‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 90 sur 100 · STR · texte numérisé non relu

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alcaline, que les deux mêmes chimistes ont trouvée antérieurement dans l’écorce de fausse angusture, et à laquelle ils ont donné le nom de brucine. Le procédé qu’on suit ordinairement pour l’extraction de la strychnine ne permettant pas d’obtenir cette substance exempte de brucine, on est obligé pour les séparer l’une de l’autre de profiter de leur différence de solubilité. Pour cela, on traite le mélange des deux bases par l’alcool froid à 22°, qui s’empare de la brucine sans dissoudre sensiblement de strychnine; on reprend en outre la strychnine par de l’alcool à 36° bouillant, et l’on abandonne la liqueur à une évaporation spontanée ; la strychnine cristallise, et comme la brucine est plus soluble , elle reste dans les eaux-mères.

On peut encore traiter ces deux bases par l’acide nitrique et concentrer la dissolution: le nitrate de strychnine cristallise facilement, tandis que celui de brucine reste dans la liqueur.

Malgré ces précautions, la strychnine est encore souvent mêlée à de la brucine que l’on néglige la plupart du temps de séparer entièrement; mais la propriété que possède cette dernière de devenir d’un rouge de sang

suc

foncé par son contact avec l’acide nitrique, et de précipiter en brun par l’hydro-chlorate de protoxide d’étain, fera toujours reconnaître la strychnine pure qui , par cet acide et ce sel, n’éprouve aucun changement dans sa couleur.

On prépare avec la strychnine une teinture et des pilules que l’on administre dans les cas de paralysie; leur emploi demande la plus grande circonspection.

• SUC D’ACACIA. Ce suc qui est aujourd’hui fort peu usité, s’obtient en exprimant les fruits encore verts du mimosa nilotica de L., arbre de la polygamie monœcie, de la famille des légumineuses, qui croît en Égypte

et en Syrie. Lorsque ce suc est évaporé en consistance d’extrait, on l’introduit dans des vessies, et quand la dessiccation est complète, on nous l’expédie par la voie de Marseille. U est solide, d’une couleur brun-rougeâtre, sans odeur, d’une saveur acerbe, douceâtre , mucilagineuse et astringente , et ne se dissout qu’en partie dans l’eau. La portion insoluble dans ce menstrue se dissout très facilement dans l’alcool et colore ce liquide en rouge foncé. D’après M. Guibouit le soluté

suc

aqueux, essayé par le sulfate de fer, se colore promptement en bleu noir et donne lieu à un précipité abondant. L’oxalate d’ammoniaque et l’émétique le précipitent fortement et la gélatine y fait naître un précipité tenace et élastique.

Le suc d’acacia étant devenu très rare dans le commerce, on lui substitue habituellement', sous le nom & acacia nostras , le suc épaissi des fruits non encore murs du prunus spinosa de L., arbrisseau de l’icosandrie monogynie , famille des rosacées, qui croît dans les baies et les lieux incultes. Ce suc qui nous vient d’Allemagne renfermé dans des vessies, est d’une couleur brune, d’une saveur plus acide , plus âcre et plus astringente que celle du précédent, et plus soluble dans l’eau et dans l’alcool.

Le soluté aqueux de ce faux suc d’acacia devient d’une couleur verte peu foncée par le sulfate de fer, ne précipite pas par la gélatine et l’émétique, et donne lieu par l’oxalate d’ammoniaque à un louche très sensible , mais sans dépôt apparent. Ces propriétés si différentes du vrai et du faux suc d’acacia suffiraient seules pour les faire distinguer.

suc

Le suc cl’acacia entre dans la thériaque , le mithridate et les trochisques de karabé.

SUC DE CITRON. Le suc de citron se prépare en soumettant à la presse les citrons privés de leur zeste et débarrassés de leurs semences. Afin qu’il se dépure, on l’abandonne au repos pendant quelques jours , puis on le décante et on le filtre. Il est alors d’une couleur jaunâtre, d’une saveur acide , agréable, particulière. 18 grammes de ce suc saturent 2 grammes environ de sous-carbonate de potasse sec.

Selon quelques auteurs, on falsifie quelquefois le suc de citron avec les acides minéraux, mais ces fraudes peuvent être reconnues par les procédés indiqués à l’article Vinaigre.

