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absolu, attendu que lorsque le nitrate d’argent a été chauffé seulement au point d’en opérer la fusion, il reste blanc, ou très légèrement coloré en gris.
Suivant MM. Henry et Guibourt , la pierre infernale du commerce est quelquefois falsifiée par la plombagine ou le peroxide de manganèse ; dans ce cas, la simple dissolution dans l’eau suffit pour en déterminer la séparation.
Mais, de toutes les substances étrangères que l’on trouve dans le nitrate d’argent , celle qui y existe le plus fréquemment est le cuivre qui provient de l’argent de vaisselle ou de monnaie qu’on emploie à sa préparation. On reconnaît la présence de ce métal en dissolvant dans l’eau une portion de pierre infernale, filtrant la dissolution, et y versant un excès d’ammoniaque, qui y fait naître une couleur bleue plus ou moins intense. Il pourrait arriver que l’ammoniaque ne produisît pas l’effet que nous indiquons, et cependant il ne faudrait pas en conclure que le nitrate est pur, attendu que le nitrate de cuivre, mélangé à celui d’argent, se décompose facilement par l’action de la chaleur à laquelle on soumet la pierre infernale; dans
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ce cas, la dissolution de la pierre infernale dans l’eau n’est jamais complète et on obtient un résidu noirâtre formé d’oxide de cuivre. Il faut alors traiter ce résidu par l’acide nitrique, et essayer la dissolution par les moyens ordinaires.
La pierre infernale est employée en Médecine comme catliérétique.
NITRATE DE POTASSE , Nitre, Salpêtre.
Ce sel est incolore lorsqu’il est à l’état de pureté; il cristallfse en prismes cannelés, qui sont quelquefois d’un très gros volume ; il ne contient pas d’eau de cristallisation, et est très soluble dans l’eau. A la température deo°, ioo parties de ce liquide peuvent dissoudre 1 3 de sel; à ioo", elles en dissolvent ^46. Sa saveur est fraîche et piquante. Exposé à l’action d’une chaleur de 35o°, il éprouve la fusion ignée, et donne un liquide transparent et limpide comme de l’eau , se prenant par le refroidissement en une masse blanche qui est employée en Pharmacie sous le nom de cristal minéral. Projeté sur des charbons incandescens, il fuse et produit une espèce de déflagration.
Le nitrate de potasse que l’on trouve dans
îe commerce n’est jamais chimiquement pur; il renferme toujours une quantité plus ou moins considérable de chlorures de potassium ou de sodium; il contient aussi très souvent des matières terreuses, de l’humidité, et d’autres substances étrangères qui lui donnent une couleur plus ou moins brune.
Toutes ces diverses substances, qui chargent inutilement le poids du salpêtre, ont fait sentir depuis long-temps la nécessité d’un essai au moyen duquel on pût reconnaître la quantité réelle de salpêtre qui existe dans un poids donné de matière. Le procédé le plus ordinairement suivi dans le commerce est fondé sur la propriété que possède une dissolution saturée de nitre de pouvoir dissoudre les sels étrangers contenus dans le nitre brut. On prend donc un poids déterminé du nitrate de potasse que l’on veut essayer (ioo grammes par exemple), on le pulvérise grossièrement, on le place dans une capsule de verre ou dans un mortier; on a, d’une autre part, une dissolution saturée de nitre pur, à la température ordinaire, on verse de cette dissolution sur les cristaux en agitant légèrement de manière à favoriser la dissolution des sels étrangers au nitre. Après dix minutes de con-
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tact, on décante le liquide, on lave avec une nouvelle portion de dissolution , puis on étend le sel lavé sur plusieurs doubles de papier non collé, que l’on place sur une matière avide d’humidité; lorsque la presque totalité du liquide a été absorbée, on achève la dessication du sel en le soumettant à l’action d’une douce chaleur.
