Môme description
El. 4; — 1/96° de stat. phoc, 0 gr. 15 {Paris).
La croix gammée ou tétraskèle {swas- bien que leur poids soit faible par rapport
tika) qui forme le type des n°' 235 à 239, à la normale. D'autres monnaies d'électrum
rappelle celle du revers des pièces d'ar- au même type de la croix gammée et sem-
gent de Corinthe au vi« siècle •. Nos élec- blables d'aspect, sont Uiillées suivant Téta-
trum se rattachent à l'étalon phocaïque, Ion milésiaque (ci-dessus, n®' 97 à 101}.
1. B. Head, lonia, p. 15, n« 73 et pi. II, fig. 28; 3. Cf. Brit. Mus., Catal.Ionia, p. 10, n<>48 et pi. 11, comparez ci-dessus, le n« 103. fig. 9.
2. Num. Chron,, 4897, p. 263, n» 2 et pi. Xr,21. 4. Cf. Brit. Mus., CalaL lonia, p. U, n» 51, et Le même droit existe sur des monnaies d'argent Num. Chron.^ 1887, pi. XI, fig. 53.
dont nous donnerons plus loin un spécimen ; cf. 5. B. Head, CalaL lonia, p. 5, n^ 22.
Num. Çhron., 3« sér., t. X (1890), p. 329 et pi. XIX, 21. 6. B. Head, CataL Corinthus, etc., pi. 1, fig. 2 à 13.
§ VIII. — Cyzique.
La position géographique de Cyzique, avec ses deux ports sur la Propontide, à mi-chemin entre la mer Egée et le Pont Ëuxin, la désignait naturellement pour être Tune des grandes étapes des navires qui faisaient le commerce entre les métropoles ioniennes et leurs colonies du Nord. Aissî, fut-3lle appelée très vite à un grand développement commercial. Vers Tan 756, une colonie de Milésiens, guidée par un oracle d'Apollon, vint s'y établir; elle fut renforcée, vers 675, par une colonie de Mégare.
Cyzique eut ensuite à subir la domination des rois de Lydie; puis, après la chute de Crésus, en 546, elle passa comme toute rÂsie-mineure sous le sceptre de Cyrus, Elle demeura sujette du Grand Roi jusqu'en 478, époque où, par suite des désastres de Xerxès, la domination perse sur les villes grecques de la côte d'Asie-mineure fut pour un long temps évincée. Cyzique passa alors sous Thégémonie d'Athènes ; elle devait y demeurer, avec des alternatives diverses, jusqu'en 405, date de la bataille d'Aegos-Potamos qui mit fîn à la thalassocratie athénienne.
Les statères d'éleclrum de Cyzique (K^^îixTjVot TZTZTipzç), sî répaudus dans le commerce de la mer Egée, même encore après Alexandre, sont taillés suivant l'étalon phocaïque *. Les plus anciens remontent au commencement du vi" siècle, sinon jusqu'au vu*; les plus récents sont du milieu du IV' siècle; on ne trouvera décrits ici que
ceux que leur style ou d'autres considérations permettent de classer avant 478 ou 475 environ.
Les anciens numismates, comme encore Brandis en 1866, prenant pour base de leurs attributions le type des pièces d'éleclrum, furent conduits par là à disperser dans les villes les plus diverses les produits du monnayage de Cyzique. Mais il est démontré aujourd'hui que l'atelier unique de toutes ces pièces est bien Cyzique qui emprunta un peu partout aux autres villes grecques leurs types monétaires pour se les approprier, non toutefois sans ajouter un petit thon en symbole, à côté du type principal. Ce principe ne souffre aucune exception. Le thon était l'emblème des pêcheries que Cyzique avait installées sur le Pont Euxin et qui étaient l'objet le plus important de son commerce. Ces pêcheries immenses, décrites par Strabon *, comprenaient non seulement la pêche proprement dite, mais le séchage sur place du poisson qui était ensuite emballé et transporté sur tous les marchés de la Grèce et jusqu'en Syrie *.
Ainsi, toutes les monnaies d'électrum qui ont en symbole le thon {ir7)Xa{jL'5(;), sont de Cyzique, quel que soit le type principal, de même que toutes celles qui ont le phoque sont de Phocée, et toutes celles qui ont le coq sont de Mytilène. Le type principal était probablement laissé au choix des officiers monétaires et servait à différencier les magistratures, peut-être annuelles.
1. Voyez notre Première partie, t. I, p. 486 à 488 et t. II (sous presse).
!. Strabon, XII, 19; cf. I, 16.