I. Applications métalliques. Métalloscopie. MéUllotliérapie
A. — Origines de la métalloscopie et de lamétallothérapie. — L'application des métaux sur la peau dans un but thérapeutique n'est pas un. médication contemporaine, et fait singulier, les précurseurs de< modernes adeptes du burquisme, en faisaient aussi usage coatre d--. affections nerveuses diverses.
Les plaques de plomb étaient préconisées par Galien (1) conlr-' l'érolomanie ; par Paul d'Égine (2) et Vanllelmont comme anti-aphrdisiaques, enfin par Avicenne et Paracelse comme analgésiques. De li sans doute, au siècle dernierTusage populaire des amutet/esrfe Saturm. dans les accouchements laborieux. Entre ces pratiques et l'emploi .1-; plomb à l'intérieur contre les névralgies, l'hystérie, la nymphonaaii, (Licutaud) et la mélancolie (Morgagni), la distance n'est pas plu.« grande qu'entre la métallothérapie externe et la métallothérapie intert
parle, inhalalion, d'élher el de chloroforme; arrêt des attaque» par lacomprettion rf« .• ticule gaHche;hémiaHesthésie gauche {Gat. méd. de Paru, n" 15, 1878). — Des,a.ts. >-oreuion dattaques d'hystérie quotidienne par la compretsion de$ ovatre» {Joumi-. -• sciènco méd. de Lille,im). - Bouineville. Influence de te compre«w» oramnw . la contracture hystérique récente {Progrès méd., p. 385 et «7, 8/7). -Oe T.»/»..-»-^la compression ovarienne sur divers accidents hystériques, henupugte, hemsoKSsUtne, . • Iraclure {Progrès méd., p. 22, 1881).
(1) Galien (lit. V).
(i) Paul d'Égino {lib. VII, sccl. 3).
des contemporains. Ces antiques médications ne devraient donc pas, logiquement du moins, être répudiées par leurs modernes parrains, quand bien même elles seraient filles de Tastrologie et de Talchimie.
L'or métallique, recommandé par Marcellus Epicurus contre les douleurs abdominales, par Alexandre de Trallcs contre les arthralgies, était employé par Pierre d'Albano (1) contre les douleurs néphrétiques.
Le cuivre sous forme de plaques métalliques était préconisé par les contemporains d'Aristote (2) pour calmer la douleur des plaies et Ton sait depuis longtemps que certains guérisseurs de Tlnde font usage dans un but thérapeutique des applications alternatives de plaques d'or et de cuivre. Le Pi- fan (3), pierre d'alun naturel, est employé par les Chinois, depuis une haute antiquité, en applications semblables à celles de la métallothérapie externe.
Les rénovateurs de cette dernière ont eu aussi, dans les temps modernes, des précurseurs nombreux, et parmi eux : Frank (de yilna)qui, en 1816, publiait l'observation d'une malade c qui était tirée de saléthargie aussitôt qu'on lui appliquait une montre d'or sur une partie du corps ». Quelques années après, en 1827, Sachs,commentateur de Wichmann (4-), répétant les expériences de ce dernier, observait une hystérique chez laquelle les contractures et les convulsions disparaissaient par l'application d'objets en fer. Dans les Éphémérides des curieux de lanature se trouve l'histoire clinique d'une jeune fille atteinte de paralysie nerveuse, qui fut guérie par l'application d'une armature de bijoux et de pièces de monnaie d'or. On lit aussi dans les Archives de médecine (5) l'observation d'une malade chez laquelle la catalepsie disparaissait par le contact de tiges de fer ou d'or, mais n'était pas modifiée par les plaques d'argent ; ce sont bien là les faits désignés de nos jours sous le nom nouveau d'idiosyncrasie métallique. Enfin une discussion récente a fait connaître l'emploi des plaques métalliques, en 1838, par Despine (d'Ail) (6) chez une hystérique, cataleptique et somnambule.
Tel était l'état de la question lorsque, quelques années plus tard, M. Burq(7), dans des communications successives à l'Académie, insistait sur les phénomènes produits par l'application des métaux, phénomènes qui ont été étudiés et contrôlés en 1876 et 1877 par la Commission de la Société de biologie.
(1) Sprengel (vol. U,p.203).
(!2) Dict. de» sciences méd.t 1838, article Coivrë.
(3) £d. Fournie. Revue méd. française et étrangère, 1881, 4 juin, p. 80.
ii) Wichmann. Ideen wr Diagnostik, 1787, et Hanovre, 1800, 1. 1, p. 150.
(5) Archives de méd., t. XXIII, p. 437.
(6) Despine (d'Aix). Observations de médecine pratique (Annecy, 1838j, et Despine neveu (Gai. méd. de Parif, 1877, 30 juin). — Monard. Lyon méd., 1880. — Burq. La métallothérapie devant le Lyon, méd, et le Bull, de thérap, Paris, 1881, Delahaye).
(7) Burq. Aead. des sciences, U février 1850, et Thèse inaug. Paris, 1851.
1130 NEVROSES COMPLEXES.
B. Métalloscopiey Mètallothérapie externe. — l'Chez cerlaineshy>iAriques amyoslhéniques et aneslhésiques, rapplicaiîon des métaui sur la pean pendant dix à vingt minutes provoque le retour de la sensibilité et de b force musculaire.
2* Dans une étendue de quelques centimètres au-dessus et au-dessous de l'armature métallique, te retour de Testhésie et delà motilitéest précédé de picotements, de formications, d'augmentation thermique et circulatoire et chez certaines malades de la production de dyseslhésie.
3"* Des piqûres sur la région malade, exsangues avant rapplicalloo des armatures, donnent un écpuiement sanguin aussitôt après.
4** La zone d'esthésie s'étend d'une manière progressive, et envahit successivement les membres et le tronc. En même temps on obsenele retour de la sensibilité sensorielle (ouïe, vue, goût, odorat) (t).
5* Les malades qui furent soumises à ces expériences étaient ânesthésiques depuis plusieurs années. Cliacune d'elles était sensible à uo seul métal, or, cuivre, fer, zinc, et insensible aux autres métaux. Ce phénomène constitue Vaplilude métallique de M. Burq. Quelquefois elle était insensible à deux ou plusieurs métaux ; la malade était alors bimétallique ou polymélallique. Enfin, le métal qui répondait à c«tle aptitude de la malade, était le métal actif y tandis que les métaux doat l'application ne donnait lieu à aucune modification, étaient désigDé> sous le nom de métaux neutres.
Cependant dans cette théorie, même dans les cas de bimétallisme ou de polymétallisme, il existerait toujours un métal actif, pour lequel Yaptitude de la malade serait plus manifeste. De là, Yidiosyncraù^ de chaque malade.
Si ces faits étaient toujours vrais, en face de toute affection nerveuse. le problème à résoudre serait le suivant : chercher le métal actif parla métalloscopie, l'appliquer à Textérieur suivant les lois de la méiall> thérapie externe, et l'administrer à l'intérieur à l'aide des procédés i^ la mètallothérapie interne. Malheureusement les faits conformes à cetir^ théorie sont encore trop rares pour que la mètallothérapie intciQ. prenne définitivement droit de cité dans la thérapeutique.
Les phénomènes étudiés depuis la publication des rapports de la Commission et mis en lumière parles médecins qui en étaient les membres, sont plus importants.
V Transfert. — Dans le transfert, on observe une véritable trans^iOMtion, au côté sain de l'anesthésie, de la parésie, des troubles circulatoire^ et thermiques qui existaient sur le côté malade.
2* Oscillations consécutives. — Après l'application du métal aclif, ;e transfert persiste durant quelque temps, et se répète alternativement.
(1) Rapports de la Commission de la Société de biologie. Go*, méd. de Paru, 18TT.p. !i' et 1878, 41*J-iô'K — Duinontpallier. Union médicale, octobre et noTembre 187^
d'un côté à Tautre du corps, pendant plusieurs heures. Cette sorte de balancement a pour effet de rendre successivement anesthésiques ou sensibles les mêmes régions d*un côté du corps, tandis que celles du côté opposé deviennent simultanément sensibles ou anesthésiques. Les oscillations peuvent se reproduire pendant un temps considérable dans rhémianesthésie hystérique. De plus, dans cette dernière, elles sont constantes, tandis que dans les hémianesthésies toxiques ou organiques (1), elles seraient exceptionnelles.
3* Anesthésie de retour ou métallique. — Chez quelques malades dont les troubles hystériques disparaissaient par la métallothérapie interne, une nouvelle application du métal actif faisait reparaître l'anesthésie primitive. Celle-ci débutait par une zone autour de laquelle elle s'irradiait en suivant une marche parallèle à celle des phénomènes primitifs d'esthésic, c'est-à-dire en s'étendant plus rapidement dans le sens longitudinal que dans le sens transversal. Enfm l'enlèvement desplaques était suivi du retour de l'esthésie. Ce serait cependant une erreur d'admettre que Tabsence de ces phénomènes de retour constitue un indice de guérison (2), comme le prouvent d'ailleurs certaines observations; dans ces cas, on a vu seulement l'aptitude métallique se modifier et une malade sensible au cuivre, par exemple, ne plus être influencée par ce métal et acquérir la sensibilité à l'or.
4» Superposition de métaux. — En superposant un disque d'argent à un disque d'or chez une malade dont l'aptitude métallique correspondait à l'or, on constatait que les phénomènes mélailoscopiques n'avaient plus lieu. On pouvait aussi par ce moyen les fixer à un moment quelconque de leur durée ou de leur succession. Enfin, on observait les mêmes effets par l'interposition d'un métal neutre, entre les centres nerveux et le point d'application du métal actif. L'application de ce métal neutre sur un bras et du métal actif sur l'autre bras était suffisante pour entraver encore la marche de ces phénomènes. En enduisant de cire à cacheter la face libre des disques, ou en interposant un morceau de soie entre deux disques superposés, on produisait aussi les mêmes effets; de sorte que les différences précédentes furent attribuées à des modifications dans la capacité électrique propre de chacun des métaux. Mais c'était là une hypothèse.
Pendant la durée de ces expériences, deux malades tombèrent en catalepsie ; on sait que ce phénomène peut être la conséquence de faibles excitations du système nerveux. MM. Brown-Séquard (3) et Benedikt (4) en
0) Prog. mfti., 15-29 novembre 1879.