Il est évident que ce mode d’essai, et la manière dont on l’exécute, offrent plusieurs chances d’erreur; la première tient à ce que la dissolution saturée de nitre pur devient susceptible de dissoudre une nouvelle proportion de nitre à la meme température lorsqu’elle a dissous une certaine quantité de chlorures ; les autres sont relatives à la manière d’opérer : mais tel que nous venons de le décrire, ce procédé suffit aux besoins du commerce; seulement il faut avoir grand soin , lorsqu’on l’exécute , que la température de la dissolution que l’on emploie ne varie pas pendant le lavage, car elle pourrait dissoudre ou laisser précipiter du nitre; il faut également réduire le sel en poudre assez fine pour que le lavage puisse s’opérer complètement, et dessécher les cristaux autant que possible avant de les exposer à la chaleur.
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il est convenable pour cela de les soumettre à une légère pression dans plusieurs feuilles de papier non collé-
Enfin, après avoir fait dessécher le sel lavé avec la dissolution de nitre, il faut le peser, puis le dissoudre dans l’eau, afin de séparer les matières non solubles dans ce liquide, qu’il pourrait contenir, telles que de la terre, du sable, etc. On filtre la dissolution, on pèse le résidu, et, retranchant ce poids du précédent, on a le poids du nitre pur; mais dans les essais du commerce on néglige ordinairement les matières insolubles dans l’eau, et l’on regarde comme nitre pur le résidu du lavage par la dissolution saturée.
M. Gaj-Lussac a indiqué un mode d’essai qui conduit à des résultats plus exacts, mais qui est d’une exécution plus longue et un peu plus difficile. Il consiste à faire un mélange exact de io parties du nitre que l’on veut essayer, avec 5 de charbon et ZJo de sel marin ; on chauffe fortement ce mélange dans un creuset, le nitrate de potasse se trouve décomposé et converti en carbonate de la même base, on obtient ainsi une masse qui renferme tous les chlorures contenus dans Je nitre impur , le carbonate de potasse
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provenant de la décomposition du nitre, plus un excès de charbon ; il est alors très facile de déterminer la quantité de carbonate de potasse contenue dans ce mélange ( V. Essai de la potasse du commerce), et Ton connaîtra aussi la quantité de nitrate d’où elle provient, puisque 1266,83 de nitrate de potasse pur contiennent 58g, 81 de potasse, qui représentent 866,33 de carbonate.
Le nitrate de potasse est employé en Médecine comme tempérant et diurétique; il entre dans un grand nombre de médicamens, et sert, dans les arts, à préparer la poudre à canon, l’acide nitrique, l'amadou, etc., etc,
ONGUENT MERCURIEL DOUBLE. Cette préparation se trouve souvent altérée, dans le commerce de la droguerie, par le mélange de diverses substances ajoutées dans l’intention de suppléer, en totalité ou en partie, au mercure qui doit y entrer. Celles que l’on emploie le plus communément sont l’ardoise pilée et la plombagine.
On peut toujours reconnaître ces falsifications, et même déterminer la quantité de
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mercure qui existe dans un onguent mercuriel, par le procédé suivant. On prend un tube de verre mince, de deux centimètres de diamètre environ, bouché à l’une de ses extrémités, et long de 20 à 26 centimètres; on y pèse avec soin une petite portion de l’onguent mercuriel que l’on veut essayer; on le traite ensuite par l’éther sulfurique bouillant, qui dissout l’axonge, et laisse précipiter le mercure et les corps étrangers; on décante le liquide, et l’on répète l’opération jusqu’à ce que l’éther ne dissolve plus rien; le mercure se trouve alors réuni au fond du tube en globules très divisés, sous forme de poudre d’un blanc mat, recouverte par les matières étrangères qui ont servi à la falsification de l’onguent. Si l’on chauffe fortement ce mélange, le mercure se volatilise, et l’on obtient pour résidu les corps ajoutés.
Si l’on voulait connaître la proportion de mercure contenue dans l’onguent, il suffirait de chauffer légèrement le résidu du traitement par l’éther, de manière à réunir le mercure en un seul globule , et d’en prend re le
OPIUM. L’opium est un suc épaissi, fourni
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par le papaver somniferum de L, qui nous vient de l’Asie et de la Turquie. Tel que nous le recevons, il est en pains orbiculaires irréguliers, compactes, du poids de deux onces à une lvvre, enveloppés dans des débris de végétaux , parmi lesquels on remarque des feuilles de pavot , et les semences d’un rumex ; sa couleur est brune, sa cassure lisse ; il se ramollit par la chaleur de la main, et brûle facilement à la flamme d’une bougie. L’odeur de l’opium est nauséabonde, vireuse et désagréable; sa saveur est d’une amertume prononcée et d’une âcreté persistante. Traité par l’eau froide à plusieurs reprises , il se dissout en grande partie, colore le liquide en jaune foncé, et donne, par évaporation, environ moitié de son poids d’extrait.
