‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 760 sur 880 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

6. Pausanias, X. 10; Scol. sur Virg. Georg., II, 197; Diod. Sic, VIII, 21 ; cf. Arthur Evans, Num. C/iron., 1889, p. 3, note 5; duc de Luynes, Nou^ velles annales, t. I. p. 374 ; Fr. Lenormant, La Grande Grèce, t. I, p. 22.

par les Messapiens, le régime arisiocralique fut remplacé par le régime démocratique : c'est à partir de cette époque que parait

sur les didrachmes tarentins la figure du iJémos assis; plus tard eufin, viennent les admirables séries du cavalier *.

§111. — Métaponte.

Métaponte, sur le golfe de Tarente, était une ville lucanienne, à proximité de TApulie. Le Casuentus (Basiento) limitait au sud son territoire et le Bradanus le fermait au nord. « Métaponte, dit le duc de Luynes ', était assise au milieu d'une vaste plaine, d'une richesse inconnue dans nos climats. Aussi, Tagriculture y fut divinisée de bonne heure. Un culte monétaire lui était même consacré ». Les Métaponlins étaient des Achéens; leur ville s'appela d'abord Alybas, du nom du héros Alybas, père de Métabos, qui accueillit Héraclès ramenant les bœufs de Géryon ; Alybas parait avoir été un génie malfaisant, personnification de la malaria; son nom a été rapproché de celui de <iX{6a<;, sauterelle, d'où la sauterelle dévorant l'épi sur les monnaies de Métaponte ®. Une autre tradition attribue la fondation de Métaponte à des guerriers de Pylos et de Pisa, conduits par Ëpeus. Ils revenaient de la guerre de Troie sur la flotte de Nestor pour rentrer en Elide, lorsqu'une lem-

1. Arthur Evans, The llorseman of Tarentttm dans le Niim. Chron.j 1889, p. 1 et suiv. ; Michel Vlasto, Rev. num., 4904, p. 153 et suiv.

2. Duc de Luynes, Métaponte^ p. 2; sur la numismatique priQïitive de Métaponte, voir surtout le même auteur, dans les Nouvelles annales de l'Institut archéol. de Rome, Section française, t. I, 1836, p. 383 et suiv.; Fr. Lenormant, A travei's V Apulie et la Lucanie, t. I, p. 341; le même, La Grande Grèce, t. I, p. 115.

3. Luynes, Nouvelles annales, p. 384 ; Fr. Lenormant, La Grande Grèce, t. I, p. 116.

pète jeta leur vaisseau sur la côte d'Italie, où ils fondèrent Metabon qui s'appela plus tard^Métaponte *.

Çjkbi qu'il en soit de ces traditions, à l'époque historique, les Métapontins se réclamaient de Nélée et célébraient chaque anoée des fêtes funèbres en Thonneur des Néléides '^. Or, le pouvoir des Néléides, à Tépoque homérique, s'étendait dans le Péloponnèse, « sur toute la région de la Triphylie jusqu'au mont Lycée, à TOEchalie de Messénie et au cours de l'Alphée. Dans ce fleuve, se jette la rivière AchéloGs, qui prend sa source au mont Lycée et passe sous Trapézonte ®. » Ainsi, s'explique, à Métaponte, le culte du fleuve Achéloûs que nous verrons interprété dans un remarquable type monétaire (ci-après, n* 2082).

Vers le commencement du vi* siècle, Métaponte qui avait été, une première fois, détruite par les Sam ni tes, fut rebâtie par Leucippos de Sybaris, en dépit de l'opposition des Tarentins ''. Les Métapontins aidèrent à leur tour les Crotoniates el les

4. Velleius Paterculus, I, 1; Strabon, VI, 1, 13; Luynes, Métaponte, p. 6; Garrucci, Le monde delV Jlalia antica, p. 134; Fr. Lenormant, Jm. Grande Grèce, t. I, p. 117.

5. Strabon, Vï, 1, 15; Luynes, op. cit., p. 6; Nouvelles annales, t. ï, p. 388; Fr. Lenormant, op. cit., p. 121.

.6. Pausanias, Vllï, 38; Luynes, Métaponte^ p. ".

1. Luynes, Afé/ûtpon/c, p. 8; F. Lenormant, La Grande Grèce, t. I, p. 123; le même, A travers l'Apulie et la Lucanie, t. T, p. 343.

Sybarites à s'emparer de Siris dont la destruction fui le théâtre de massacres impies *. Vers le déclin du vi" siècle, le philosophe Pythagore, chassé de Crotone, trouva un refuge à Métaponte où il devait, d'ailleurs, tristement finir ses jours. Tout d'abord, « les Métapontins l'entourèrent avec docilité et respect ; ils appelèrent sa maison, le temple de Cérès, et la rue où il habitait, un endroit consacré aux Muses. Autour de lui se réunirent ses disciples les plus fervents. Métaponte présenta quelque temps Taspect d'une ville philosophique *. » Mais bientôt, Pythagore, là comme à Crotone, se vit en butte à la haine des factions, et découragé, il se renferma dans sa maison pour s'y laisser mourir de faim.

Aristéas, fils de Damophon de Crotone, parait avoir été le successeur immédiat de

Pythagore à Métaponte ; il se faisait passer pour une autre incarnation d'Aristéas de Proconnèse ^; il introduisit le culte d'Apollon et des Muses à Métaponte.

« Les Métapontins prospérèrent longtemps grâce aux sages institutions de Pythagore et à la fertilité de leur territoire, qui leur procura d'assez grandes richesses pour consacrer à Delphes une image d'or de l'Été (une gerbe d'or) * ». Cette fameuse gerbe d'or, ^pujoùv Gépo;, rappelle la fertilité de la plaine de Métaponte en céréales; il faut y rattacher le type de l'épi de blé, constant à Métaponte; le culte de Déméter, était particulièrement en honneur dans celte ville ; et vers la fin du V siècle, l'effigie de Déméter accompagnée de son nom, AAMATHP, paraît sur les monnaies ^.

Groupe A. — Monnaies incuses à flan large et mince (550-510).

2059. — /^i^TAP. Épi de blé barbelé. Grènetis entre deux cercles. ^. Sans lég. Le même épi en creux. Cercle dentelé au pourtour. iR 27 ; slatère, 7 gr. 59 [Paris) PL LXVI, fig. 1 \

No 2000.

2060. — f^^lk'VO/^lS (MÊxaTTovr.). Épi de blé barbelé. Cercle au pourtour.

1. Slrabon, VI, 1, U; Justin, XX, 2. Cf. Luynes, op. cit., p. 10; Garrucci, op. cit., p. 134; Fr. Lenoniiant, Ixt Grande Grèce, t. I, p. 124.

2. Luynes, Métaponte, p. 14; Fr. Lcnonnant, op. cit., p. 12.'>.

3. Hérodote, IV, 15; cf. duc de Luynes, Métaponte, p. 14; Fr. Lenorniant, op. cit., p. 126.

4. Strabon, VI, 1, 15; duc de Luynes, op. cit., p. n-18; Nouvelles annales, t. I, p. 391; F. Lenormant, op. cit., p. 128 et 151.

Page 1