Celles qui consistent à remplacer le suc de citron par le verjus ou l’acide tartrique se pratiquent plus fréquemment que toutes les autres , et on le fait avec d’autant moins de scrupule, que plusieurs pharmaciens ont à diverses époques autorisé cette substitution en cas de disette des citrons (i). Néanmoins

(0 Observations sur la clarification du suc de ci-

on parviendra toujours à les reconnaître, en versant dans ces liquides une dissolution d’acétate de potasse. Après quelques instans, on voit se déposer au fond du verre une multitude de petits cristaux grenus et transparens , que l’on reconnaît facilement pour du tartrate acide de potasse provenant de la combinaison de l’acide tartrique avec la potasse de l’acétate. Le citrate de potasse étant très soluble dans l’eau , le même phénomène n’a pas lieu avec le suc de citron pur.

Le suc de citron sert à l’extraction de l’acide citrique et à la préparation du sirop de limon ; il entre dans la potion anti-émétique de Rivière et fait la base de la boisson appelée limonade.

SULFATE DE CUIVRE. Le sulfate de cuivre , que l’on désigne aussi dans le commerce sous le nom de vitriol bleu , est en cristaux isolés demi-transparens, d’un bleu foncé, qui se recouvrent d’une pellicule blanchâtre et opaque lorsqu’ils restent long-

tron , par M. Couret fds , pharmacien à Saint— Gaudens, ( Journal de la Société des pharmaciens de Paris , ans vi, vu et vin de la république , p. 23o )

temps exposés à l’action d’un air sec; leur saveur est styp tique , métallique et extrêmement désagréable ; ils se dissolvent dans l’eau, qu’ils colorent en bleu clair.

Lorsque dans cette dissolution on verse de l’ammoniaque, on obtient d’abord un précipité bleu-clair , qui se redissout dans un excès d’ammoniaque et colore la liqueur en bleu foncé. La meme dissolution précipite en vert par l’addition de quelques gouttes d’arsenite de potasse, et en brun marron par l’hydro-ferro-cyanate de potasse. Le premier précipité constitue ce que l’on désigne communément sous le nom de vert de Seize è le.

Le sulfate de cuivre du commerce contient souvent une portion notable de fer à l’état de sulfate. Ce dernier sel se combine en effet facilement au sulfate de cuivre, et forme avec lui un sel double qui cristallise très bien ; mais ces cristaux ont une couleur moins pure que ceux du sulfate de cuivre, et qui sc rapproche d’autant plus de la couleur verte du sulfate de fer que la proportion de ce dernier sel est plus considérable. En s’effleurissant ils se recouvrent d’une croûte jaunâtre ; de plus si dans une dissolution

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de ces cristaux on verse de l’ammoniaque en excès, on précipite d’abord les deux oxides métalliques, mais on ne tarde pas à redissoudre l’oxide de cuivre et à isoler ainsi l’oxide de fer. Si l’on agite pendant quelque temps à l’air le liquide dans lequel s’est précipité l’oxide de fer, celui-ci passe bientôt à l’état de peroxide ; on peut alors le jeter sur un filtre, le laver, le calciner et en prendre le poids.

Le sel que l’on trouve dans le commerce sous le nom de vitriol de Salzbourg , n’est qu’une combinaison à proportion variable de sulfate de fer et de sulfate de cuivre. Cette espèce de vitriol peut être employée avec avantage pour certains usages, particulièrement pour quelques teintures en noir, où l’on emploie à la fois le sulfate de fer et celui de cuivre, mais il est toujours utile de pouvoir déterminer au besoin la quantité de fer qu’elle renferme.

SULFATE DE MAGNÉSIE, Seld’Epsom, Sel de Sedlitz. Ce sel se présente sous la forme de petits prismes à L\ pans, brillans, terminés par des sommets dièdres ou des

pyramides quadrangulaires , croquant sous la dent , d’une saveur amère désagréable.

On voit fréquemment dans le commerce vendre du sulfate de soude pour du sulfate de magnésie. Cette substitution est tellement passée en usage, que l’on vend quelquefois du sulfate de soude sous le nom de sel d’Epsom de Lorraine, comme si c’était réellement une variété du sulfate de magnésie.