Quelquefois on rencontre de l’opium d’une consistance plus molle que celui décrit cidessus, et qui cependant n’est pas un produit de mauvaise qualité ; néanmoins, on doit, avant de l'acheter, s’assurer s’il réunit bien tous les autres caractères. Toutes choses égales d’ailleurs, cet opium est moins avantageux à employer qu’un autre, en raison de l’humidité qu’il contient.
Selon plusieurs auteurs, l’opium du Le-
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vant, quand il arrive à Marseille, y est ramolli, remanié, incorporé avec des matières étrangères, et remis ensuite dans le commerce. Cette assertion ne nous paraît pas exacte, au moins quant à l’époque actuelle, car l’opium du commerce, depuis quelques années, est en général d’une bonne qualité. D’ailleurs, l’espèce d’identité qu’il présente, les quantités peu variables de morphine et de narcotine qu’il renferme, ainsi que la nature des résidus provenant des divers traitemens qu’on lui fait subir, feraient supposer, ce qui est peu probable, que les fraudeurs emploient , pour augmenter son poids, précisément les mêmes substances, et dans des proportions toujours semblables.
Nous eûmes occasion, il y a quelque temps, d’essayer par deux procédés différens un morceau d’opium qui nous avait été remis par une personne venant d’Alexandrie, et nous trouvâmes qu’il contenait exactement la même quantité de morphine et de narcotine que l’opium du commerce.
Toutefois, en cherchant à faire prévaloir l’idée que l’opium n’est pas refait à Marseille, nous ne prétendons pas dire que quelquefois on ne cherche pas à l’imiter; mais ce
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produit entièrement factice, quoique ayant d’abord quelque ressemblance avec l’opium, en diffère tellement sous tous les autres rapports , qu’il n’est pas permis de le confondre avec lui. Une maison de droguerie recommandable de Paris, sachant que nous nous occupions d’un travail sur les falsifications, nous fit remettre un morceau de cet opium faux qui avait été expédié de Marseille , et qui se trouvait parmi des morceaux d’opium de bonne qualité. U présentait les caractères suivans : les débris de feuilles de pavot et les semences de rumex dont il était entouré le recouvraient entièrement, et ne laissaient pour ainsi dire pas la facilité de distinguer sa couleur, qui était brune; sa dureté était telle, que le marteau pouvait à peine en détacher des fragmens ; sa cassure était d’un gris brunâtre, grenue, sablonneuse; son odeur était presque nulle. Il ne se ramollissait pas à la chaleur de la main , ne brûlait pas aisément à la flamme d’une bougie, et croquait fortement sous la dent. Quelques petits morceaux de ce faux opium, mis à macérer dans l’eau froide, ne tardaient pas à se déformer et à se déposer sous forme de poudre, composée en grande partie de sable
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et d’impuretés. L’eau devenait à peine d’une couleur ambrée. L’alcool dans les mêmes circonstances se colorait aussi légèrement, mais les fragmens conservaient leur forme. Enfin, d’après l’ensemble de ses propriétés, ce faux opium nous a paru n’être qu’un mélange de résidus d’extrait d’opium et de sable unis entr’eux au moyen d’un mucilage , et auquel on avait donné la forme et l’apparence de l’opium du Levant.
L’opium a fait le sujet des recherches d’un grand nombre de chimistes et de pharmaciens. Ceux qui s’en sont occupés avec le plus de succès sont MM. Derosne , Armand Séguin, Sertuerner, llobiquet , Hottot, Dublanc, Piobinet, etc.
Les usages de l’opium sont trop connus , et les préparations pharmaceutiques dans lesquelles il entre sont trop nombreuses , pour qu’il soit besoin de les rappeler ici.
