‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 68 sur 880 · B. Head, op. cit., p. 206, n · texte numérisé non relu

B. Head, op. cit., p. 206, n

TÉOS

El. 4; — 1/96^ de stat. phoc, 0 gr. 13 {Londres) \

La légende du statère n* 169, pièce unique du cabinet de Munich, a exercé la critique de nombreux savants. Sestini, en 1817, dans ses Staiein aniichi, lisait T$OAA = T{o4;. Mais une observation plus attentive a permis de constater que la première lettre de la légende est I (Q et non J. Dès lors, on s'est cru autorisé à penser que la légende de la pièce n'avait plus de rapport avec le nom de la ville de Téos; c'est pourquoi on Ta classée à Phocée, ainsi que tout le groupe des pièces à la tête de griffon ^ Il faut lire zioç, la première lettre étant bien un C; la seconde donne à Viota la forme S que cette lettre a aussi dans les inscriptions de la 6n du vu'' et du commencement du VI* siècle ; la dernière lettre ne peut être qu'un sigma couché, ^\, forme qui se rencontre couramment à la même époque *,

Qu'est le mot Z^oçîOn sait qu'en grec, les trois lettres du même organe, J, Ai Z* se confondaient souvent dans la prononciation et qu'elles pouvaient parfois, dans l'écriture, être prises l'une pour l'autre. Le nom même^de Zeus qui a un zêta au nominatif, prend un delta aux cas obliques (Zeuç, At<5c, Atot, etc.). Au lieu de Zeuc, on disait,

dans certaines contrées Zifjv et Ti^v, en dorien Tdtv. Sur une monnaie de Polyrhénion, en Crète, à Teffigie d'Auguste, la légende TAN KPHTAFENHS accompagne le type de Zeus Grétagénès ^. On a rapproché le zâ<; (Zav<5<:) mentionné par Phérécyde de Léros (vers 480), du dieu Tévr^ç qui donna son nom à rile de Ténédos, et qui paraît identique à Tinia, le Zeus des Étrusques '. A Mylasa, on adorait Zeus Carios sous le nom de ZtjvoicoffetSwv, parce que ce dieu avait à la fois les attributs de Zeus et de Poséidon ". Dans le dialecte de Lesbos, le Z remplaçait souvent A ou Ai; on disait Z(5wuffo< pour Ai6vu<yoç '. Ces observations d'ordre philologique, autorisent à considérer la légende IIOM comme l'équivalent de AIOZ ou de TIOZ- Il est évident qu'on ne saurait, ici, songer à lire Zt<5c; pour Atôç, le nom de Zeus '. En effet, que viendrait faire ce nom de Zeus à côté de la tête de griffon? On doit donc reconnaître dans ce mot ZI02i tout simplement une variété dialectale de TI02» le nom même de la ville de Téos. Cette interprétation est confirmée indirectement par ce qu'Hérodote nous apprend des nombreuses variétés dialectales des villes ioniennes '.

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