On peut distinguer ces deux sels l’un de l’autre aux caractères suivans. Le sulfate de soude cristallise en longs prismes à six pans cannelés, plus transparens que ceux du sulfate de magnésie , mais s’effleurissant avec plus de facilité; sa saveur est fraîche, légèrement salée, moins désagréable que celle du sulfate de magnésie. Enfin on les reconnaît à ce qu’une dissolution de sous-carbonate de potasse ou de soude, versée dans une dissolution de sulfate de soude , n’y occasione pas de précipité, tandis qu’elle en détermine un blanc très abondant dans une dissolution de sulfate de magnésie.

Ce dernier caractère qui est très facile à constater, ne permet pas de confondre ces deux sulfates ; mais il ne serait plus suffisant, si les sels, au lieu d’être séparés, se trou-

v aient mélangés; car dans ce cas, le réactif que nous venons d’indiquer fournirait toujours un précipité qui annoncerait bien la présence du sulfate de magnésie , mais ne ferait pas connaître si ce sel contient ou non du sulfate de soude.

Il faut pour s’assurer si le sel que l’on essaie est entièrement formé de sulfate de magnésie, en prendre un poids connu, le dessécher fortement pour en chasser toute l’eau de cristallisation, noter la perte de poids, dissoudre ensuite dans l’eau distillée une portion du sel desséché, y verser du sous-carbonate de soude en excès, faire bouillir, laisser refroidir, filtrer, recueillir le précipité, le laver avec soin et le calciner fortement. On aura ainsi le poids de la magnésie , et par conséquent le poids du sulfate anhydre et celui du sulfate cristallisé, puisque 1 00 parties de sulfate de magnésie sec sont composées de 34,02 de magnésie et de 65, 98 d’acide sulfurique, et que 100 parties de sulfate cristallisé contiennent 4^,54 d’eau et 67,4 6 de sulfate sec (1).

(1) Ce mode d’analyse fournira une quantité de sulfate de magnésie un peu inférieure à la quantité

Il est évident que si l’on retranche du poids total du sel celui du sulfate de magnésie, indiqué par le précipité, on aura le poids du sulfate de soude ajouté; mais si l’on désirait avoir une preuve directe de la présence de ce dernier sel, et en déterminer la quantité par expérience, il faudrait prendre un poids connu du sel à essayer, le dissoudre dans l’eau, verser dans la dissolution de l’hydrochlorate de baryte jusqu’à précipitation complète de tout l’acide sulfurique, mais de manière cependant à ne pas mettre un excès de sel de baryte; filtrer la liqueur, laver le précipité, évaporer avec précaution la portion liquide jusqu’à siccité, et traiter à froid par de l’alcool rectifié le résidu qui est un mélange d’hydro- chlorate de magnésie et de chlorure de sodium. L’alcool dissoudra le premier de ces sels en totalité, et n’enlèvera qu’une très petite quantité du deuxième, de sorte que l’on pourra, sans faire une erreur très grande.

i celle , parce qu’il a été reconnu que les sous-carbonates alcalins ne précipitaient jamais entièrement la magnésie, et qu’il fallait pour parvenir à une précipitation complète employer de la potasse caustique. ( Longchamp.)

conclure le poids du sulfate de soude de celui du chlorure de sodium, connaissant d’ailleurs les proportions de chacun de ces composés, qui sont, pour le chlorure de sodium, de 290,92 de métal sur 44°»°4 de chlore, et pour le sulfate, de 390,92 de soude sur 5o i , 1 6 d’acide sulfurique. Le sulfate de magnésie est employé en Médecine comme purgatif.

SULFATE DE QUININE. Le sulfate de quinine est un des plus précieux médicamens que possède l’art de guérir, et un de ceux qu’on a le plus cherché à falsifier, en raison de son prix élevé. Dans son état de pureté, et tel qu’on doit l’employer en Pharmacie, il est blanc, cristallisé en aiguilles longues, soyeuses, légères, minces et peu consistantes; sans odeur, d’une saveur très amère, soluble dans 3o parties d’eau bouillante et dans 740 parties seulement d’eau froide à la température de i3°. Ces dissolutions froides sont toujours opalescentes.