OR ET ARGENT (Matières d’). Les matières d’or et d’argent brutes ou fabriquées sont susceptibles d’une altération indéfinie , tant sous le rapport de la nature du métal étranger qu’on peut y introduire que sous celui de la proportion dans laquelle on peut le
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faire entrer. Néanmoins, celui que l’on y rencontre presque exclusivement est le cuivre. Sa présence peut êtreconstatée clans l’argent, en dissolvant l’alliage dans l’acide nitrique, et opérant sur cette dissolution comme il a été dit à l’article Nitrate d’argent.
Il est arrivé quelquefois que l’on a ren« contré de l’or dans l’argent du commerce. Lorsque cela arrive, ce qui est très rare aujourd’hui, on aperçoit, en dissolvant l’argent dans l’acide nitrique pur (exempt d’acide hydro-clnorique), une poudre brune se déposer, qui n’est autre chose que de l’or métallique très divisé que l’on peut recueillir.
L’or renferme ordinairement du cuivre et de l’argent; le dernier métal se reconnaît en traitant l’alliage par l’eau régale, qui dissout le cuivre et l’or et convertit l’argent en chlorure. Ce dernier reste sous forme de flocons qui se colorent promptement par l’action de la lumière, et qui sont susceptibles d’être dissous par l’ammoniaque. Quant au cuivre qui est en dissolution avec l’or, il faut, pour en constater la présence, évaporer la dissolution acide, la reprendre par l’eau, y ajouter une dissolution de proto-sulfate de fer qui précipite l’or à l’état métallique sous
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forme de poudre, et dans le liquide restant verser de l’ammoniaque, qui devra lui communiquer une couleur bleue s’il renferme du cuivre.
Les essais des matières d’or et d’argent se font aussi par la voie sèclie ; ce mode d’essai est même le seul qui soit reconnu par la loi, toutes les fois qu’il s’agit de constater le titre d’un objet d’or oii d’argent. Le procédé que l’on suit est très facile à comprendre, mais il exige cependant pour être exécuté avec précision une habitude et une pratique particulière, que l’on ne doit pas espérer de rencontrer, même dans les personnes les plus exercées aux manipulations de laboratoire. Nous nous dispenserons donc d’entrer, au sujet de ce procédé , dans aucun détail ; on le trouvera décrit d’ailleurs dans les ouvrages de Chimie, et particulièrement dans le Manuel de V essayeur, publié par M. Vauquelin . Nous nous bornerons à indiquer les divers titres des matières d’or et d’argent admis par la loi, et les moyens de les reconnaître d’après les marques que portent les pièces.
O11 appelle titre de i’or ou de l’argent , le rapport qui existe entre la quantité de métal pur et la masse de l’alliage. Ce rapport
était exprimé autrefois de diverses manières. Pour l’or, par exemple, on l’exprimait en 24e que l’on appelait karat, et en 3 2e de 24e ou de karat; ainsi, lorsqu’on disait de l’or à 22 karats, on exprimait que l’alliage contenait ~~ de fin, c’est-à-dire 22 parties d’or, et deux parties de métal étranger. De l’or à 22 karats 3“ était de l’or contenant, sur 24 parties, 22 parties et de partie de fin.
Le titre de l’argent s’exprimait en deniers et en grains. Le denier représentait un douzième, et le grain un vingt-quatrième de denier ou un 288e de l’unité.
Ainsi de l’argent à 11 deniers 12 grains était de l’argent renfermant 1 1 douzièmes et demi d’argent pur.
Ces dénominations et la manière d’exprimer le titre des objets d’or et d’argent ont été abrogées par la loi du 18 brumaire an VT, qui a ordonné que les titres de tous les objets d’or et d’argent seraient exprimés à l’avenir en millièmes; ainsi de l’or au titre de 750 contient 750 millièmes d’or pur ; il en est de même pour l’argent. Néanmoins les anciennes dénominations sont encore très souvent usitées dans le commerce. La loi que nous venons de citer fixe à trois les seuls titres
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légaux de l’or, et à deux ceux de l’argent. Les titres légaux de l’or sont de 920,840 et y5o millièmes; ceux de l’argent sont de g5o et 800 millièmes, correspondant respectivement à 22 karats ~ et 20 karats-^ et et 18 karats pour l’or; et à 1 1 deniers 9 grains ^5-, et 9 deniers il\ grains | pour l’argent. O11 pourra d’ailleurs convertir facilement les titres exprimés en deniers , grains et karats , en millièmes, et réciproquement, en observant que 1 karat égale 14 millièmes 7 dixièmes ou 0,0147; cIu un 32e de karat égale o,ooi3 ; qu’un denier égale o,o833, et qu’un grain vaut o,oo35.