(2) Richer. Étudei eUniquei iur VhifilérO'épilepiie ou grande hystérie. Paris, 1881, p. 1
(3) Brown-Séquard. Court de médecine expérimentale du Collège de Franu, année
(^) Benedikt. Neu Behand. Methoden der Spinal- Irritation (Wien, med, Press., n« 4,
AXEMFELD. 71
ont signalé des exemples, après Braid (1) dont le livre est si riche en faits de ce genre.
On peut donc conclure que dans Tétat hystérique ou du moins chez certaines hystériques, les anesthésies sensitivo-sensorielles, les parésies, les troubles thermiques et circulatoires périphériques sont quelquefois modifiés par des applications métalliques. Ces modifications sont accompagnées ou suivies par le transfert, les oscillations et fanes- Ihésie de retour, effets que, par la superposition ou radjonction d'un métal neutre nu métal actif, on peut fixer à un moment quelconque de leur manif(;station.
Après la métallothérapie externe et interne, l'enthousiasme aidant, on a voulu, au moyen de la métallothérapie balnéairey appliquer les phénomènes métalloscopiques à l'explication de l'action des eaux minérales sur l'organisme. M. Barely (2) et quelques médecins considèrent les effets thérapeutiques de la balnéation thermale comme une action de contact, d'ordre chimique el électrique, analogue par conséquent aux phénomènes métalloscopiques. Depuis les. recherches de Scoutteten, d'autres auteurs, tels que M. Bénard pour les eaux de Luxenil (S), M. Lambron pour celles de Luchon, M. Duhourceau (4) , MM. Armieux et Gigot Suart pour celles de Barègcs, ont étudié l'S réactions électriques des eaux minérales en s'inspirant plus ou moins des travaux de Becquerel sur les phénomènes électro-capillaires. Mais nous n'insisterons pas sur ce point; car de nouvelles recherches pourraient seules jeter un peu de lumière sur ces questions encore très obscures.
Il en est de même de Vh-i/dro-métallothérapie (5), qui n'est qu'un moyen de |)rovoquer les phénomènes dits métalloscopiques par les irritations cutanées de Texcitant thermique (eau froide ou chaude) el de l'excitant mécanique (choc du jet d'eau ou de la douche).
Les fiiils constatés ou découverts par la Commission de la Société de biolojiie ont soulevé des critiques sévères,telles que celle de Briquet (G», et des discussions auxquelles prirent part de nombreux médecins français et étrangers, Westphal, Thompson, Wilks, Muller (7) el autres
{[) Braid. Xeunjpneuloijtj, or the rationale of nervous sleep cowùdered in relation wî^ animal magnetism. Londoii, 1843.
(t) Hareiy. La métallothérapie balnéaire {\ice méd., n* 2, A* année.)
i3) Bênai-xl. ^tude sur les réactions électriques des eaux de Luxemi {Àun. d'ky*ir^ilop'.
(l) Dualiourcoau. Eaux sulfureuses el métallothérapie {Ann. d'hydrologie, 18lft)-8t,p. ^^•^'- — Vov. encore à ce sujet : Burq. Traitement de la cliloro-anémie et du diabète par le< m^ taux et les eaux minérales qui encontiennent^ 1871. — Burq. La métaUotkertpte ur}** 18:vi, p. 14.
jô' Thermes. France méd.^ ti oct. 1871, p. 675.
(G( Briquet. Bull. gén. de therap.^ p. 436.30 nov. 1880. ) Westphal. /;?fr/iH.A///i. Uor/iffi.i{., il* juillet 1878, p. 441. — Vot. pour celle dijoii^-j-o Thompson, lirit, med. Joum., 3 nov. 1877, t. 11, p. 0:21. — Sciamanâ. (?«a. wud, et /•«'*'•
encore. Une des conclusions de ce débat, qui est loin d'être terminé^ est que les métaux agissent, comme les autres agents d'excitation périphérique, au point de vue physiologique, mais sont inférieurs en énergie à beaucoup de ces derniers, au point de vue thérapeutique.
C. Des procédés et des expériences qui ont pour objet V étude et la démonstration des phénomènes produits chez les hystériques par remploi des métaux et des autres agents (Texcitation périphérique. — Dans de telles recherches, il est indispensable de prévenir toutes les causes de simulation de la part des malades hystériques et d'éviter des erreurs trop fréquentes d'appréciation dans l'exploration des phénomènes. C'est ainsi, par exemple, que Westphal trompé par une malade habile a pu, dans Texploration des fonctions sensorielles, donner prise à la critique. Une hystérique amblyopiqueetachromatopsique gauche, regardant dans un stéréoscope, croyait voir avec l'œil droit les objets qu'en réalité elle voyait avec l'œil gauche, et réciproquement. Par ce moyen de vérification on reconnaissait l'intégrité des fonctions visuelles de l'œil gauche, et Hirschberg a obtenu par ce procédé les mêmes résultats chez deux autres hystériques hémianesthésiques. On pouvait croire à la simulation et cependant, d'après Westphal, chez ces malades l'amblyopie et Tachromatopsie de l'œil gauche étaient réelles.
Les modifications du système nerveux consistent : 1"* dans le retour de la sensibilité et de la puissance musculaire; 2' dans les divers transferts; 3" les oscillations consécutives; il" Yanesthésie provoquée; 5"* les phé^ nomènes d'arrêt*
V Retour de la sensibilité générale et sensorielle et de la puis" sance musculaire. — Les plaques de métal sont des disques de petite dimension, des pièces de monnaie, par exemple. L'expérimentatear doit avoir sous la main une série de ces disques, semblables par leur forme, mais constitués par une gamme de métaux différents : or, platine, argent, cuivre, étain, zinc, fer, etc., etc.
L'application est faite sur la zone anesthésiée, dans les anesthésies partielles; sur le membre malade, dans l'hémianesthésie ; ou sur Tun des deux membres, dans le cas d'anesthésie générale. La plaque de
1878, p. W. — Wilks. Brit med. Joum., 1878, 20 juillet, t. II, p. 102. — Ost. Corrap. Bl. Schweii. AerUe., 1880, p. 524. — Singer. Prager Wochens., 1880, p. 107. — Hader. Wiener med. Wockent., 1880, p. 681. - H. Bennet Hrain, oct. 1878, p. 391, et Brit. tned. Joum.f 23 nov. 1878, p. 759. — H. Tuke. Métalloscopy, and expecttmt êttentUm {The Joum. of mental êcience^ janvier 1879, p. 598). — MuUer (de Graelz). Contribution à V étude de la métalloscopie et de Vaction des aimant» dant le$ paralysies hystériques (Berlin. Min, Wochens.^n'* 28 et 29, U et 15 juillet 1879, p. 416 et 435) — Guaita. La métalloihh rapia et la^u appUcuiUmm aile maladie dei bambini (Lo sperimentate, avril 1878). — Schiflbn. Apjdications de la mètallothirapie {Ann. Société méd, de Liège, avril 1879). — Ringose jltkns, Brit. med. Joum., 6 sept. 1879, p. 373. — M. GaU-Anderson. Glascmv med. /oiim., juillet 1879, p. 652. — Mayer. Berlin, klin. Woehens,, n* 33, p. 496, M août 1879. — Rabatcl. Lyon méd., 1880, p. 530. ^ Decrand. Ga*. méd. de Paris, 1878, p. M6. — Garel. Lyon méd., 1880, p. 341 et 1881, n*« 36, 37 et 38.
métal est maintenue en contact avec la peau par une bande de gaze modérément serrée pour éviter les effets de la compression cutanée, effets observés par Schiffers (1) et Westphal (2). Par l'emploi successif de ces disques métalliques, on cherche quel est le métal qui modifie l'état de la sensibilité périphérique.
Le retour de la sensibilité s'effectue, quand il a lieu, après un délai de dix à vingt miniUeSy et dans une zone de quelques centimètres, au-dessus et au-dessous de la plaque. Il est annoncé par des picotements, des fourmillements, de la dysesthésie, de l'élévation de température; et, si l'application est faite sur une large surface ou dans certaines régions, par du malaise et de la fatigue.
Le retour de la sensibilité est rendu apparent par les piqûres d'épingle, ou bien par d'autres excitations douloureuses, thermiques ou mécaniques. Enfin, le retour de la puissance musculaire est observé au moyen du dynamomètre; celui de la sensibilité, dans l'anesthésie sensorielle,par la réapparition ou l'augmentation de l'acuité auditive, ou par la disparition de l'amblyopie et de la dyschromatopsie.
2° Transfert de la sensibilité générale, de la force mv^mlaire, de la température et des fonctions sensorielles (3). — a. Transfert de la sensibilité générale. — Dans ce transfert, toujours plus marqué avec les autres agents qu'avec les métaux, une plaque d'anesthésie se montre sur le côté sain, symétriquement à la zone d'esthésîe qui apparaît sur le côté anesthésique. Ce transfert a donc lieu entre les régions homologues de chacun des deux membres supérieurs ou des deux membres inférieurs.
Sur le membre inférieur et supérieur d'un même côté du corps, on observe quelquefois des phénomènes semblables, dans des points qu'on a nommés analogues. Ces points homologues et ana/o^u^s deviennent des centres autour desquels l'esthésie ou bien l'anesthésie s'irradient sur les segments voisins du corps. On sait d'ailleurs que pour les membres cette extension est plus rapide dans le sens longitudinal que dans le sens transversal, et ne présente aucun rapport avec la distri-
(1) Schiffers. Ann. de la Société méd. chir. de Lièges avril 1879, p. 183. — Voy. >u**' Buzzard. Tlie practiiionner, iS6S. — Gov/er. B rit, Joum.f 1874. — Garel. Double modede combinaison de Vanesthésie provoquée et de Vanesthétie par transfert avec oêciUatiûiu con^ cutives (Lyon médical, 1880, t. XXXHI, p. 53 et 57.) — Uenrot. Du transfert de Vhém-hfjp^ thermie {Union méd. du Nord'Ettt mai 1880). — Kôbner. Sur le phéfiomène du transfert {Breslauer àrzt. Zeitschr., 1880, n" 5, p. 50). — Tessier. Pathogénie du transfert dsnt les phénomènes de métallotiUrapie {Lyon méd., 1880, p. 308, t. XXXII, et Soe. Am'm 25 juin 1881). — Charcot. Progrès médical, 15-29 novembre 1879. — Debove. l'ftic" méd,, uuvenibre 1879, 3' série, t. XXVIII, p. 861. — Firkei. RésuUaU des reekerckfs récentes entreprises en Allemagne pour l'étude du phénomène du transfert {Anu, Socméd. de Liège, 1879. t. XVlll, p. 496). — BaiUel. Pathogénie du transfert dans la méluUothérapie, — Thèses de Lyon, 1881 .
