‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 78 sur 880 · Tome It · texte numérisé non relu

Tome It

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

§ VIL —Monnaies d'attribution incertaine.

(lonie septentrionale).

Etalon puocaïque {suite).

Les monnaies d'électrum qui suivent sont taillées d'après l'étalon phocaïque, ce qui, aidé de quelques autres indices, permet de les classer sûrement, au moins pour la très grande majorité, dans Tlonie septentrionale ou la région avoisinante. Quant à déterminer avec précision les ateliers qui

les ont émises dès le début du vi*" siècle, on ne peut faire à ce sujet que des conjectures plus ou moins justifiées. Il est aisé de constater au surplus, que la plupart d'entre elles sont isolées et que les séries auxquelles elles appartiennent sont encore très incomplètes.

197. — Chimère debout à gauche ; elle a une tête et un corps de lion ; sa queue se termine en tête de serpent, et sur son dos est entée une tête d'aegagre.

Ci'. Deux carrés creux à surface irrégulière juxtaposés, l'un beaucoup plus petit que Tautre.

El. 20 ; stat. phoc, 16 gr. 35 (Londres) PI. V, fig. 14».

M. Barclay Head a classé tour à tour ce statère unique, à Sicyone, en plein Péloponèse et à Zéléia enTroade. La présence d'une monnaie d'éiectrum au milieu du monnayage sicyonien est irrationnelle ; d'ailleurs, la Chimère des monnaies d'argent de Sicyone n'a aucun rapport de style ni d'attitude avec celle-ci. L'attribution à Zéléia de Troade n'est pas justifiée davantage, cette ville ne paraissant pas avoir frappé monnaie avant le milieu du iv* siècle '. Le poids phocaïque nous indique rionie septentrionale comme patrie de ce statère. En outre, si Ton compare les empreintes creuses du revers avec celles du

revers des statères de Phocée (pi. IV, flg. 3 et 5) on sera bien près de conclure que le statère à la Chimère est, lui aussi, de Phocée. Le revers des pièces primitives est en quelque sorte souvent une marque de fabrique. A. Milet, c'est un rectangle entre deux petits carrés; à Téos, un carré tout petit ; à Smyrne, un grand carré ; à Phocée, deux carrés, un grand et un petit, juxtaposés. Si le statère au type de la Chimère (pi. V, fig. 14) n'est pas de Phocée, il a été frappé par une ville qui était en étroite union monétaire avec Phocée : dans celle hypothèse on pourrait songer à Mytilène (voyez ci-après, p. 138).

1. F. Lenormant^ Monn, royales de la Lydien pi. X, flg. 9; le même, Hist. numor., p. 506; le pi. VIII, flg. 14; B. Head, The coinage of Lydia and même, Joniay p. 9, n© 41 et pi. Il, fig. 2. Persia, p. 18; le môme, Num. Chron., 1875, p. 283 et 2. W. Wroth, Catal. Troas, etc., Introd., p. xuv.

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

198. — Centaure emportant une Ménade dans ses bras, à droite.

^. Carré creux quadripartit.

El. 20; stat. phoc, 16 gr. 32 (Londres) PL V, fig. 17 '.

A cause du type du Centaure, on a voulu attribuer ce statère phocaïque à Thasos ou aux Oresciî de Thrace, dont les monnaies d'argent ont aussi un type de Centaure emportant une Ménade. Mais le poids, le style, la fabrique, la provenance, tout condamne

cette attribution. Le carré creux du revers et la fabrique semblent rapprocher ce statère de ceux de Chios qui figurent sur notre pi. YIII, fig. 6 et 8, mais qui sont d'un poids très inférieur.

199. — Tête imberbe d'Héraclès h gauche, coiffée de la peau de lion.

Çt. Carré creux quadripartit.

El. 11 ; hecté phoc, 2 gr. 56 [Paris) PL V, fig. 18.

Cette hecté connue en une dizaine d'exemplaires (2 gr. 62 à 2 gr. 50) «, était classée autrefois à Héraclèe de Bithynie, à cause de son type d'Héraclès '. Cette attribution est sans fondement; mais, au IV' siècle, la tète d'Héraclès coiffé de la

dépouille du lion parait sur les monnaies d'argent et de bronze d'Erythrées d'Ionie, ce qui pourrait donner une base à l'attribution à cette ville des pièces d'électrum au même type, mais beaucoup plus anciennes.

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