Le commerce des matières d’or et d’argent est soumis en France à un régime particulier, qui a été fixé par la loi déjà citée, et d’après lequel on ne peut vendre aucun objet d’or et d’argent qui n’ait été préalablement analysé par les essayeurs des bureaux de garantie préposés à cet effet , lesquels marquent ensuite d’un poinçon particulier l’ouvrage essayé. Ce sont ces marques qui constatent et garantissent pour l’acheteur le titre, et par conséquent la valeur de l’objet qu’il achète; il importe donc de savoir les reconnaître.
La plupart des objets d’or ou d’argent ont
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trois marques particulières. La première, et celle qui doit précéder toutes les autres, est la marque du fabricant. Cette marque est ordinairement un lozange, dans lequel est inscrite la première lettre de son nom, avec un symbole ou figure quelconque propre à chaque fabricant, et reconnu par l’administration de la monnaie. O11 peut par conséquent en toutes circonstances , à l’aide de ce symbole, remonter au fabricant d’un objet reconnu faux ou à un titre inférieur à celui indiqué. Ce titre est constaté par le deuxième poinçon, qu’on appelle poinçon cle titre. Ce poinçon offre un périmètre régulier dans lequel est inscrit un symbole ou figure particulière, qui varie dans les diverses localités, et suivant que l’administration le juge nécessaire, mais qui porte toujours pour les objets d’argent, le n° 1 ou 2?>et pour les objets d’or, les nos 1, a ou 3. Ces numéros sont indicatifs des titres. Le n° 1 indique le titre supérieur, qui est pour l’argent de q5o millièmes, et pour l’or de 920 millièmes. Les autres indiquent le 2e et le 3e titre.
Enfin , il y a un troisième poinçon que l’on appelle de garantie , indiquant par un sym-
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bole particulier le bureau de garantie dans lequel l’essai a été fait. Les ouvrages d’orfèvrerie d’or ou d’argent, trop petits pour recevoir l’empreinte des trois poinçons ci-dessus , sont marqués d’un seul poinçon neaucoup plus petit, sans indication de titre ; mais néanmoins , ce poinçon n’est apposé qu’après essai, et après qu’il a été reconnu que l’objet n’est point inférieur au plus bas titre légal. Ainsi, les objets qui en sont marqués peuvent être achetés en toute sûreté ; seulement, il faut les considérer comme étant au plus bas titre.
Les lingots d’or et d’argent se vendent et s’achètent également après essai. Le titre se trouve indiqué sur le poinçon de l’essayeur qui, en outre, doit mettre son nom sur le lingot avec les chiffres indicatifs du vrai titre et un numéro particulier.
Il faut faire observer, relativement au titre des objets d’or et d’argent, que la loi accorde une certaine tolérance aux fabricans. Cette tolérance est de 3 millièmes pour l’or et 5 millièmes pour l’argent, et que par conséquent une pièce d’or ou d’argent peut être de 3 ou 5 millièmes au-dessous du titre in-
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diqué par le poinçon , sans qu’on puisse exercer aucun recours contre le vendeur.
OXALATE ACIDULE DE POTASSE , Sel d’oseille. Ce sel, qui nous vient de Suisse et d’Angleterre, et qu’on extrait dans ces contrées de deux plantes nommées rumex acetosella et oxalis acetosella de L. , est cristallisé en petits parallélépipèdes tronqués, d’un blanc opaque, rougissant le tournesol, peu solubles dans l’eau et dans l’alcool.
On trouve quelquefois du sel d’oseille qui renferme de petits cristaux de tartrate acide de potasse, qui, quoique d’une forme différente, sont cependant assez difficiles à distinguer à la simple vue. La différence de solubilité des deux sels n’étant pas non plus assez tranchée pour permettre de reconnaître facilement cette fraude, le seul moyen dont on puisse se servir avec avantage, est d’en projeter une pincée sur des charbons ardens. Quand le sel d’oseille est pur, il brûle sans manifester aucune odeur , tandis que celui qui contient du tartrate acide de potasse laisse exhaler l’odeur particulière au tartre qui brûle, et qui est fort reconnaissable.
