TANAGRE
1362. — Bouclier échancré (sans lettres).
^. SOI (rétrograde), dans trois des compartiments d'une roue à quatre rais. Le tout dans un cercle incus.
iR 19; statère éginét., 12 gr. 20 {Paris) PL XLI, flg. 29.
1363. — Bouclier béotien, sur le marli duquel on voit, d'une part, un petit T, et sur le bord opposé les lettres H->-
I^. SOh dans trois des compartiments d'une roue à quatre rais. Le tout dans un cercle incus.
M 19; statère éginét., 12 gr. 09 {Londres) '.
1364. — Bouclier béotien sur le marli duquel on lit la lettre T.
^ S-0, dans deux des compartiments d'une roue à quatre rais. Le tout dans un cercle incus.
iR 19 ; statère éginét., 12 gr. 29 {Londres) *.
1365. — Bouclier échancré. — ^i. Carré creux dans lequel est la lettre B. M 8; obole égin., 1 gr. et 0 gr. 83 {Londres) \
3. — Monnaies au revers de la roue, avec le seul nom de Tanagra.
No 1366.
1366. — Bouclier béotien ; dans l'une des échancrures, la lettre T. ^i' Roue à quatre rais dans les intervalles de deux desquels. H— > .
1. B. Head, Num, Chron., 1881, p. 197 et pi. I, Central Greece, p. 60, n» 10 et pi. IX, 12. U; Central Greece, p. 60, n» 9 et pi. IX, 11. 3. B. Head, Central Greece, p. 34, n« 15 et 16 et
Z, B. Head, Num. Chron., 1881, p. 197 et pi. 1, 15; pi. V, 6; Num. Chron., 1881, p. 197.
TANâGRB
iR 19; slat. éginél., i2 gr. 13 [Londres) *.
1367. — Bouclier béotien dans les échancrures duquel les lettres H— ^2C. I^. Roue à quatre rais, dans un carré creux.
iR 19; statère éginét., 11 gr. 92 [Londres) \ variété, 11 gr. 83 [Londres) ^
1368. — Bouclier béotien (sans lettre).
Çt. Roue à quatre rais, dans les intervalles de deux desquels, les lettres A— T. iR 19 ; slat. éginél., 12 gr. i3 [Londres) \
1369. — Bouclier béotien sur le marli duquel on lit, aux deux bouts, les lettres T et T — Çt. Roue à quatre rais (sans lettre). Carré creux.
iR 19; stat. éginét., 12 gr. 05 [Londres) *.
1370. — Bouclier béotien, dans les échancrures duquel les lettres h— h. Ç^. Roue à quatre rais, dans un carré creux.
iR 12 ; triobole éginét., 2 gr. 93 [Londres) \
No 4371.
1371. — Bouclier béotien; dans une seule échancrure, la lettre H.
I^. Roue à quatre rais, dans deux des intervalles desquels, les lettres T— A.
iR 12; triobole éginét., 3 gr. 08 [Londres) V
Les deux groupes de monnaies au revers de la roue (n«" 1359 à 1365 et 1366 à 1371) appellent d'importantes observations et doivent être rapprochés des monnaies de Ghalcis au même type. On a dit, plus haut, que Ghalcis, sur la côte d'Eubée, se trouvait & cent stades seulement d'Aulis, le
port de Tanagre. C'est à Ghalcis que Tanagre, dérogeant à Tusage ordinaire des villes confédérées de la Béotie, a emprunté son type de la roue, si bien qu'on est autorisé à classer à Tanagre les monnaies à la roue qui sont anépigraphes (n** 1359 et 1360). Sur les pièces qui ont la légende KOI
1. B. Head, ffum. Chron., 1881, p. 198 et pi. I, 16; Central Greece, p. 60, n© 12 et pi. IX, 14.
2. B. Head, Sum, Chron., 1881, p. 197; Central Greece, p. 60, n»» 13 et 14.
3. B. Head, Num. Chron., 1881, p. 198 et pi. I, 47; Central GreecCy p. 60, noll et pi. IX, 13.
4. B. Head, Num. Chron., 1881, p. 198; Central Greece, p. 60, n" 15 et pi. IX, 15.
5. B. Head, Num. Chron., 1881, p. 198; Central Greece^ p. 61, n* 16.
6. B. Head, Num. Chron., 1881, p. 198; Central Greece, p. 61, n^ 17 et pi. IX, 16.
tANÂGRt:
(n*" 1362 el 1363), on remarquera que ces trois lettres forment le pendant des lettres 4rAA placées de la même façon entre les rais d'une roue, sur les pièces chalcidiennes (n<>* i053àlOD6) : Timitationest flagrante. Comme Chalcis fut détruite par les Athéniens en 507, pour ne reprendre le droit de monnayage que beaucoup plus tard, après 369 *, c'est apparemment avant 507 que Tanagre lui emprunta le type de la
roue. Nous sommes ainsi amenés à rapprocher l'adoption de la roue chalcidienne à Tanagre de Talliance politique que nous savons avoir été conclue en 507 par les Chaicidiens et les Béotiens contre Athènes, et à laquelle nous avons déjà fait allusion '. Cette interprétation se trouve confirmée par un tétradrachme frappé à Chalcis et où se trouvent aussi associés le bouclier béotien et la roue ; c'est la pièce suivante :
1372. — Bouclier échancré, de forme allongée et plate, dont Téplsème est orné de la lettre 4^ (= x, initiale de Chalcis). Ç^. Roue à quatre rais, dans un carré creux. iR 27 ; tétradr. euboïque, 16 gr. 05, rogné {Berlin) •.
Cette pièce, de fabrique et de poids euboïques, qui nous révèle l'emprunt fait par Chalcis du bouclier béotien est, en quelque sorte, la contre-partie de l'emprunt fait par Tanagre de la roue chalcidienne. Rappelons donc encore une fois les circonstances politiques auxquelles s'adapte à merveille l'émission de ces monnaies à types combinés*. Nous avons déjà dit qu*a la suite de l'expulsion des Pisistratides par
les Athéniens en 511, Chalcis s'allia avec les Lacédémoniens et les Béotiens pour rétablir Hippias. Mais les coalisés ne purent dompter les Athéniens ; en 507, les Thébains furent écrasés par ces derniers et perdirent sept cent prisonniers; Chalcis fut détruite ^. Une inscription, à l'entrée des Propylées sur l'acropole d'Athènes, commémorait cette grande victoire « sur les nations des Béotiens et des Chaicidiens » '.