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nuance de deux liqueurs colorées introduites dans ces tubes.
» Manière d’essayer les indigos par ce procédé. On prend un échantillon moyen de chaque espèce d’indigo que l’on veut essayer, on le réduit en poudre et on le passe entièrement au tamis fin; après en avoir pesé exactement un gramme, que l’on introduit dans un petit matras sec , on y verse 20 grammes d’acide sulfurique de Saxe, ensuite on chauffe au bain-marie à 4o ou 5o° pendant une heure en agitant de temps en temps. Le matras étant refroidi, on verse la dissolution dans un grand verre d’eau, en remuant constamment avec un tube de verre, puis on verse cette liqueur dans un bocal de la capacité de trois litres. On passe de l’eau à plusieurs reprises dans le matras , dans le verre et sur le tube, jusqu’à ce qu'il n’y reste plus d’indigo. Toutes ces eaux de lavage sont introduites dans le bocal , que l’on remplit ensuite d’eau pour compléter les trois litres de liqueur que le gramme d’indigo doit fournir. On agite bien le vase pour opérer le mélange, ensuite on verse de cette liqueur dans un autre vase (d’un litre de capacité par exemple)
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pour la laisser déposer pendant quelques heures ; le reste devenant inutile , on le jette pour recommencer la meme chose sur les autres essais, qui doivent se faire en meme temps et absolument de la même manière.
» On introduit de ces dissolutions dans les tubes colorimétriques jusqu’à zéro de l’échelle, ce qui équivaut à 100 parties de l’échelle supérieure ; 011 les place ensuite dans les deux ouvertures de la boîte , pratiquées à cet effet, et après avoir comparé leur nuance , si on trouve une différence, on ajoute de l’eau à la plus foncée, et l’on agite ensuite le tube après avoir bouché l’extrémité avec le doigt; si après cette addition d’eau on remarque encore une différence, on continue d’en ajouter jusqu’à ce que les tubes paraissent de la même nuance. On lit ensuite sur le tube dans lequel on a ajouté l’eau, le nombre de parties de liqueur qu’il contient; ce nombre, comparé au volume de la liqueur contenue dans l’autre tube ( qui est égal à 100) , indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la qualité relative des deux matières tinctoriales; et si, par exemple, il faut ajouter à la liqueur la plus intense 2 5 parties d’eau pour l’amener à la même nuance
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que l’autre, le rapport en volume des liqueurs contenues dans les tubes sera, dans ce cas, comme i^5 : 100; et la qualité relative des matières colorantes sera représentée par le même rapport, puisque la qualité de ces matières est proportionnelle à leur pouvoir colorant. »
L’emploi de cet instrument est, comme on voit, fondé sur ce que la quantité d’eau nécessaire pour amener deux dissolutions colorées au même degré d’intensité, est en raison directe de la quantité de matière colorante qu’elles renferment.
Mais ce procédé, qui est applicable aux indigos en raison de ce que leurs dissolutions sulfuriques, sans être absolument exemptes de toute couleur étrangère , peuvent cependant être considérées comme sensiblement pures, n’est plus applicable à la garance et à la plupart des autres matières tinctoriales qui contiennent plusieurs matières colorantes.
Quelques personnes pensent que l’indigo a pu être falsifié quelquefois par le bleu de Prusse. Mais ce dernier se reconnaîtra toujours aux caractères que nous avons décrits avec détail à l’article Bleu de Prttsse, et surtoutàce qu’il ne se décolore pas par le chlore,
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qu’il 11e colore pas en bleu l’acide sulfurique concentré, et qu’il se tranforme par la calcination et par l’action des alcalis en une matière rougeâtre formée presqu’en totalité d’oxide de fer.
IODE. L’iode est un corps simple , découvert en i8i3, par M. Courtois , et étudié peu de temps après par M. Gay-Lussac, à qui nous devons la connaissance de ses propriétés.
L’iode est solide à la température ordinaire; sa forme est lamelleuse, son éclat métallique, sa couleur bleuâtre. Sa pesanteur spécifique est de 4?9-4fi â la température de i6°,5. Il a une odeur analogue à celle du chlore, et colore la peau en jaune.
M. Chevallier a signalé, en 189 5, une fraude dont l’iode a été l’objet, et qui consiste à mélanger cette substance simple avec du charbon minéral qui offre quelque analogie avec lui , sous le rapport des caractères physiques. Il a conseillé, comme moyen de reconnaître ce mélange , de traiter l’iode par de l’alcool rectifié à deux reprises différentes ; l’iode se dissout facilement dans ce menstrue, tandis que le charbon minéral reste intact.
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Depuis , on a aussi mélangé à l’iode une substance qui présente avec lui une ressemblance plus grande encore, c’est le carbure de fer réduit en petits fragmens. On peut employer pour l’isoler le moyen indiqué plus haut.
IODURE DE POTASSIUM. Ce produit qui est aujourd’hui fort usité en Médecine, se prépare de plusieurs manières , soit en combinant l’acide hydriodique avec la potasse , soit en décomposant i’hydriodate de fer par le sous-carbonate de potasse, ainsi que l’a proposé M. Caillot.
L’iodure de potassium est blanc, opaque, d’une saveur piquante, répand des vapeurs violettes lorsqu’on le traite à chaud par les acides nitrique et sulfurique, et cristallise en cubes; 100 parties d’eau à i8° en dissolvent i43.
M. Robiquet a le premier annoncé avoir rencontré dans le commerce de l’iodure de potassium contenant du chlorure de potassium ou de sodium. Ces deux sels, en effet, qui offrent la même blancheur, la même opacité et la même cristallisation cubique que
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l’iodure de potassium , sont à la simple vue impossibles à distinguer.