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L’oxalate acidulé de potasse est employé à plusieurs usages dans les arts. Il entre aussi dans la composition des pastilles désaltérantes.
OXIDE BLANC D’ANTIMOINE. Antimoine
DIAPHORETIQUE, AnTIMONIATE DE POTASSE. Ce produit se prépare en introduisant dans un creuset chauffé au rouge une partie d’antimoine en poudre et deux parties de nitrate de potasse. Quand la déflagration est opérée, on chauffe pendant une demi -heure, et l’on projette la masse dans de l’eau froide; enfin, on lave la poudre qui se dépose jusqu’à ce que l’eau n’offre plus de traces d’alcalinité.
Dans le commerce, le peroxide d’antimoine est sujet à être mélangé avec du carbonate ou du phosphate de chaux que l’on obtient par la calcination des os.
L’une et l’autre de ces sophistiqueries se reconnaissent aisément en traitant le mélange par l’acide nitrique faible, qui, dans le premier cas, dissout le carbonate de chaux avec effervescence, et fournit une dissolution de nitrate de chaux , reconnaissable aux caractères qui distinguent les sels de
chaux, et particulièrement à la propriété de 11e pas précipiter par l’ammoniaque, et de donnerai! contraire par le sous- carbonate de potasse un précipité abondant qui calciné fournit de la chaux caustique.
Si le peroxide d’antimoine contient du phosphate de chaux, l’acide nitrique le dissout également, mais sans effervescence; et la dissolution, saturée par l’ammoniaque, laisse précipiter une matière blanche gélatineuse, à laquelle on reconnaît facilement toutes les propriétés du phosphate de chaux.
L’antimoine diaphorétique entre dans la composition de la poudre cornachine et de la poudre absorbante. On l’emploie dans la peinture sur porcelaine, pour obtenir des tons jaunes plus ou moins riches.
OXIDE BLANC D’ARSENIC, Arsenic blanc. Cet oxide, dont l’action délétère est généralement connue, est d’un blanc d’émail, d’une cassure vitreuse et conchoïdale, d’une saveur âcre et nauséabonde excitant fortement la salivation. Il est volatil au-dessous de la chaleur rouge, et donne naissance en se vaporisant à une fumée blanche, épaisse,
d’une odeur d’ail très prononcée. Il est plus soluble dans l’eau à chaud qu’à froid et cristallise par le refroidissement en tétraèdres presque opaques; sa dissolution, lorsqu’il est pur, est sans action sur les couleurs végétales.
L’oxide blanc d’arsenic pulvérisé étant souvent employé en poudre à divers usages et particulièrement pour amender les terres, ou pour mélanger au grain que Ton sème, afin de détruire les insectes qui seraient susceptibles de l’attaquer , il arrive quelquefois que ceux qui le pulvérisent y mêlent de la craie ou du sulfate de chaux. Le moyen le plus sûr de reconnaître cette fraude est d’en mettre une pincée dans une cuiller de fer, et de l’exposer à l’action du feu jusqu’au point de la faire rougir ; quand l’oxide d’arsenic est pur, il se volatilise complètement; si au contraire il contient l’un des deux sels, ce dernier reste dans la cuiller.
L’oxide d’arsenic est employé dans les arts pour préparer le vert de Scheèle (arsenite de cuivre). Dans quelques verreries et cristalleries, on en projette une portion dans les creusets qui contiennent la matière en fusion, afin que l’oxide qui se volatilise au travers
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de la masse, la rende plus homogène et accélère la vitrification. En Pharmacie, on se sert de l’oxide blanc d’arsenic pour préparer les arseniates de potasse et de soude. 11 entre dans la composition de la poudre anti-carcinomateuse du frère Corne , et dans celle de Rousselot, contre les cancers.
OXIDE DE MANGANÈSE. V. Manganèse.