A l’état cristallisé, le sulfate de quinine contient encore une certaine proportion d’eau, qu’on peut lui enlever entièrement en l’exposant pendant un temps convenable à l’étuve; il s’effleurit alors, perd son brillant

et sa forme , et ne présente plus qu’une masse blanche pulvérulente. A la température de ioo°, il devient lumineux, surtout lorsqu’il est frotté légèrement.

Le sulfate de quinine en dissolution fournit, avec les sels de baryte, un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l’eau et dans les acides} avec la potasse, la soude et l’ammoniaque, un précipité floconneux dont une partie se redissout dans un excès d’alcali. Les acides tartrique, oxalique, gallique, leurs sels solubles et l’infusé de noix de galle, font naître dans les dissolutions de quinine un précipité soluble dans un excès d’acide.

Diverses falsifications ont été tentées sur le sulfate de quinine. On y a d’abord mélangé du sulfate de chaux en petites aiguilles soyeuses; mais cette supercherie a été promptement reconnue en calcinant le mélange à l’air. Le sulfate de quinine se détruit complètement par la chaleur, tandis que celui de chaux reste intact, et peu tpar conséquent être recueilli et pesé (i). On pourrait opérer de

( i ) Le sulfate de quinine , celui même qui sort des

la meme manière pour reconnaître la présence de toutes les substances minérales qui ne sont pas susceptibles de se détruire par la calcination.

M. Chevallier y pharmacien de Paris, chargé d’examiner un sulfate de quinine qu’on disait provenir de fabriques étrangères et qu’on voulait vendre à bas prix, ne tarda pas à reconnaître qu’il était mélangé d’une certaine proportion de stéarine. Quoiqu’il ne soit pas probable qu’une semblable fraude puisse se continuer long-temps, en raison de la trop grande différence qui existe entre les propriétés des deux substances, nous devons

meilleures fabriques, contient toujours une petite proportion de sulfate de chaux, qui provient de la préparation elle-même. Comme on fait réagir de l’acide sulfurique faible sur la quinine , de telle manière que la liqueur reste sensiblement acide, et qu’on sature cet excès d’acide en ajoutant à la dissolution du charbon animal ordinaire, une portion du sous-carbonate de chaux que renferme ce dernier est alors décomposé, et il se forme une quantité de sulfate de chaux proportionnelle à la quantité d’acide restée libre. C’est une portion de ce sulfate qui se précipite pendant la cristallisation du sulfate de quinine.

néanmoins rapporter le procédé indiqué par M. Chevallier lui-méme pour reconnaître cette falsification. Il consiste à traiter le mélange par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, qui dissout le sulfate sans attaquer la stéarine qui vient nager à la surface du liquide. Lorsqu’on chauffe le tout, la stéarine se divise sous forme de petites gouttes transparentes qui reprennent de l’opacité par le refroidissement.

Dans un rapport que M. Dublanc jeune fit à la Société de Pharmacie, sur plusieurs numéros du Journal de Geiger, professeur à Heidelberg, il annonça que M. Finkler avait rencontré du sulfate de quinine mélangé à du sucre en poudre. Pour reconnaître cette sophistiquerie, on dissout dans l’eau le sulfate de quinine, et i on verse dans le soluté une quantité suffisante de sous-carbonate de potasse pour précipiter toute la quinine; on filtre, et l’on évapore la liqueur qui necontient que le sucre et une petite quantité de sulfate de potasse. Si l’on veut l’isoler entièrement, il faut traiter le résidu par l’alcool à 3o°.

Ce meme mode d’examen peut s’appliquer à la mannite, qu’on a aussi trouvée mélangée au sulfate de quinine, et qui s’en

rapproche beaucoup plus que le sucre par ses caractères physiques.

Il est encore une falsification du sulfate de quinine que nous devons ajouter aux précédentes et qui, bien qu’elle n’ait pas été signalée jusqu’à ce jour, n’est peut-être pas !a moins pratiquée; c’est celle qui consiste à y mélanger du sulfate de cinchonine. Cette addition est sans doute moins condamnable que les autres, eu égard à l’analogie d’action qui peut exister entre ces deux sels; mais néanmoins nous avons cru convenable d’en donner connaissance.