(2) Westphal. Loc, cit.
(3) Vigoureux. Progrès méd,, p. î et 3, 1880-81.
HYSTÉRIE. 1i25
bulion anatomique des cordons nerveux. L*esthésiomètre et les épingles servent à constater la marche et retendue de ce transfert.
b. Transfert de la force musculaire. — En mesurant la puissance musculaire au moyen du dynamomètre on constate le même balancement. Pendant la durée de ces variations, Taddition des deux chiffres dynamométriques obtenus soit à droite soit à gauche donne toujours un chiffre concordant pour chaque épreuve.
c. Transfert de la température. — L'évaluation des variations thermiques s'obtient par application du thermomètre sur les régions homologues et analogues. D'abord, on observe du côté sain une élévation de la température. Puis, la zone d'esthésie du côté malade accuse à son tour une augmentation thermique correspondant à un abaisse ment dans la zone d'aneslhésie du côté sain.
En terminant, il faut remarquer que ce transfert peut aussi s'opérer isolément pour chacune des variations, sensitives, thermiques ou musculaires.
rf. Transfert de Vaudition. — Le dispositif des expériences, adopté par le D^ Gellé, est le suivant : un tube de caoutchouc d'un mètre de longueur est terminé, à chacune de ses extrémités, par un embout qui s'adapte sur chacune des oreilles. Ce tube inlerauriculaire forme donc une anse qu'on place en arrière de la tête de la malade, et sur le contour de laquelle on promène une montre.
11 est donc facile de mesurer la distance à laquelle le bruit n'est plus perçu par chacune des oreilles, et d'exprimer en unités métriques la valeur absolue de l'acuité auditive de chacune d'elles.
Cesdispositions une fois prises, et la surdité complète ou partielle ayant été constatée, on applique une plaque de métal sur la région temporale ducôlé hémianesthésique.On a pu quelquefois constater ainsi que le retour de l'acuité auditive et son transfert d'une oreille à l'autre, avaient le plus souvent une marche parallèle au retour de la sensibilité générale.
e. Transfert du goût^ de Vodorat. — Au moyen de matières odorantes ou irritantes (vinaigre, ammoniaque), ou bien de substances sapides (coloquinte, sel marin), on a vérifié le retour de la sensibilité olfactive ou gustative, ainsi que l'anesthcsie sensorielle de retour et le ti^nsfert pour Tune et l'autre de ces fonctions.
f. Transfert de la vision. — L'amblyopie, comme l'a démontré M. le professeurCharcot,etrachromatopsie, d'après les observations de M. Galezowski, sont, on le sait, très fréquentes du côté hémianesthésique.
L'achromatopsie est presque toujours partielle, même dans les cas d'anesthésie générale, et elle est ordinairement plus marquée pour un œil que pour l'autre. La perte de la vision des couleurs se produit dans l'ordre suivant de fréquence décroissante : violet, vert,' rouge, jaune, bleu. Or, comme le D' Landolt l'a montré au moyen du périnnèlre, cet
ordre de décroissance est en rapport avec l'étendue du champ Visuel de chacune des couleurs. Les couleurs centrales^ c'est-à-dire celles dont le champ visuel est le plus étroit, disparaissent les premières (violet, vert); celles au contraire dont le champ visuel est le plus vaste (jaune, bleu), disparaissent les dernières : par conséquent, la disparition allant du centre vers la périphériedu champ visuel, le retourdes couleurs seproduitensens inverse, c'est-à-dire de la périphérie vers le centre. Aussi une malade achromatopsiquequi regarde un écran coloré à travers une ouverture de forme carrée, qu'on a percée dans une plaque de carton, aperçoit d'abord les couleurs dans les angles du carré, avant de les voir au centre.
Pendant le transfert de la vision des couleurs, on observe donc pour l'œil malade, le retour de ces dernières dans l'ordre indiqué plus haut, tandis que leur disparition pour l'œil du côté sain se produit dans un oirdre inverse. Cette méthode est la méthode par dénomination.
L'application de l'agent esthésiogène peut être faite sur la tète, dans le voisinage des orbites, ou bien sur un autre point du corps, surtout quand on emploie l'aimant ou l'électricité, c'est-à-dire un agent puissant d'irritation périphérique.
3* Oscillations. — Les oscillations consécutives, qui ne sont qu'une série de transferts spontanés se montrant après le retour de la sensibilité sensilivo-sensorielle et après l'aneslhésie de retour, varient de nombre suivant les malades et la puissance des agents employés. Elles se terminent par le retour de l'esthésie, ou bien de l'aneslhésie primitive. Quand les deux phénomènes ne sont pas parfaitement simultanés» il existe un intervalle durant Jequel l'anesthésie ou Testhésie sont complètes des deux côtés.
A"" Anesthésie provoquée. — Il est possible de produire la contrepartie des expériences précédentes, c'est-à-dire de provoquer un transfert de l'aneslhésie analogue à celui de la sensibilité. Une excitation même faible sur le côté sain peut faire paraître ces phénomènes sur dos points analogues et homologues et devenir ainsi un moyen de diagnostic sur des'malades en puissance d'hystérie.
5** Phénomènes d'arrêt. — Ils sont produits par la ûxation desph»'nomènes précédents au moyen de la superposition ou de l'adjonction de plaques neutres aux plaques actives. Mais il n'en est pas toujours ainsi, comme l'a démontré M. Pietro Grocco (1). On a voulu aussi appliquer cette prétendue fixation, le plus souvent temporaire, aux phénomènes plus ou moins analogues produits par l'hydrothérapie, mais cette question est encore à l'étude.
(1) Doiiplas-Aijre. Thèse de Paris, 1871», p. 10, 28,31. — MacqreU Thèse inaug., p. i^ et Uni. med. Journ., 15 oct. 1878, p. 562, t. 11.
D. Résultats pratiques plus ou moins durables des applications métalligues chez les hystériques. — Une conséquence des faits précédents est l'existence de phénomènes dits esthésiogènes, mais non pas d'une médication esthésiogène. La généralisation de ces faits conduirait donc à des erreurs non moins grandes que celles du parkinisme, doctrine qui n'était pas sans quelque parenté avec le burquisme.
Comme moyen de diagnostic^ nous avons vu que la production de ces phénomènes peut être utile pour reconnaître l'hystérie en puissance : M. Charcot a constaté ce fait, ainsi que MM. Dumontpallier et Aigre.
Comme agents thérapeutiques on a employé les métaux dans l'hystérie simple, les hyperesthésies, les anesthésies générales ou sensorielles, les contractures, les spasmes et les paralysies. Quelle est leur valeur thérapeutique dans ces troubles morbides?
Dans Vhémianesthésie, l'amélioration a été observée par MM. Dumontpallier (1), Charcot (2) et par d'autres médecins. Mais chez d'autres hystériques hémianesthésiques on a pu aussi constater une indiflerence absolue aux applications métalliques.
La disparition de Vanesthésie des membres inférieurs a été observée par le D' Broadbent (3) qui attribuait ces phénomènes à Yexpectant attention.
Dans Vanesthésie générale, des résultats remarquables ont été obtenus par MM. Charcot et Fieuzal et par MM. Àbadie et Dujardin-Beaumetz (4).
Les troubles oculaires qui constituent la kopiopie de Forsler, ont disparu par l'application du cuivre chez une hystérique du D' Abadie (5) et dans des cas d'Elvers, Burq et MûUer.
Dans Yaphonie nerveuse, même ancienne, M. Burq (6) aurait obtenu le retour de la voix, et Guaita a vu le spasme de la glotte disparaître en trois jours par les mêmes moyens.
Des résultats analogues auraient été observés dans des contractures avec anesthésie par Burq et par Thompson (7) dans un cas où l'électricité avait échoué ; dans des contractures multiples (8), dans des con-
(1) Ga%. méd, de Paris, 20 avril 1877 (cas de Gleize Marcellet, et 28 avril 1877 (cas Bouzelle). — Progrei médical, 19 mars 1877 (cas Rousi).
(t) Voy. [Fra}\ce médicale, 6 oct. 1860}. — Bulletins et mémoires de la Société de méd. et de chir. de Bordeaux, 1878, p. 237. — Von Hcsse. Centrait. Nerven, 1879, p. 145. — Crocker. Cas d^hémianesthésie hystérique {Brit. med. /oum., 5 juillet 1880, p. 7). — Desguinj. Etudes demétatloscopie {Mém. Acad. de Belgique, 1880, t. VI, n*> 1).
(3) Broadbent. Brit. med. Journ.,3 nov. 1877, p. 631.
(4) Fieuzal. Progrès m^rf.. 4 janvier 1879, n** 3. — A. Abadie et Dujardin-Beaumetz. Bull, thérap., 30 mai 1879, p. 472.
(5) Abadie. Progrès méd., 1878, no 28, p. 235 — B&ron, Etude clinique sur les troubles de la vue chei les hystériques et les hystéro-épileptiques. Paris, 1878 Thèse inaug. — Elver . Succès de la métallothérapie dans un cas d*anesthésie et de paralysie hystériques (Berlin, klin, Wochensch., 1881, n« 4, p. 52). — Burq. Gai. des Mpit., 1879, p. 805.
(6) Burq. Gai. des /iopifavr, 28 avril 1881, p. 388. — Guaita. Lo sperimentale, 1878, avril.
(7) Burq. Gai. méd. de Paris, 1877, p. 429, et Ga*. des hôp., 1878, p. 811 et 835. — A. Thompson. The Lancet, octobre 1877.
