E. Babelon, f^s Perses Achéménides, Introd
p. XXVII.
3. Lenormant, La monnaie dans Vantiquilé, t. H, 81-82. « ]l semblerait donC| dit Lenormant, que
Ton pourrait être en droit de tenir semblable forme de légende (en-IKON) comme étant, dans la Grèce propre, indicative des monnaies non plus nationales, mais sacrées, frappées avec les richesses métalliques qui affluaient dans les caisses de certains temples; car Tabsencc de toute vie politique à Olympie, cité purement religieuse, dépendant d'Elis depuis la ruine de Pise, ne permet pas d'attribuer un autre caractère à sa monnaie, »
ÉLIS ET OLYMPIE
question ont bien une origine religieuse et doivent être considérées comme des monnaies émises avec les revenus des temples, elles avaient, en outre, un autre caractère qui se combine avec celui-là. Ces monnaies étaient relatives «lux jeux publics; elles furent frappées à Toccasion de ces jeux avec les trésors du temple de la divinité en Thonneur de laquelle les jeux étaient célébrés. Elles ont le double caractère de monnaies religieuses et agonistiques.
Celles qui ont OAYNPIKON, APKAAl- KON, OnKIKON ou AAAOIKON, ont été frappées à l'occasion des fêles et des jeux olympiques, arcadiquesetdelphiques célébrés en l'honneur de Zeus Olympien, de Zens Lycaios et d'Apollon. Les adjectifs '0Xuvi:ix'5v, 'ApxaSixov, AaX<ptx(5v, 4>a)xtxov, ne doivent pas être complétés par v6[jii<T(ia, terme relativement récent en grec, puisque dans la littérature on ne le rencontre pas avant le milieu du V siècle, mais il faut considérer VoTnia^on de la terminaison -IKON comme élant un 0 long^ remplaçant Tome^ra, et compléter par àywvwv ou oieXwv. La formule monétaire, suivant Tingénieuse interprétation de M. Lambropoulos, est donc celle-ci : 'OXuvirtxwv àytj&vwv (ou aôXwv) cnifia (itaïjjia, x(Sp.{xa, ^apax-nip). — 'Apxaôixwv, ^wxixwv, AaX<pixa>v ày^viov (ou àÔXiov) arifia (itaT{ia,
Cette interprétation se trouve en corrélation avec le statère d'Éphèse qui a la formule complète : *avvo; elfii cr^fia *. Elle ra,ppelle en même temps la fameuse mon- DSLÎe de Métaponte frappée à Toccasion des jeux de TAchélous célébrés dans cette ville, et qui porte en caractères archaïques:
i - Lambropoulos, Zeii. fur Sum., t. XIX, p. 210. 2- Voyez ci-dessus, p. 58 à 66 et 860.
c'esl-à dire, suivant M. Lambropoulos, non pas ôlCXov avec un o bref, mais aôXov pour aOXcov, avec oméga, par analogie avec la formule des amphores panathénaïques, données en prix dans les jeux et qui portent d'abord : hO^OA Ha03»130A HOT, et plus tard : TflN A0HNHOEN AOAflN *.
L'interprétation par un génitif pluriel donnée à nos légendes monétaires présente en outre la garantie de se trouver conforme à Tusage le plus général des légendes des monnaies grecques qui ont le génitif pluriel du nom du peuple ou des habitants de la ville. C'est pour la même raison qu'on doit considérer comme un o long Tomicron des légendes comme Foc- Xetôv, Apyetov, Supaxoatov, Aeovttvôv, Kvi8i<5v, Ecpejtov, Maôu[xvat($v, Aapwatov, etc, qui SOnt pour FoXetwv, 'Ap^e^wv, Supoxoafwv, AeovTÎvwv, Kvi8i(ov, Eçecitiov, MaOojjivadov, Aapiaatwv, puisqu'avec le temps, ces dernières formes (avec oméga) se substituent partout aux premières.
Si les monnaies à la légende OAYN- TTIKON ont été ainsi frappées par les soins des Hellanodices, présidents des jeux olympiques, il reste pourtant encore un point obscur à élucider. Pourquoi les deux premières pièces (n" 1254 et 1255) portentelles seules la légende OAYNniKON, tandis que celles qui vont suivre (n®* 1256 et suiv.) et dont le caractère agonistique est non moins évident, ont la légende FAAEION?0n ne pourrait donner, de ce changement, une raison politique, car la révolution qui substitua, à Élis^ le régime démocratique à celui de la tyrannie est, comme nous Favons vu, de Tan 472, et les
i. Lambropoulos, ZeiL fur Num., t. XIX, p. 212.