Le sulfate de cinchonine peut être obtenu en traitant les quinquinas gris par un procédé analogue à celui dont on fait usage pour l’extraction du sulfate de quinine ; mais le plus ordinairement on l’obtient sans le rechercher, et comme produit secondaire du sulfate de quinine; car les quinquinas jaunes (pie l’on emploie renferment tous une petite proportion de cinchonine qui se transforme en sulfate de cinchonine, et comme il est beaucoup plus soluble que le sulfate de quinine, il reste en dissolution dans les eauxmères; c’est par l’évaporation des ces eauxmères qu’on se le procure. Le sulfate de

cinchonine fournissant des cristaux plus transparens, plus solides, plus compactes, plus gros et plus lourds que ceux du sulfate de quinine, on est dans l’habitude de troubler cette cristallisation. Par ce moyen on obtient des cristaux très fins , qui ne peuvent plus se distinguer à la simple vue du sulfate de quinine avec lequel on le mélange; mais on peut reconnaître le sulfate de cinchonine en dissolvant à chaud le mélange des deux sels dans de l’eau légèrement aiguisée d’acide sulfurique, faisant cristalliser le sulfate de quinine, et évaporant les eaux-mères afin d’en extraire les dernières portions de ce sulfate; enfin, en versant dans le résidu qui refuse de cristalliser une petite quantité de sous-carbonate de potasse, recueillant le précipité et le traitant par l’alcool. Si le sulfate de quinine essayé est mélangé de sulfate de cinchonine, cet alcool évaporé lentement fournira des cristaux de cinchonine très reconnaissables à leur saveur amère, à leur insolubilité dans l’eau froide, à leur solubilité dans l’alcool et à l’action de cette dissolution sur la teinture du tournesol rougie.

SULFURE DE MERCURE, Cinabre, Yer-

millon. Le sulfure de mercure est le résultat de la combinaison du soufre avec le mercure. On le trouve en abondance à l’état naturel à Almaden en Espagne, à Idria en Carniole, au Pérou, en Chine, etc., etc. Toutefois ce cinabre naturel étant rarement assez pur pour être broyé et employé dans les arts à l’état de vermillon, on ne s’en sert presque uniquement que pour extraire le mercure. C’est en combinant de nouveau le mercure avec le soufre que l’on prépare le cinabre artificiel. Les Hollandais ont été long-temps en possession de la fabrication du cinabre, mais aujourd’hui celui de ce pays est moins employé.

Les vermillons qui sont les plus usités dans les arts et les plus connus dans le commerce sont: i°. le vermillon de Chine , qui nous arrive de cette contrée, divisé par petits paquets d’environ une once et demie, et renfermé dans des papiers noirs lisses; il est très pur et d’une belle couleur rougecerise; 2°. le vermillon d'Illjrie ou $ Empire, qui provient des mines d’ Idria; il est contenu dans des poches de peau, du poids d’envron 1 4 kilogrammes et scellées du cachet autrichien; sa, couleur est moins foncée

que celle du vermillon de Chine; 3°. le vermillon de France, qui , bien qu’il ait une nuance rouge plus riche et plus éclatante que celle des deux précédens, est cependant regardé comme inférieur en qualité par les fabricans de cire à cacheter.

On mélange souvent dans le commerce le vermillon avec des substances qui s’en rapprochent par le poids et par la couleur : celles que les fraudeurs emploient avec le plus de succès sont la mine orange et le minium; mais, outre que ces oxides de plomb donnent au vermillon un aspect terne, il y a encore deux moyens de reconnaître cette sopliistiquerie. Le premier consiste à projeter une pincée de vermillon dans de l’acide nitrique pur; celui qui contient, soit du minium, soit de la mine orange, après quelques instans perd sa couleur rouge et passe au brun, tandis que le vermillon pur ne change pas. Le second moyen, qui est le plus sûr, est fondé sur la propriété que possède le vermillon pur de se volatiliser en entier par la chaleur. Pour essayer celui qu’on suppose mélangé, on en met dans une cuiller de fer bien décapée, et on l’expose à la chaleur; bientôt le vermillon se vaporise, et le

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