(8) Moricourt. Ga*. des hôpitaux, 9 sept. 1879, p. 528.
i128 NÉVROSES COMPLEXES.
tractures avec spasme du vagin et de V œsophage (1), dans les 5p(wmex de la vessie (2), dans un cas de crampe des écrivains (3) et dans un autre de coxalgie hystérique (4). Parmi les cas nombreui où le résultat fut défavorable, on peut citer celui de M. Vergely (5), dans lequel la paralysie persista.
Dans les hyperesihèsies hystériques^ de même que dans celles qui soot le résultat de lésions médullaires, Engel (6) a vu disparaître Thyperesthésic, comme Dumontpallier Tavait déjà constaté chez un malade hémi-hyperesthésique du service de M. Luys (7). Dans ré/)itep<o-/ij/slérie^ Dumontpallier et d'autres observateurs (8) provoquèrent la disparition de Tanesthésie et Gullerre (9) dans un cas d'hystérie convulsire et vésanique a obtenu même succès.
En terminant, il faut déclarer qu'il est impossible dans ces observations de distinguer les causes de succès de celles qui ont fait échouer des tentatives répétées avec persistance par d'habiles médecins (10).
(i) Dccrand. Gai. méd. de Paris ^ 1878, p. 516.
{i) Gai. obstétricale, 15 janvier 1876, p. 1.
(3) Biirq. Gai. méd. de Paris, 1877, p. 4:29.
(1) Rint^osc Alkins. Brit. med. Journ., 6 sept. 1879, p. 373, et lônov., p. 708.
(5) Vergely. Mèm. de la Soc. méd. de Bordeaux^ 1878, p. 148.
{6) Enj^el. Mètallothérapie et métalloscopie dans Vhyperesthésie hystérique. Philadelphie med. ourg. and rep„ mars 1880. — Dumontpallier. Commission de la Soc. de btoL, l»»" rapport.
(7) Gai. des hôpitaux, 1878, p. C9I, n" 87.
(H) Voy. il/erf. Times and. Gaz., 17 juillet 1880, t. Il, p. 71. — Lyon médical, Il avril 1880. — Lemarchand. Ann. de la Soc. d'hydrologie méd. Paris, t. XVI.
(ÎM Gullerre. Ann. méd. psychologiques, p. 349, 1880.
(HO Voy. aussi sur la Mètallothérapie. H. Petit. La mètallothérapie, ses origines, son histoire, 1881, 2« érlition. — De Varigny. Revue scientifique, n<> 25, 1881. — Hugues. Stce médical, p. 40-2, 1878, 1*' sept. — Landolt et Ouimont. Prog. méd., 1877, p. 381. - Rc^jnard. Action des courants très faibles sur Vanesthésie hystérique {Progrèsméd., 1877).
— iiernhardt. Berlin, klin. Wochensch., iSlS, p. l!J9 et 6i8. — Vigouroux, 6fl». me^de Paris, 1878, p. 019. — Garcl. Bévue mens, de méd. et de chir., 1881, t. IV. p. 4J.
— Allexich. Gai. med. Padova, 1878. — Bennelt. Brain Joum., of Neurologie, ort. 1878, et Brit. med. Joum., i3 nov. 1878, p. 759. — KoUiken (Wurzbourg). Die metallolktrapie. Centrabl. fur Nervenhedhund, 1878, n° 2. — Gradle. Metalloscopy atui meiaUotherapy {The Joum. of nervous and mental diseases, octobre 1878, t. III, p. 718. — Euleinburg. Deutsche med., Wocfi., 22 et 29 juin 1878, p. 15 et 327). — Dueaast (de la Havane). Cronica medico-quirurgica de la liabana, 1882, p. 5, n" i. — Benedickl. Wien. med. Press., 1879, 20 janv. — Vulpian. Bull. gén. de thérap., 30 nov. 1879, t. XGVII. — Boussi. France méd., 1879, p. 243. —Dumontpallier. Leçons »ur lamélallo' thérapie et le burquisme. (Union médicale, iSld, octobre). — Watteville. Bévue wr ^ mètallothérapie {Brain, janvier 1879, p. 557). — Bouchaud, Contribution à l'étude deU mètallothérapie {Joum. des sciences médicales de Lille, février et mars 1880). — Cras^eî. Métalloscopie et mètallothérapie [Montpellier médical, 1880, t. XLIV, p. 52i). — Witlbalm. Ueber Métalloscopie und. Mètallothérapie {Joum. fur ôffent. Gesunds., 1880, n* 8. p. 4, et n" 9, p. 3. — Grocco. Sludi composti di métal los-copia (Ga*. med. ital. lomb , 1880, t. II. p. 319, 340, 351, etc.).— Wilh. Ost. Corresp. Bl. f schweii. Aertte, 1880, p. 524.— Mtd.T. Wiener med. Wochens. 1880, p. 681). —Singer, Prager med. Wochens., 1880, p. 107. - Magpiornni. Bull, de thèrap., 15 août 1880, p. 100. — Actona. Coxalgia de curata odU metalloterapia. Congrès mèd. de Beggio-Emilia, 1880. — Bianchi. Giom. intem. dfî scienc. med., an. Il, fasc. II, p. 180. — Stoone. Med. Times and Gai., 17 juillet IS^K t. II, p. 71. — H. L. de Fonseco junior. Bevisla de scienc. med. Barcelona, 1880. — Tubini et Bono. Giorn. délia Acad. dt med. di Torino, avril 1881 {Revue des scieftces med.
II. Agents antres qne les métaux. — 1« Bois. — Xylothérapie. — Jaborandi. — Les phénomènes dits me/aJ/oscopt^u^^ ont été obtenus par l'emploi de corps qu'on regardait comme inertes, parmi lesquels il faut d'abord citer le bois sous forme de plaques. H. Bennctt a constaté ce faity le premier de nos jours : mais le D' Hoggard Pavait vu avant lui dans les expériences qu'il avait entreprises, il y a déjà longtemps, pour combattre le système du parkinisme. M. Dujardin-Beaumetz (1) a obtenu des phénomènes esthésiogènes par l'emploi de disques xyloscopiques. Il a reconnu l'existence de bois neutreSy tels que le palissandre, le peuplier, le sycomore, et de bois actifs^ tels que l'écorce de quinquina, le thuya, le bois de rose, l'acajou, le pitchpin, le noyer, l'érable, le pommier. Mais le quinquina posséderait ces propriétés à un degré plus manifeste que tous les autres bois.
Le jaborandi employé à l'intérieur et la pilocarpine en injections sous-cutanées ont donné des résultats analogues à MM. Grasset, Cannois (2), et à nous-mêmes dans le cas suivant (3) :
€ La nommée B..., âgée de dix-sept ans, entre à Thôpital Tenon (salle Collin, lit n*" 1 1 , service de M. le D*" Huchard). Très nerveuse et très impressionnable, sujette à des crises hystériques qui se reproduisent presque tous les mois, depuis cinq années, elle est atteinte d'hémianesthésie sensitivo-sensorielle du cdté droit avec ovario droite et amyosthénie du uiéme côté. Depuis un an, époque à laquelle ont débuté ces derniers accidents, elle n*a plus été atteinte de crises convulsives, et, depuis quatre mois, de dysménorrhéique elle est devenue aménorrhéique. On constate que l'analgésie est plus complète que rhémianesthésie du toucher. Au dynamomètre la force musculaire est indiquée par 23 du côté droit et par 26 du côté gauche. L'acuité auditive est moindre à droite qu'à gauche, mais il n'existe pas d'amblyopic. La vision des couleurs manque de netteté et on constate même de la dyschromalopsie complète de l'œil droit pour le violet.
> Le 19 octobre, on fait une application locale de chloroforme sur le côté droit dans le but de provoquer le transfert; mais cette tentative ne donne pas de résultat.
y Le 24, avant de pratiquer la première injection de pilocarpine on observe (avec le thermomètre en spirale) une température cutanée de 32, i sur la cuisse (lu côté anesthésiquo et de 35, 2 sur celle du côté gauche. Cette élévation thermique plus grande du côté anesthésique que du côté sain est contraire à ce qui a été noté jusqu'ici. L'injection répétée le lendemain donna lieu dans les deux expériences
de Tiayem, t. XV, p. 497). — Tuke. Métallos copy and expectant attention (The Journ. of mental scienc.)^ janvier 1878, p. 598. — Thermes. France méd.j 2!2 oct. 1879 et 1B78, p. 71. M<^gninet Dumontpallier. Soc. de biologiey 18 mars 1882. — Kobner (de Brcsiau). Zur Transfert. Brest. œrt%, Zeistchr,, 1880, n» 5. — Rumpf. Ueber den Transfert (Berl. klin. Woch., 1879, n-36).
(1) Dujardin-Beaumetz. Bull, de thérap., 15 août, 1880, t. XGIX, p. 97.
(2). Lannois /ouma/ de thérapeutique^ 10 avril ISiSO, p. ?41, et Bordier, eod. toc. y p. 293, 1880. — Grasset. Retour de ta sensibilité générale et spéciale che* une hémianesthéitique à la fuite d^une infusion de jaborandi {Journ, de thérap., n* 1, 1880), et Montpellier méd., juillet 1880.
(3) Huchard. /ottm. de méd, et de ehir. pratiques, décembre 1881, p. 5il. — Voy. aussi E. Ferré. Étude sur la pilocarpine, son emploi dans les fièvres intermittentes et dans l*hémiane$thé$ie hystérique (Thèse de Bordeaux, 1881).
aux phénomènes habituels. M. Binet, interne du semée, ayant pris la température à huit reprises diflërenles dans Tespace de 63 minutes, constata TéléTatioD graduel hi de la température locale sous Tiofluence des injections et sa tendance à s'égaliser des deux côtés, pendant la période d'augment. Au bout de AO minutes après la première injection pratiquée sur la cuisse, et au bout de quinze minutes après la deuxième injection qui avait été faite sur le tronc, l'acmé était atteint. Pendant ^a durée la différence de température s'accentuait surtout sur les membres inférieure où elles'éleva environ à 9 dixièmes de degré. A la partie supérieure du troue on n'observa pas de variation.
> La quantité de sueur recueillie fut à peu près égale des deux côtés.
» Le retour de la sensibilité du côté anesthésié complet, à la suite des deux injections, persistait neuf jours après, au moment oîi la malade quitta l'hôpital.