Voici le procédé que ce même chimiste a
indiqué pour parvenir à connaître la quantité de chlorure que contient un iodure de potassium. On prend un poids déterminé et semblable d’iodure pur et de celui que l’on suppose mélangé ; chacun de ces deux sels est dissous dans la même quantité d’eau, et les dissolutions introduites dans de petites cornues tubulées, adaptées à un appareil distillatoire; de l’acide nitrique en excès, versé dans les dissolutions, en détermine la décomposition; l’iode se sépare, et se volatilise par l’action de la chaleur. On pousse jusqu’à siccité, pour être certain de la destruction complète de l’iodure; on recueille l’iode qui s’est sublimé , on le sèche à la manière ordinaire, puis on en prend le poids. D’autre part, on dissout les résidus contenus dans les cornues, et on les essaie comparativement avec le nitrate d’argent. On voit que la liqueur qui provient de l’iodure pur ne donne point de précipité , tandis que l’autre en fournit un d’autant plus abondant qu’il contient plus de chlorure. La quantité précise déduite du poids du précipité d’ar-
en sera
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gent bien desséché, parce qu’on en connaît parfaitement la composition. D’ailleurs, on a aussi pour pointdevérificationlesproportions d’iode qui ont été séparées de part et d’autre.
O11 peut encore s’assurer si un iodure de potassium est mélangé de chlorure par le moyen suivant : on prend , comme dans l’expérience précédente, un poids déterminé d’iodure de potassium pur et de celui que l’on veut essayer , on les dissout chacun dans une semblable quantité d’eau distillée, et l’on
verse dans ces dissolutions du nitrate d’ar-
gent jusqu’à précipitation complète. O11 décante la liqueur qui surnage les précipités, et on les traite par l’ammoniaque liquide qui, étant sans action sur l’iodure d’argent, n’enlève rien au précipité de l’iodure pur, mais qui, dissolvant au contraire avec facilité le chlorure d’argent, enlève ce sel au précipité provenant de l’iodure falsifié. De la différence de poids des deux précipités recueillis et séchés avec soin , on peut conclure les proportions de chlorure contenues dans l’iodure. 1 gramme d’iodure de potassium bien sec et bien pur donne igr’,i76 d’iodure d’argent insoluble dans l’ammoniaque.
Si au contraire le poids des deux préci-
pités est le même après le traitement par l’ammoniaque , on peut être certain que l’iodure de potassium que l’on essaie 11e contient pas de chlorure.
O11 conçoit aisément la différence d’action que doivent avoir sur l’économie animale un iodure pur, et un iodure mélangé d’une forte proportion d’un sel étranger. Aussi est-il arrivé que des praticiens qui d’abord avaient employé à leur insu de ces iodures impurs, et qui , par suite de leur peu d’énergie , en avaient progressivement augmenté la dose , en se servant ensuite d’un iodure pur, avaient vu se déclarer, chez certains malades, les symptômes les plus alarmans, sans pouvoir en pénétrer la cause. Il est donc indispensable qu’un pharmacien, s’il ne prépare pas luimême son iodure de potassium, ait recours aux moyens que nous avons indiqués plus haut pour se convaincre de la pureté de celui qu’il achète.
L’iodure de potassium sert en Pharmacie à obtenir le proto-iodure et le deuto-iodure de mercure. Il entre dans la préparation d’une pommade qui, depuis quelques années, est employée dans le traitement du goitre et de quelques affections scrofuleuses.
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IRIS DE FLORENCE. La racine d’iris de Florence est produite par une plante qui appartient à la triandrie monogynie, famille des iridées de Jussieu , et qui croît en Italie et en Provence. Telle qu’on la trouve dans le commerce, elle est grosse comme le pouce, oblongue, un peu aplatie, genouillée, d’une couleur blanche , d’une saveur âcre et amère , d’une odeur de violette très prononcée.
La racine de Y iris germanique , qui a une extrême ressemblance avec celle de l’iris de Florence, à l’exception d’une odeur moins vive et moins agréable , est quelquefois substituée à cette dernière , lorsque celle-ci sort des limites de son prix ordinaire. Les fraudeurs, afin de lui communiquer une odeur de violette plus marquée, la mettent en contact avec la poudre d’iris pendant quelque temps. Aussi, lorsqu’on a des doutes sur la racine d’iris que l’on achète, il faut d’abord la brosser fortement , la laver, la sécher et la concasser finement pour la comparer avec de l’iris de Florence de bonne qualité.
M. Vogel , qui a analysé la racine d’iris de Florence, l’a trouvée formée de gomme, d’extrait brun , de fécule amilacée, d’huile grasse, d’huile volatile, de fibre végétale,.
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La racine d’iris de Florence entre dans beaucoup de préparations pharmaceutiques ; mais son principal usage est pour la parfumerie et la fabrication des pois à cautères.
JÀLAP. La racine de jalap estproduite par le convolvulus jalapa de L., plante de lapentandrie monogynie, dicotylédones monopétales hypogynes, famille des convolvulacées. Telle qu’elle nous parvient, elle est en morceaux ovoïdes ou pyriformes, du poids de deux onces aune livre, quelquefois coupés en tranches et en quartiers, ridée, d’une couleur grisbrunâtre extérieurement, d’un blanc-grisâtre intérieurement , d’une texture compacte , d’une odeur nauséabonde particulière, d’une saveur âcre et irritante.
Lorsqu’on casse la racine de jalap, on aperçoit distinctement deux substances , l’une ligneuse, et l’autre résineuse; cette racine est fort sujette à être piquée par les insectes, qui se nourrissent de sa partie féculente , sans attaquer la résine. En cet état, elle peut être employée à la préparation de la résine; mais on doit bien se garder de la livrer en