OXIDE DE MERCURE (deuto), Précipité rouge. Cet oxide s’obtient en décomposant le nitrate de mercure par la chaleur. Il est d’une couleur rouge qui varie entre le rouge foncé tirant au pourpre, et le rouge-jaunâtre. Celui qu’on désigne sous le nom de précipité per se est dans le premier cas; mais l’intensité de sa couleur s’affaiblit beaucoup par la division. On vend l’oxide rouge de mercure dans le commerce sous la forme de pains orbiculaires , aplatis, minces , ou en morceaux irréguliers; les uns et les autres sont composés d’une multitude de petites paillettes micacées , quelquefois assez larges et assez brillantes pour pouvoir être facilement distinguées, etavant peu d’adhérence entre elles. D’autres fois les morceaux ont
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une cassure terreuse, ce qui tient à la manière dont la préparation a été conduite. Sous cet état, il est moins estimé que le précédent.
L’oxide rouge de mercure peut être falsifié, surtout lorsqu’on le vend en poudre, avec du minium, de la mine orange, de la brique pilée, ou toute autre substance dont la couleur se rapproche de la sienne; mais toutes ces falsifications se reconnaissent facilement en chauffant dans un tube de verre une petite quantité de l’oxide que l’on suppose être mélangé. L’oxide de mercure se décompose , par l’action de la chaleur, en mercure et en oxigène qui se dégagent, et les substances étrangères demeurent en totalité ou en partie au fond du tube.
Si l’oxide rouge de mercure était mélangé avec quelque matière végétale , l’action de la chaleur donnerait lieu à beaucoup d’acide carbonique ; mais il suffirait pour la séparer de délayer le mélange dans de l’eau. Celle-ci tiendrait la matière végétale en suspension beaucoup plus long-temps que l’oxide de mercure , qui gagnerait sur-le-champ le fond du vase, et qu’on pourrait isoler par une décantation rapide. Indépendamment de ces falsifi-
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cations, l’oxide rouge de mercure contient toujours une certaine proportion de nitrate non décomposé, ce qui peut être un inconvénient dans quelques circonstances. O11 reconnaît que l’oxide est dans ce cas lorsqu’en le chauffant on voit se produire des vapeurs rougeâtres ; cela arrive presque constamment avec l’oxide du commerce. Pour le purifier, il suffit de le chauffer de manière à en décomposer une portion, et jusqu’à ce que le gaz qui s’en dégage ne soit plus que de l’oxigène pur.
L’oxide rouge de mercure est employé en Médecine comme escarrotique ; il entre dans la composition de plusieurs pommades antiophthalmiques.
OXIDE DE PLOMB (proto), Litiiarge.
La litharge se trouve dans le commerce sous forme de petites écailles minces, brillantes, micacées, d’une couleur rougeâtre; elle provient toujours de l’oxidation artificielle du
plomb, dans le traitement des minerais de plomb argentifères. Il en existe de plusieurs nuances; elle a quelquefois un ton pâle, blanchâtre, terreux, d’autres fois une nuance rouge qui a de l’éclat et de la viva-.
cité; cette dernière, qui nous vient particulièrement d’Angleterre, est toujours préférée. La litharge réduite en poudre fine se dissout complètement dans les acides acétique et nitrique. Lorsqu’on verse dans ces dissolutions de l’eau hydro-sulfurée, du sulfate de soude ou du chrômate de potasse, on obtient un précipité qui, dans le premier cas, est noir; dans le second, blanc; et dans le troisième, jaune.
La pureté delà litharge peut être altérée, soit par des matières étrangères naturellement contenues dans le minerai d’où on la retire, soit par des substances ajoutées frauduleusement. Les corps étrangers que contient la litharge sont le fer et le cuivre, ils se rencontrent surtout dans les litharges de France et d’Allemagne. Le meilleur moyen de constater leur présence, est de dissoudre la litharge dans l’acide nitrique pur, de verser dans la dissolution une suffisante quantité de sulfate de soude, de manière à précipiter le plomb à l’état de su lfate , de filtrer et de verser dans la liqueur un excès d’ammoniaque. Si la litharge contient du cuivre, la liqueur ammoniacale prendra une teinte bleuâtre; si au contraire l’ammoniaque a fait naître dans le
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liquide un précipité brun -jaunâtre, ce sera un indice manifeste de la présence du fer. Il est évident que si après avoir lavé le précipité on le dessèche fortement, et qu’on le pèse, on aura le poids de l’oxide de fer contenu dans la litharge.