> Chez une autre malade hémianesthésique traitée par le même moyen, la piérison fut encore obtenue ; tandis que chez une troisième hystérique anesthèsique atteinte de contracture, ou n'a pu obtenir que la transformation de l'anesthésie en hémianesthésie. »
En présence d'un aussi petit nombre de faits, il serait téméraire do conclure et d'édifier une théorie quelconque. Néanmoins on peut les comparer à une observation de M. Siredey (1) dans laquelle, chez une hystérique, le retour des sueurs coïncida avec le retour de la scD>ibilité.
En ce qui concerne la xylothérapie, on peut se demander si les propriétés électriques de la cellulose ne seraient pas seules en cause dan< la production des phénomènes d'irritation périphérique {i). Ce qui en tout cas serait moins invraisemblable que l'existence d'une aplituile et d'une idiosyncrasie ligneuse.
2" Collodion. — Depuis le travail de M. Seure (3) sur les propri<'K^ éiccti iques du collodion, on a fait au moyen de cette substance quelfiu-'ï essais thérapeutiques sur des hystériques dans le but de provoquer Jos phénomènes eslhésiogènes. Mais ces tentatives peu nombreuses ne >onî pas suffisantes pour juger de la valeur de cet agent d'irritation périphérique. D'ailleurs dans les applications de collodion humide, d'auirrs facteurs sont en jeu, tels que l'éther (4) et l'abaissement de tempéralut-e. On poutTait toutefois, en faveur de l'action électrique du collodion, invoquer l'absence de tout phénomène dans les expériences où on euiployait une couche de colle forte, appliquée dans les mêmes condili'^^J^ que le collodion.
S"" Plaques (T os et de minéraux divers. — VVeslphal avec des plaq
Ut:
(t) Siredey. Journ. de méd. et de chir. praiiquest août 1881, p. 346.
{t) Seurc. nuU. de Ihérap., 15 sept. 1880, p. 220. — Planât. Etudes sur les pi '^r'''' lliermo-élec trique s de Vepiderme du bouleau {Nice médical, l*»"mai 1878).
(3) Scurc. liuLl.Acad. méd., 6 juillet 1881.
(i) Vijçouroiix. Progrès méd., 15 juillet 1881. Voy. Brown-Séquard. Applications li'!^^ de chloroforme et de cliloral sur la peau (Soc, de biologie, 1881).
d'os et, depuis, Parona(l) avec des minéraux divers laiilés en armatures de forme convenable, tels que le bisulfure de fer^ le sesquisulfure (T antimoine^ le monosulfure de plomb argenlifèrej le graphite, le carbonate de chaux^ \q sulfate de chaux hydraté y\e fluorure decalcinm, Vamiante ont obtenu les phénomènes du transfert. Le mica et le sulfate de baryte ne donnèrent que des résultats négatifs.
Ces corps produisent des effets plus ou moins marqués, en rapport sans doute avec les différences de leur capacité électrique, différences depuis longtemps démontrées par Michelotti et Avogardo.
4"* Excitations cutanées diverses. — La compression de la région aneslhésiée a provoqué des phénomènes esthésiogènes dont Westphal, Schiffers (2) ont été témoins. Ces faits sont connus depuis longtemps, par les expériences de Lombard et Brown-Séquard (3) sur le transfert thermique. Enfm, on sait qu'une action mécanique peutprovoquer la suspension des phénomènes nerveux; et cette inhibition a été mise à profit par le dernier savant (i) dans le traitement de l'attaque d'épilepsie.
Excitan t thermique. — On connaît depuis longtemps l'action suspensive des cataplasmes de glace appliqués sur la nuque dans certaines affections nerveuses, et par exemple de l'oreiller de glace pour combattre les insomnies.
Le ïy Thermes (5) a observé par l'emploi de la glace et aussi par celui de l'eau à 45 degrés, des modifications de la sensibilité semblables à celles qu'on obtient par les métaux. Mais, dans les mêmes circonstances, Weslphal ne retira aucun profit de ces applications. D'ailleurs ces faits étaient anciennement connus; Thouret,il y aura bientôt un siècle, avait obtenu par le bain glacé la suspension d'une attaque d'hystérie, et dans le le même but (6), Pomme faisait usage de lavements d'eau glacée. L'influence de l'excitant thermique mériterait d'être étudiée de nouveau au point de vue de son utilité dans l'hystérie et les névroses, et de ses propriétés, inhibitoires du système nerveux périphérique.
5o Rubéfaction, vésication. — Les sinapismes ont, entre les mains de Westphal, de Schiffers et d'Inglis (7), produit les mêmes résultats.
Barlhez(8), bien avant nos contemporains, a signalé le transfert de la paralysie et des phénomènes thermogènes par l'emploi du vésicatoire;
(1) Parona. Ann. univ. de méd. et ehir,^ oclobre 1879, t. CCXCIX, p. 336. («) Schiffers. Ann. de la Soc, médico-chir. de Liège, avril 1879, p. 183.
(3) Brown-Séquard el Lombard. Compt. rendus Acad, «c, 1868, t. I, p. 688.
(4) Brown-Séquard. Archiv. de phijs.^ 1868, vol. I, p. 157 cl 317.
(5) Thermes. Soc, debioL, 12 oct. 1878, ei France méd., 2i9, 1879, p. 675.
(6) Georjfel. Dict. des sciences méd., t, XVI, p. 185, 1830.
(7) Inglis. Edinlmrgh med. Journal, décembre 1878, p. 5^7.
(8) Barthez. Nouv. élim, delà science de l homme, p. 386.
Buzzard (i), en 1868, avait vu le transfert d'un aura, d'un avant-bi^asà l'autre chez un épileptique, et Russel Reynolds (2) conseille depuis longtemps, pour provoquer le retour de la motilité chez les hystériques paralysées, l'application d'une bande vésicanle sur le membre malade. Ces faits ont été observés depuis par M. Grasset (3); ils sont donc loin d'être absolument nouveaux. C'est encore par le même mécanisme qu'agit le vésicatoire appliqué sur la partie antérieure du larynx dans les aphonies hystériques (4).
III. Vibrations sonores et mécaniques. ^ L'influence favorable de la musique (5) dans certaines névropathies est un fait devenu banal, et l'on connaît les légendes du musicien David apaisant les accès de délire furieux du roi Saûl par les accents mélodieux de sa harpe, et du centaure Chiron calmant au moyen de la lyre la violente colère d'Achille. Aussi, au siècle dernier, Pomme a-t-il vanté la puissante harmonie du violon, pour calmer une jeune personne atteinte d'accès hystériques très intenses (6); mais, d'autres fois la musique est un excitant, et il suffit de rappeler à ce sujet les légendes d'Alexandre le Grand et d'Éric le Bon, roi de Danemark, que la musique jetait dans une vive agitation et une grande fureur (7). C'est encore un fait d'observation vulgaire que l'influence incommode ou dangereuse des vibrations mécaniques sur certaines personnes (8).
De là sans doute l'origine des expériences de MM. Maggiorani (0) el Vigouroux sur les vibrations sonores et sur les vibrations mécaniques. Ces médecins ont obtenu des effets esthésiogènes puissants chez c^irtaines hystériques avec des diapasons ou par l'emploi du résonnalcur.
(1) Buzzard. The Practitioner, art. 1868.
(â) Reynolds systém.ti. 11, p. 106.
(3) Grasset. Gai hebd., p. 8, 1880, et Journ, de thérap.f 10 janvier i880, n' !.
(•1) Reynolds Système^ t. H, p. 146. — Voy. au sujet de ces a{?cnts modificateurs du système nerveux périphérique autres que les métaux : Coudret. Recherches sur ielfcincité animale. Thèse inaug., Paris, 1837. — Althaus. Brit. med. Journ., 3 nov. I8Î". — C^rpenter. Brit. med. Journ., lidéc. 1878, t. Il, p. 866. — Beard. Brit. med. Journ., 6 sept. 1879, t. II, p. 375. — Sigerson. Brit. med. Journ., 1 et 8 février 1879. — SiiluS. Arch. des sciences phys. et méd. de Genève, 1879, n" 3. — Vicrordl. Centrait, f. tnf>l. Woch., 1879, n° 1, p. 1. — Buccola et Sappeli. Sulle modificaiioni ftperimeninU driU sensibilita, 1880, Ke^çgio. — Notlmagel. Zur Lehre von den Wirkungen der /rtrt;^î(l«''chow's Archir, 1880). — Biaise Gaz. heh. des sciences méd. de Montpellier, n' 13. 25 mars 1882.
(5) Rambosson. Les harmonies du son. — Balcstre. Modifications imprimées â la mûrchr des maladies internes par le jeu du piano {Nice méd., septembre 1877j.
(6) Traité des vapeurs, t. I p. 16.
(7) Tissot consacre dans son traité des pages très intéressantes à l'emploi de b musique dans les maladies nerveuses {Loc. cit,, p. 256j.
(8) Pieramint. Sur le mouvement de trépidation des chemini de fer comme rausf d'avortement.
(9) Maggiorani. Effets phys. des vibrations sonoreê {Acad, de méd. de Rome^ el Jountl d hygiène, 1881).
Mais il est probable que les modificalions imprimées à la sensibilité des hystériques dont les bras étaient placés dans le résonateur du diapason ou qui elles-mêmes se tenaient debout sur cette caisse sonore, sont de même cause que les excitations du percuteur de Mortimer Granville (l)y instrument perfectionné depuis par M. Boudel (de Paris) (2). Quoi qu'il en soit, il ne faudrait pas oublier que ces phénomènes ont des hystériques pour sujets et que le bruit d'un gong, le carillon d'une cloche, la simple dissonance de deux demi-tons sufûsent pour produire de puissantes modiiications de l'état nerveux (3) de ces malades. Déplus l'analogie des effets produits par les vibrations sonores ou mécaniques et de ceux qui se manifestent par les autres agents d'excitation, les rend comparables à ces derniers et surtout à l'aimant.
