Justin, XX
6. Hérodote, VIH, 62; Fr. Lcnormant place la chute de Siris entre 570 et 565; mais, les monnaies qui portent le nom de Siris ne sauraient remonter à une date aussi ancienne. Fr. Lenormant, ïm Grande Grèce, t. î, p. 206 ; Eltore Pais, Le origini di Siris d' llalia (Naples, 1906. in-8*).
SYBARlS
vers 720 av. J.-C. *. Sa prospérité était telle, au vi« siècle, qu'elle excitait radmiration de toute la Grèce; la noblesse et le luxe dégradé de ses habitants passèrent en proverbe '. Sybaris qui avait des mines d'argent sur son territoire ', dominait sur vingt-cinq villes de Titalie méridionale et elle fonda, elle-même, les colonies de Poseidonia, Laos elScidros; elle entretenait d'activés relations commerciales avec les Étrusques et surtout avec Milet; elle se prétendait, d ailleurs, d'origine rhodienne autant qu*achéenne *.
En GSl), Sybaris prit part, avec les autres colonies achéennes, au massacre des Siritains qui attira la colère des dieux. Au milieu de son luxe, elle eut à subir des postes, des séditions et fut agitée par les factions politiques. Pythagore qui vint à Sybaris, réussit à apaiser les discordes civiles; mais ce fut pour peu de temps*. A Sybaris, il y avait le parti oligarchique auquel appartenaient Smindyridès et Alciménès, et le parti démocratique qui prit pour chef le farouche Télys; ce dernier s^empara du pouvoir et exila les Pythagoriciens qui se réfugièrent à Crotone.
Télys et ses partisans voulurent contraindre les Crotoniates à chasser les fugitifs. Les Crotoniates refusèrent; de là, une guerre acharnée. Les Sybarites marchèrent sur Crotone avec une armée de 300,000 hommes. Cependant les Crotoniates moins nombreux furent victorieux sur les bords du Traeis, et poursuivirent les Sybarites jusqu'aux portes de leur ville. Ils s'en rendirent maîtres après 70 jours de siège et résolurent de la détruire. Les Crotoniates exécutèrent ce projet en détournant dans les rues de Sybaris le cours du Crathis *. Les Sybarites survivants se réfugièrent à Laos, Poseidonia et Scidros, leurs colonies.
Des événements que nous venons de résumer, il résulte que les monnaies décrites ci-après, se placent dans la période comprise entre le milieu du vi* siècle, époque de l'apparition de la monnaie à types incus, et 510, date de la destruction de Sybaris. Le type du taureau est pareil à celui que nous avons vu à Siris-Pyxus et trahit l'alliance commerciale qui existait entre ces villes pourtant politiquement jalouses et rivales. Il peut être en même temps la figure symbolique du Crathis "'.
2088. — VAA = S'j;6apiTov), h Tcxergue. Taureau debout à gauche, délournant lalêle à droite ; il est sur une base formée d\m grènclis entre deux lignes. Au pourtour, grènelis entre deux lignes.
I^. Sans lég. Le même taureau en creux, à droite. Grènetis au pourtour.
!. Slrabon, VI, 1, 13;Diod. Sic.,Xn, 9; Garrucci, Le moue te delV llalia anlica, p. 145; duc de Luyncs, Nouvelles annales, 1836, t. I, p. 396 ; Fr. Lenonnant, La Grande Grèce, t. I, p. 247 et2j6.