Pour connaître le poids du cuivre, il faudrait traiter la dissolution ammoniacale par l’acide nitrique, et dans cette nouvelle dissolution plonger une lame de fer qui séparerait le cuivre à l’état métallique.
On a quelquefois mélangé à la litharge du sable rougeâtre micacé, qui offre quelque ressemblance avec ce produit; mais on reconnaît facilement cette grossière falsification en traitant le mélange par l’acide acétique, qui dissout la litharge sans attaquer le sable.
La litharge sert en Pharmacie à la préparation de quelques sels de plomb, et fait la base de la plupart des emplâtres. Elle est aussi d’un grand usage dans les arts.
OXI - SULFURE D’ANTIMOINE HY- DRATÉ. V. Kermès.
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PASTILLES D’IPÉCA CU ANHA. Ces pastilles , débitées souvent par les confiseurs , les épiciers et les herboristes, ont subi le sort de tous les médicamens que l’on vend au-dessous de leur valeur réelle; elles ont été falsifiées. La fraude consiste à remplacer l’ipécacuanha qui entre dans leur composition , par une certaine proportion d’émétique, substitution qui peut, dans quelques cas, donner lieu à des accidens assez graves.
On la reconnaît en dissolvant dans l’eau quelques-unes de ces pastilles, et examinant si le soluté laisse déposer de l’ipécacuanha. Celles préparées avec l’émétique ne donnent jamais lieu à aucun précipité , mais si l’on filtre le soluté , et qu’on y verse quelques gouttes d’eau hydro - sulfurée , le liquide se colore promptement en jaune - orangé. L’eau de chaux y occasione aussi un trouble très prononcé, et par suite un précipité blanc.
PHOSPHATE DE SOUDE. Le phosphate de soude des pharmacies se prépare par la
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double décomposition du phosphate acide de chaux et du carbonate de soude. Ce sel est difficile à obtenir parfaitement pur, et, dans ce cas, il revient à un prix élevé. On a par conséquent un double motif de se tenir en garde contre celui que Poil trouve dans le commerce.
Le sel avec lequel le phosphate de soude se trouve ordinairement mélangé ou combiné, est presque toujours le sulfate de soude; il arrive même souvent qu’on lui substitue ce dernier, qui a, il est vrai, quelque analogie avec lui, mais qui en diffère cependant par les caractères que nous allons faire connaître.
Le phosphate de soude cristallise en prismes rhoinboïdaux transparens, s’effleurissant lentement au contact de l’air, et perdant par une dessiccation complète 61,71 pour 100 de leur poids. Leur saveur est faible, sans amertume, nullement désagréable. Ils verdissent le sirop de violettes et se dissolvent dans l’eau; lorsqu’à la dissolution on ajoute un sel barytique, il se forme un précipité abondant, complètement soluble sans effervescence dans l’acide nitrique.
PHO 353
Le sulfate de soude, au contraire, cristallise en prismes à 4 pans striés, très facilement efflorescens , d’une saveur amère et désagréable, sans action sur le tournesol et le sirop de violettes. Sa solution précipite abondamment les sels de baryte, mais le précipité ne se redissout dans aucun acide.
Ces caractères seront toujours suffisans pour distinguer les deux sels l’un de l’autre, et pour constater laprésence du sulfate de soude lorsqu’il sera mélangé au phosphate de la même base. Si l’on veut ensuite en déterminer la proportion, il faudra prendre une certaine quantité du mélange, le chauffer fortement de manière à le dessécher complètement, le peser ensuite, puis le dissoudre dans l’eau, verser dans la dissolution du nitrate de baryte jusqu’à précipitation complète, ajouter un excès d’acide nitrique pur pour redissoudre le phosphate de baryte. Le résidu sera composé de sulfate de baryte, et son poids fera connaître celui du sulfate de soude.
Si l’on s’apercevait que l’acide nitrique versé sur le précipité donnât lieu aune effervescence, ce serait un indice que le sel essayé contient du carbonate de soude ; pour en