IV. Aimant. — l"" Origines de ses applications thérapeutiques. — Les propriétés magnétiques de la pierre d'aimant faisaient, dans l'antiquité, attribueràcette substance une influence thérapeutique contre de nombreuses maladies. Alors déjà on avait constaté que les applications de l'aimant à l'extérieur produisaient le vertige, la perte de connaissance, les convulsions et même des phénomènes apoplectiformes ou épileptitiformes (4), et qu'elles avaient aussi le pouvoir de guérir la céphalalgie et d'autres maladies. Vers le quatrième siècle, la pierre d'aigle était un remède populaire, et Marcel l'Empirique (5), préconisait contre la céphalalgie un collier de pierre d'aimant ; Ilali-Abbas qui l'employait aussi lui attribuait le pouvoir de calmer les spasmes musculaires quand on la tenait dansla main. Albert le Grandlaprescrivaitcontrerinsomnie, et Aétius(6)y à ri mitation des Égyptiens dont il avait connu les pratiques, contre les convulsions et les douleurs goutteuses. Paracelse appliquaitl'aimantpourcalmer les spasmes et recommandait, comme moyen préventif des attaques d'épilepsie, la compression avec l'aimant de la région d'origine de l'aura.
Au dix-septième siècle, Guillaume Gilbert (7), Kurcher(8), EtmuUer <de Leipzig), Pierre Borel (9), HoUman, préconisaient les applications d'aimant contre les douleurs de causes diverses, contre Todon-
(1) Mortimer GranvilIcTAe LanceU 19 février 1880, el Tke Lancet, 1877. De la perçue 9ion comme agent thérapeutique dan» le& affectiom nerveuseê, {Brit, med, Time*, mars 1882.)
(2) Boudet (de Paris). Progrè* mid., 5 février 1881. — Voy. aussi Vigouroux. Progrès tnéd,, 1878, et de Wateville. Brain, janvier 1879, p. 557.
(3) Voy. Braid, loc. cit, — Brown-Séquard. Recherches êur Vinhibition et la dynamogénie appliquées aux phénomènes du transfert et de l'hypnotisme, Paris, 1882, et Ga*
»ette hebd. mars 1882.
(4) E. Fournier. Rev, méd. franc, et étrang.,p, 685.
<5) Marcellus Empiricus. De medicinis empiricis^ lib» /, p. 38-1536.
(6) Aétius. Loc. cit., t. II, 25.
(7) Gilbert. De magnetemafinetieisqueeorpcribus et de magni magnete, eic, Londres, 1600.
(8) Kircher. JUagnes sive de Arte magnetica, Browii, 1691.
(9) Borel Observât, cent,, 1656, p. 22i.
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I' vi ♦;;i \ \\>...r ovû*^i.:3t de no j»e'vji e^^^^ de raimintition con::? >> >M''\, M' Ker.e-jyr* et L'^eDoe»; î>;o;/tin: des résultais laToral»>s{i \''6r.'.\\'/A<)\\ der airnafit- sm* la peau contre certains spasmes : leLq> le f.oq .eL l'^fi^'ine de poitrine, l'arthme nerveux.
M^^ift I airrjifjtarion éiail alors tombée dans le discrédit par le? pra-
tyjj^lr*: %. 'î\i^M, 'te U^'p'iÇ, ï''t-
tii \'0>'f.u-.t i it H^M*-». Mior^Ai'WM jffujt. m/td. m^ckojucc. Erfurth, 1729, n* ÎJ. C, /^/iv?< *a/(./, ITol. n î-i-
/T/ H«;U. M*"lifAni/Ji l*rtitiv:k B.bl. <1*-- Mjrray, t. Il, I77il. Gûtlingue.
M; A'KJfï et riiifl. M^tnotrfn %ur U mag/UtUme {Mémoire» de Im S^iêU royii* ^ mf'lfMtrui \»'ttr 177% 1- 111- p- -Vil-^i-i^) — cl Happort des commissaires de la S'H '• roifftl" de, mé.dfune nomm*i% par le roi pour faire l'examen du tnagnétitme dAt-**: iri-X', fan», IT^J.
r.^; L-jf^nri^^r. 7rair« </<? l'aunultation médiate. i8i8, L II, p. 69.
HYSTÉRIE. 1i35
tiques du charlatanisme et de nos jours seulement, MM. Maggiorani (1), Charcot, Debove et quelques autres médecins, étudièrent de nouveau ses propriétés et en réhabilitèrent l'emploi thérapeutique.
2"" Phénomènes physiologiques produits par les aimants appliqués sur lu peau (2). — Ces effets sont en général de l'étourdissement, un sentiment d'ivresse et des veiliges. La forme est alors vertigineusCy mais elle peut être différente; de là les types dyspnéique (3), anesthésique (4), hypnotique (5), etc., etc., signalés par les auteurs. Les sécrétions sont souvent modifiées (6), fait qui avait déjàété noté par l'abbé Lenoble et par Andry et Thouret, ainsi, au reste, que le plus grand nombre des autres phénomènes signalés, depuis, par les auteurs contemporains.
Le transfert par Taimantalion est un phénomène presque constant. Étudié avec soin par M. Debove (7), il présente de nombreuses variétés que ce dernier observateur désigne sous les noms de transfert lent, ra^ pide^ tardif, définitifs partiely total, etc. y elc. Les transferts des coyi^ractures, les oscillations consécutives eiVanesthésie provoquée, s'observent encore par l'aimantation. Enfin, on connaît les curieuses expériences de MM. Proust et I^Uet (8), des malades se tenant par la main et formant une chaîne ; malades chez lesquelles par l'application de l'aimant sur l'une d'elles on provoquait le transfert chez toutes les autres. Westphal, ainsi que MM. Marigliano et Sapelli (9), ont reconnu que les modifications de la sensibilité étaient plus rapides dans la zone faisant face au pôle sud de Yaimant, quelle que soit d'ailleurs la position de ce pôle.
3* Procédés de Vaimantation. — Le siège des applications est en général au niveau de la région anesthésique. L'application est directe ou bien n'est faite qu'après avoir enveloppé de compresses les pôles de l'instrument qui sont alors placés sur la peau ou dans son voisinage. Les aimants sont des barreaux en fer à cheval dont la puissance correspond & 30 kilogrammes environ. De plus, pour déjouer la simulation, on doit avoir sous la main de faux aimants d'aspect et de
(1) Maggiorani. La M^gneteli nenon. Milan, 1869, eiReaAcad, del Lucei, mai 1872 et janvier 1873. Pisologio de magnéto, 1876.
(2) Hamand. TfUite inaug., 1880. — Langlet. Union méd. Nord-Ent, mai 1880. — HammoDd. New York med.Joum., 1880, p. 449, et 1881, p. 4i.
(3) Proust et Ballet. CongrèM (TAmêterdanij 23 novembre 1879, et Journal de Ihérap.,
(4) Jaccoud. Cours de path, interne, 1880, et Macqret. Thètte inaug., 1879.
(5) Landouiy. Courrier médical, 13 février 1879.
(G) Siredey. Journal de méd, et de chir, prat,, p. 343, août 1881.
(7) Debove. Soc. méd, hôp,, 1880, Voy. encore MuUer. Berlin, klin. Woehen»., 1879, n-25, et Andersen. Glaêcow med, Journ, — Westphal {loc, cit),
(8) Proust et Ballet. Ga*, hebd, de méd, et de c^ir., 19 septembre 1879, p. 603. — Laboulbènc. Union médicale, 25 mars 1880, t. XXXIX, p. 840.
(9) Marigliano et Sapelli. Revitta expérimentale Preniatria, anno IV, fas. 1878, p. 26. — 0c Cerenville. Bull, de la Soc, méd, de la Suiue romande, 1878*
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!>:• UoH^/lei de la motUi^^ ch-rz lfr^ h^ft-^riques aneslh'é^iqa'rs, s r.'. \^y.*\f:\>,\i>,h 4*: C'AMWdUi. fyy^nd. d'après M. Debore, ils si'fgenl su: ïi fri^rr:;*: p'^;Mon que l»r- Iroubi^f* de la sen^ibiiité. Il n'en est pas toaj ir^ u'ifs\'t: f'Ht 5IM. Proiitt et Ballel ont vu la molilité reparaître cl rar,a>- Ûï*' -\h \>*tr^\-\i'S t:\\ft7j\fif, h}5t>'rriques monopl»f^nquescianesthésique5[ir plique«, D^n* W-s fyjn(raclfire$^ rairnant provoque souvent de nouvelef conlfartijfe-; qui sont moins tenaces que les premières; aussi M. Jaccou'î ^5; ne f'/jïïs'uih'f^ p'is l'emploi de Taîmant dans ces circonslanccomme -^ujs (VdW^itv, mais les inconvénients qu'il signale, lels que h c^iw^h tiypnotiques, cataleptiques, ou somnambuliques, sont commuD^
(\) fV'bov«5- Proqriti m>'/., 187λ, fi' .7). — Macqrel. r/i«*«, p. 68.
ri) l»f'Hi*t 'ri B-ill'-t. Journal fie tktrap..,iHl^.
Ci) Miill-îf. /;^r/. /./*«. Wof.hem, 14 juiUet 18711, p. 417.
(1; M;iC Cil Ari'l'rrwin. Ola^rxm med. Journal, juillet 1879, p. 52. — Yoy. Ro*«niu: U'i^m^r m^d. Premf, 187ÎI, p. 6». —Baron. Thete inaug.Joc, cit.j.—^rleniMjeT^lor.et — Lan»lou/v, 6rt* de Uthartjie provoquée par V application d'un aimant {Proçro m^*' cal, 1% JHrm»;r 1H70. — Brach«»l. Progre* méd., p. 578, <8 juillet 1881.
io)Uwmf], Court de palh. m(em*, leçon du 6 mari 1880. — Voy.aotsi Richer et Bh»^»»'^ /Voj/r^â m<//., IKXO, p. 23-44. — Briwaud- Thete de Pari», 1880, et /cwiognB^ ^^'^ phique de la Salpêtriere, i. II p. 1^3.
HYSTÉHIE. 1137
à celle méthode aussi bien qu'à remploi de rélectricité et des autres agents d'excitation périphérique.