893 ÉLIS ET ÔLYMPÎE 896
premières monnaies à la légende FA ou pagne, légende provoquée par Vérection,
FAAEION sont antérieures à cette date. Je à Olympie^ de la statue de Zeus que nous
suis porté à croire qu'il faut voir simple- présentent les monnaies et qui, nous
ment dans OAYNTTIKON une légende ex- Tavons conjecturé, est peut être Fœuvre
ceptionnelle comme le type qu'elle accom- d'Aristonoos.
Groupe B. — Monnaies à la légende faXewJv.
1256. — Aîgle volant à droite, tenant dans son bec et ses serres un serpent enroulé autour de lui.
IJt. F— A- Foudre muni de quatre ailes, deux d'entre elles enroulées en volutes, les deux autres développées en éventail. Aire creuse circulaire.
iR 21 ; stat. éginét., 1 1 gr. 81 [Londres) PL XXXIX, fig, 3 *.
1237. — Aîgle volant à gauche, tenant dans son bec et ses serres un serpent enroulé autour de lui.
^' F— A. Foudre muni de quatre ailes; deux d'entre elles sont enroulées en volutes, les deux autres, développées en éventail. Aire creuse circulaire. JR. 24; drachme éginét., 5 gr. 79 [Paris) PL XXXIX, fig. 4.
1238. — Aîgle volant à droite, tenant dans son bec et ses serres un serpent enroulé autour de lui.
^' F— A. Foudre muni de quatre ailes; deux d'entre elles sont enroulées en volutes, les deux autres, recoquillées. Aire creuse circulaire. JR. 23; stat. éginét., 12 gr. 37 [Luynes) PL XXXIX, fig. 5,
1239. — FAAEIOM. Aigle volant à gauche, tenant dans son bec et ses serres un serpent enroulé autour de lui.
IJt. A— =l. Niké, les ailes éployées, marchant à droite à pas précipités, relevant de la main droite les plis de sa robe et tenant de la main gauche avancée une couronne. Aire creuse circulaire.
iR 18; stat. éginét., 12 gr. [Londres) PL XXXIX, fig. 6. ^
1260. — Aigle volant à gauche, tenant dans son bec et ses serres un aigle enroulé autour de lui.
i. p. Gardncr, Peloponnesus,^. 58, n» 3 et ph X, 3. 2. P» Gardner, Pelopon,, p. 58, n« 5 et pi. X, 4.
ÉLIS ET OLYMPIE
^. F-A. Niké, les ailes éployées, marchant à gauche, à pas précipités, relevant de la main gauche baissée les plis de sa robe et tenant de la main droite avancée une^couronne. Aire creuse circulaire.
JSL 26; slat. éginét., H gr. 67 {Luynes) PL XXXIX, fig. 7.
1261 . — FAAEI. Aigle, les ailes éployées, de face (ou volant à gauche, si Ton place la légende verticalement, de bas en haut).
^. F— A. Niké, les ailes éployées, marchant à droite, à pas précipités, relevant de la main droite les plis de son chiton et tenant de la main gauche avancée, une couronne.
iR 14 ; triobole éginét., 2 gr. 95 [Londres) PL XXXIX, fig, 8 *.
L'Ëlide étant consacrée à Zeus et tenant toute sa renommée des jeux célébrés au sanctuaire de Zeus Olympien, ses monnaies ont pour types, d'une manière générale, soit Zeus lui-même, soit des symboles relatifs à ce dieu ou allusifs aux jeux qui avaient lieu en son honneur. Or, Zeus à Olympie était honoré sous un double aspect : en premier lieu, comme dieu du ciel ou maître des éléments, d'où ses épithètes de 6éTio; et de xaTst^dkr,;, le dieu qui fait descendre la pluie, qui lance la foudre; en second lieu, comme dispensateur de la victoire, surtout de la victoire dans les jeux '.
Le symbole le mieux approprié au dieu des éléments est le foudre ; aussi le foudre, sous des aspects multiples, est-il Tun des types ordinaires des monnaies d' Elis (n^* 1256 à, 1258). On le voit muni d'ailes recroquevillées ou droites, abaissées ou éployées, entouré de flammes ou de traits en zigzags qui imitent les carreaux de la foudre, accompagné de branches terminées en volute ; les spécimens les plus anciens reproduits sur notre pi. XXXIX, n'offrent que quelques-unes de ces particularités.