finit par la saisir ^. C'est la biche . cornue Cérynile fuyant Héraclès que nous reconnaîtrons sur les monnaies de Psophis.

Le poisson qui, d'une manière constante, figure au revers de ces monnaies, trouve aussi son explication dans les légendes

locales. Nous avons dit tout à Theure que Psophis était voisine du confluent de l'Érymanthe avec TAroanios. Or, Pausanias donne sur les poissons de l'Aroanios des renseignements singuliers qui nous avertissent de la place de ces poissons dans la mythologie locale. <c L'Aroanios, dit-il; nourrit différentes espèces de poissons, et entre autres, ceux qu'on nomme les Pœciliœ (iroixîXtat, poissons de diverses couleurs, mouchetés). Ils ont, à ce qu'on dit, un chant semblable à celui de la grive. J'en ai vu hors de l'eau, mais je ne les ai jamais entendus chanter, quoique je sois resté pour cela sur les bords du fleuve jusqu'au coucher du soleil. C'est à ce qu'on prétend, l'heure à laquelle ils chantent le plus ordinairement '. » Ce que nous devons retenir de cette fable, c'est que les poissons de l'Aroanios jouaient un Tôle dans les légendes locales; de là, leur présence au revers des monnaies ^.

§ X. — Cleitor.

Pausanias place Cleitor (KXefxcop) à 60 stades des sources du Ladon, entre les deux autres villes arcadiennes de Phénée et de Psophis*. Elle prétendait avoir été fondée par Cleitor, petit-fils d'Arcas.

Cleitor eut un atelier monétaire dès le premier tiers du v* siècle ; c'est, en effet, à cette ville qu'on doit attribuer la petite pièce suivante connue en un certain nombre d'exemplaires.

1. Fr. Lenortnant, art. Alphahelum^ dans le Diciionn. des Anliq, gi\ et rom, de Daremberg et Saglio, p. 201.

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