Il est aussi des cas dans lesquels l'aimantation ne donne lieu à aucun résultat. C'est ainsi que MM. Proust et Ballet, dans l'anesthésie générale sans troubles sensoriels ou dans l'anesthésie par plaques irréguliéres, ne retirèrent aucun profit de Tapplication de l'aimant sur les régions anesthésiques. Parfois même l'application de l'aimant a pu provoquer quelques accidents convulsifs : Lecorché et Talamon ont constaté une fois, à la suite d'une application d'aimant sur le membre inférieur gauche, un tremblement croisé (à la jambe gauche et au bras droit), tremblement caractérisé par une sorte d'oscillation et par des secousses électriques (1).
Dans ces cas et dans d'autres encore, où les métaux et les aimanls avaient échoué, l'éleclricilé a procuré des résultats^ plus ou moins durables. Il serait utile, pour apprécier la valeur de celte méthode de traitement, de poursuivre les recherches et de répondre ainsi aux vœux déjà formulés par Andry elThouret, en 1787, dans leur célèbre rapport.
V. Électro-aimant et solénoides. — Dans certaines expériences, Vêleclro-aimant a été employé avec le même succès et dans le môme but que l'aimant. Dans celles de M. Mac Kendrick (de Glascow) (2) et dans celles de la Salpèlrière, les solénoides ont donné des résultats aussi heureux. Ces faits ont été contrôlés par les recherches de M. Schiff • sur des animaux, et de M. Maggiorani sur des névropathes. Les expériences de ce dernier observateur ont d'ailleurs précédé l'emploi plus récent de l'aimant dans la thérapeutique de l'hystérie.
Ces agents ont été surtout mis en usage dans un but de démonstration ou pour se mettre à l'abri de Yexpeciant attention; nous n'y insisterons donc pas ; mais ils serviront de transition entre l'aimant et rélectricité statique (3).
VI. Électricité statique (franklinisation). — 1* Origines de son emploi contre les accidents hystériques. — Peu de temps après la découverte de la machine électrique, en 1745, Kratzenstein, Kiiiger (de Helmstadt) ; en 1748, Bammacari et enfin Jallabert, dans son célèbre
(1) Lecorché et Talamoa. Études cliniques, p. 543.
(8) GUueow med Journal, juillet 1879, p. 32.
(3) Voy. Sigersoa {Brit. med. Journal, l*' etS février 1879, 1. 1, p. 243 et 181). -^ (Archives des sciences phys, et naturelles de Genève, 1879, n" 3). — {Compte rendu du 53* congrès des naturalistes allemands. Berlin, klin, Woch,,i%79, p. 607). —{Progrès méd., 31 mars 1879, n"" ^, p. A32). ^ ïiorn {Ueber Kran Enteugung dureh erd magnetische Einflûsse). — Hammoad, The therapeutical use of the magnet {Kew York med. Journal, 1880, t. XXXII, p. 449).— Bunel {Lyon méd., 1880, p. 490).
AXEHTELD. 73
mémoiret observèrent la cessalîoo de certains troubles nerveui par remploi de réiectricité statique. En 1746, Heroian Klyn fit disparailre, chez une femme, une paralysie datant de deux ans. Deux années plus tard, en 1748, Jallabert (1) provoquait le retour de la motilité dans un cas de raonoplégie brachiale droite, et vers celte époque, des résultats aussi heureux étaient obtenus dans le traitement des paralysies par Hahn (1 755), Sans, Bertholon, Marat etWilkinson. Entre cette époque et les recherches contemporaines, les découvertes de Galvani, de Voila, de Faraday, mirent aux mains des médecins des sources plus commodes d'électricité, et bien petit fut le nombre de ceux qui, à Texemplede Beckenstemner (i), lIofTman ou Poggioli, continuèrent Teroploi thérapeutique de réiectricité statique.
D'après M. Charcol (3), par son mode de distribution à la surface du corps et sa haute tension, cette dernière a une action différente de la galvanisation. On peut donc, à l'exemple de M. Onimus (4), comparer son action sur les nerfs périphériques, dans les maladies nerveuses, aux frictions sèches ou stimulantes et par conséquent aux agents d'irritation cutanée.
2° Des procédés d'éleclrothérapie statique (franklinisalion). — L'appareil instrumental (5) employé de nos jours dans la pratique de la (ranklinisation, est celui dont faisaient usage les électropathes du sitvie dernier. Générateurs d'électricité statique, sous forme de machine de Ramsden modifiée, delloltz, de Carré ou de Berge; isoloirs tout en verre ou à plateaux de bois portés par des pieds de verre, bouteilles de Leyde, électromètre de Lane, excitateurs de formes variées, suivant les régions sur lesquelles on les applique, ou de substances diverses, bois ou métal, en rapport avec l'énergie des effets à obtenir, tel est Tarsenal de celte méthode thérapeutique.
Les procédés opératoires sont les suivants :
a. La décharge directe des étincelles de la machine ou de la bou-
(1) Jallabert. Expériences sur Véledricité appliquée â la médecine^ 17i9, et Joumn} it* savants, mai 1718). — NoUet (3/cm. de VAcad.y 1749, p. 28). — J. Stcph. Deshais. Dtuftatio de hemiplegia per eleclricitatem curandaf coUect. de HaUer, 1749. — Hahn. l** parahjsi sine nervorum et arteriarum lœsione, 1766. — Tissol, dans son Traité Af^ nerfs et de leurs maladiesy consacre un article à Vemploi de Vaimant et de Vélectniti* {Encyclopédie des .vc. médicales^ 1840, p. Soi). — Mauduyt. Mémoires sur Us di/ffrml'» manières d'administrer Véledricité. Paris, 1784, et Recueil des mém. de raneiertne Sv ciété de médecine, i. H. — Sans. Guérison de paralysie par Véleetriàlé, 1772. — Bertholon, Traite d'électricité du corps humain,^ vol., 1780. — Marat. Recherches physique» t*' Vélectridtét 1748. Paris. — Wilkinson. Tentamen phU, med, de Vélectriciié, Edimburf.
(t) Beckenstemner. Études sur réiectricité, 1859.
(3) Gharcot (Pntgrès méd., 23 et 30 avril 1881).
(l) (yaïvrnx^. Gmde pratique d^électro-thérapie^ p. 182, 1882.
<5) Charcol, toc. cil. — Bcard, p. 325 {The med. Record), 1881.— Arthuis. IM VéUctrioU statique et de Phystérie, 1881.
teille de Leyde peut être dirigée sur le patient ou les régions à électriser. M. Onimus considère comme préférable aux effets des appareils induits, les décharges successives et répétées de la bouteille de Leyde, parce qu'elles sont moins fréquentes que les chocs rapides produits par ces interruptions. Duchenne (de Boulogne) redoutait leur énergie, qui serait un danger d'accidents et de commotions s'étendant jusqu'aux centres nerveux.
b. Vemploi du tabouret, c'est-à-dire du bain électro-statique, est généralement préféré. Le malade, placé sur l'isoloir, est en rapport avec le réservoir d'électricité positive {bain positif) ou d'électricité négative (bain négatif), pendant qu'on promène Texcitateur sur les régions à électriser. Suivant la forme en boule ou en pointe de Texcitateur, et aussi d'après la distance à laquelle il est placé, on obtient des effets différents qui constituent le vent électrique, Vaigrette ou Yétincelle (1).
Les conditions du succès dans les applications de l'électricité statique sont variables, et malgré l'ancienneté de la franklinisation, cette méthode thérapeutique ne possède encore ni règle, ni législation. Toutefois, des résultats acquis par Texpérience des divers observateurs, on peut espérer produire des effets physiologiques : 1*" en employant de bons appareils ; 2'' en procédant avec lenteur et méthode; S'* en éprouvant la susceptibilité des malades.
3"" Résultats pratiques obtenus par Vemploi de la franklinisation dans Vhysterie. — Pas plus que les autres méthodes thérapeutiques, la franklinisation n'est un spécifique contre l'hystérie. Sa valeur pratique comme moyen de diagnostic ou comme agent de médication, ne peut même encore être appréciée en l'absence de recherches et de statistiques complètes (2).
Dans l'électro-diagnostic de l'hystérie, M. Charcot a provoqué l'anesthésie, et le transfert chez des malades dont les troubles nerveux hystériformes étaient de nature douteuse et dans des cas où l'hésitation était légitime.
Comme agent thérapeutique, dans Vhysterie simple sans anesthésie^
l'étincelle (ait apparaître des zones aneslhésiques au niveau des points
d'application et des zones hyperesthésiquessurles régions homologues.
L'extension de ces plaques et leur généralisation ont pour conséquence
transfert del'anesthésie d'un côté à l'autre du corps.
Dans Vhysterie avec anesthésie générale, les phénomènes sont inver-
seSy c*est-à-dire que des zones d'hystérie remplacent les zones d'anes-
ihésie sur les régions homologues. Il en est de même dans Vhémianes-
thésie. Dans le bain électro-statique, l'oscillation est le plus souvent
unique, comme dans l'emploi du diapason, et le transfert se généralise
(1) Vigouroux (ioe. cit,).
(f) Riclier (lœ, ci/.).
lUO NEVROSES COMPLEXES.
rapidement. Dans Yanesthésie totale, le retour de la sensibilité se manifeste en premier lieu du côté sur lequel Tanesthésie est le moins marquée ; tandis que dans Yanesthésie partielle^ il n'est pas rare de voir l'anesthésie locale se transformer en hémianeslhésie passagère avant la production du transfert. On observe souvent aussi comme avec les plaques métalliques la dissociation des diverses variétés (1) de sensibilité; le retour de la sensibilité tactile peut alors être indépendant de celui de la sensibilité thermique, et réciproquement.
L'emploi prolongé du bain électro-statique suffirait, d'après quelques électropathes modernes, pour modifier d'une manière durable l'état des malades et produire une sorte de stabilité dans les phénomènes. Les médecins du siècle dernier étaient moins enthousiastes et montraient une plus sage réserve dans leurs appréciations (2). Toutefois, le retour passager de l'esthésie a une importance sur laquelle insiste M. Charcot, parce que pendant sa durée, les malades ne sont plus hypnotisables d ne tombent plus en attaques par l'irritation des points hystériques.
Les hyperesthésies ont quelquefois été améliorées par le vent électrique, surtout quand il existait simultanément des zones d'anesthésie (3). Les troubles oculaires sans coexistence d'autres modifications de la sensibilité, ont été atténués dans un cas d'amaurose hystérique double observé par M. Charcot, et chez une autre hystérique, que M. Dujardin-Beaumetz (4) avait sans résultat soumise aux applications métalliques.
Les paralysies lujstériqibes disparaissent quelquefois par le transfert; et même, comme l'abbé Sans l'avait déjà observé, avec le transfert des contractures. Au reste, ce transfert est difficile à produire (5).
Des contracluresdMv^içtniQik guéries par M. Vigouroux (6) et par Erienmcyer (7). Il en a été de même de la toux hystérique, des tronhks musculaires choréifcrmes et d'un cas de blépharospasme. Russ'l Reynolds (8) par l'application de Félincelle sur la face antérieure du larynx a fait disparaître le spasme de la glotte. Enfin, M. Richer mentionne l'emploi favorable du bain électro-statique pour calmer 1' délire hystérique (9).
(1) null. de la Sociétéméd. de la Suisse Romande, imllci 1880. t. XUÏ p. 213). - S^^'■ aussi : Vulpian (Arcli. de physiologie nonnale et path.^ t. VII, p. 877 et 893, 1874), et Sé«Ttan. Ilémianalgésie hystérique, amélioration parla métallo thérapie, récidive : gnen>*^ par l'électricité (Bull, de la Société méd. de la Suisse Romande, 1880, t XIV, p. -'«'^
(2) Voy. Moral, Mauduyt (loc. cit.).
(3) Richer (/oc. cit.).
{i) Dujardin-Beaumetz {Bull, de la thérap., 30 mai 1878, p. 472).
(5) Progrès méd., 23 et 30 avril 1881.
(6) Progrès méd., 1878, n» 25-39, et 1879, in-8».
(7) Erlenmeyer. Central fur Nerven, 1879, p. 4.
(8) Reynolds Syst, of medicine, t. II, p. 106.
(9) Voy. Blachwood (Phil. med. Times, 22 octobre 1881). — Russel Reynolds. Leçons cn^tques sur V électrothérapie, 1879. — D'Ancona. Uélectricité dans le traitement s^n.y matique de lliystérie (Gai. med. ital, prov. Venet, 1879, 30 nov. et 30 dôc. 187^».
VII. Électricité dynamique ; courants interrompus et continus (gaivanisation), — L'excitation produite par Télectricité dynamique est analogue à celle des autres modificateurs nerveux périphériques. Les faits signalés par M. Vulpian, dans ses heureuses tentatives du traitement des anesthésies hystériques par la farad isation cutanée localisée, établissent un lien de parenté entre l'action de cet excitant et celle des agents cités plus haut, tels que les métaux, la chaleur ou les sinapismes.
Quant aux courants continus, par leur action sur la surface cutanée et la distribution de Télectricité, ils sont comparables jusqu'à un certain point à la franklinisalion.
Ici d'ailleurs encore, comme avec les agents précédemment étudiés, les résultats sont toujours plus ou moins incertains et difficiles à prévoir.
L'électricité dynamique est surtout employée pour combattre les accidents locaux de l'hystérie, anesthésies, paralysies, spasmes. On a fait cependant aussi des tentatives pour arrêter par ce moyen les attaques d'hystérie.
Pendant les attaques de grande hystérie, M. Tessier (1), au moyen de courants continus de 10 a 15 éléments, a obtenu l'arrêt des convulsions et Tapparition du délire loquace de la quatrième période. Une nouvelle crise incomplète survenait alors, pendant laquelle le délire cessait. Par ce moyen, il pouvait diminuer le nombre des attaques, et modérer les grands mouvements. Cependant, même dans les cas les plus heureux, une simple interruption du courant suffisait pour les faire reparaître.
Par l'interversion brusque et répétée d'un courant de 30 à 40 éléments, M. Tessier a quelquefois fait avorter l'attaque ; la perte de connaissance cessait alors, ou bien, dans les cas moins favorables, persistait un certain temps.
Avec MM. Richer et Regnard (2) il faut avouer que, dans l'état actuel de la science, on ne peut guère se rendre compte de ce mode d'action du courant continu. Quant à l'inversion, il est probable, selon l'opinion de M. Tessier, que son efficacité est le résultat d'une excitation plus violente causée par les ruptures du courant.
A côté de ces faits on peut placer celui d'une malade hystéro-épileptique et aphasique, chez laquelle le docteur Thomas Anderson (â) produisit une amélioration des symptômes par l'électrisation faradique. Sous forme de bains ^a^i^anigu^^, l'électricité faradique a été quelquefois employée dansle traitement del'hystérie, mais on est loin d'être d'accord sur
(1) Tessier. De la valeur thérapeutique des courants continus, thèse agrég. Paris» 1878, p. 61.
(i) Richer et Regnard {Revue mens,, t. II, septembre 1878).
(3) Thomas Anderson, d'Edimbourg [Brit, med. ^oum., 8 janvier 1879, p. 181). — Voy. : Roux. Un cas de grande hystérie par l'électricité {Gai. deshôp.^d juillet 1881). — Wilbeim. Traitement de Vhystérie par l'électricité {Pester med.chir. Press, XUI»43, 1877).
i 1 ïi NÉVP.OSES COMPLEXES.
la valeur de ce moyen Ihérapcnlique. Ce>{ ai nsi que M. Con-tanlinPaul . 1 » a obtenu des résultats défavorables de ce procédé dans rhysiérie convulsive. Au contraire, M. Noél Guéneau de Mussy a observé la gijéii>on d'une contracture rebelle à toutes les médications employée? auparavant, et, i'hf^ une autre malade, a obtenu après quatre bains galvaniqye> la dispariiion d'une toux hystérique datant de six à sept semaines.
Depuis quelques années on a remarqué dans le Michipan (Etals-Unis d\\méiiquc), à Eaton Ftapids, que les eaux de certains puits artésiens k* cette station thermale ont la propiiélé d'aimanter les outils de forage ^^l les objets en fer qu'on y plonge. Ces eaux ferrugineuses sont employée? à l'intérieur, et à l'extérieur sous forme de bains; leur action senil donc comparable à celles des bains galvaniques {^). Au reste elles ont élé peu étudiées, jusqu'à ce jour, comme agent thérapeutique.
Dans les paralysies hystériques^ Duchenne employait la faradisalion musculaire localisée avec des interruptions rapides ou bien avec des intermittences lentes, pour éviter le danger de provoquer des crises convulsivcs. Russel Fleynold et Hammond (3) attribuent à cette faradisalion l'avantage de con>tater l'état de la contractiiité électro-musculaire et de la sensibilité. Or la première est le plus souvent intacte, tandlN que la seconde est diminuée, abolie, ou bien augmentée. Sous Tinfluence de ce traitement, quand la guérison est rapide, elle reparaît après quelques séances ; mais il est des cas rebelles, assez nombreux pour qu'on puisse dire, avec Becquerel (4), que le traitement de ces c paralysies a fait la fortune de plus d'un électriseur, parce que dans * leur traitement tout réussit et rien ne réussit. >
Au point de vue pratique, il ne faut pas oublier que les excitations doivent porter d'abord sur chaque muscle en particulier, et ensuite sur les branches de chaque tronc nerveux. Benedickt (5) faradise d'aborl énergiquement les muscles, puis fait une application de courants galvaniques de la moelle au plexus nerveux. Dans le cas d'hyperesthésie des plexus, il pratique même la chloroformisation des malades jusqn à insensibilité complète, pour éviter la violence de la douleur provoquée par réoergie de la galvanisation. L'irritation spinale est une coDtreindication du traitement.
Dans la forme paraplégique^ qui est, du reste, la plus rebelle, Oaramond applique d'abord les courants galvaniques sur la moelle, pendant cinq à dix minutes, et ensuite les dirige de la moelle vers les plexus
(t) G. Paul {Congrès de Vassociation française pour l'avancement âeê êcknDts, Reinu. 13 aoàt 1880, et Société thérapeutique, 1881).
(2) Ueard etThackwel. Traité d'électricité médicale. New York, 1878.
(3) Reynokfs System» t. H, p. 10, et Hammond. Mal. du syst. nerveux, traduction finnçtiK*
M) Becquerel. Traité des applications de l'électricité d la thérapeutique, 1867. 9ei\ed^ckt (ioc^ cit.).
nerveux et les membres paralysés. La faradisation cutanée est recommandée aussi par ces auteurs, et dans un cas d'hémiplégie récente avec hémianesthésie y M. Yulpian a obtenu des résultats heureux de la faradisation localisée sur un point des téguments (1). Dans le traitement des paralysies hystériques, surtout dans celles qui sont accompagnées de modifications de la sensibilité, M. Onimus préfère la faradisation culanée à Texcitation directe des nerfs moteurs, t. Les courants continus doivent
> être employés sur les centres nerveux directement, le pôle positif étant » placé sur la région la plus élevée du système nerveux. Par exempte, » dans une paraplégie hystérique, on placera en premier lieu le pôle » positif sur les vertèbres cervicales et le pôle négatif sur la région sacrée.
> Enfin, soit pour terminer la séance, soit dans certain cas, dès le début, » on placera le pôle 'positif sur les lombes et le pôle négatif sur les ji membres au voisinage des nerfs périphériques (2). >
Les courants continus combinés avec les courants interrompus sont aussi préconisés par le même médecin (3) dans les paralysies hystériques.
Dans V aphonie hystérique, Duchenne a employé avec succès Télectrisation localisée au moyen de deux excitateurs coniques recouverts de peau humide, placés en avant du cou, Tun au-dessus du corps thyroïde,, l'autre au niveau de l'espace crico-thyroïdien.
Dans d'autres cas, on a fait porter l'excitation électrique sur les muscles du larynx, et, en même temps, on pratiquait la faradisation localisée du nerf laryngé-inférieur. Ce procédé n'était donc autre que celui de ht faradisation inlra-laryngée. M. Onimus, dans l'aphonie hystérique, conseille d'alterner le courant induit et le courant continu, et M. le docteur Massei (de Naples) aurait, par le courant continu, observé des résultats phis constants que par les courants induits.
Dans la paralysie hystérique du diaphragme j on peut, à l'exemple de Duchenne, employer l'électrisation des nerfs phréniques, l'un des excitateurs étant placé en avant du scalène antérieur droit et l'autre en avant du scalène antérieur gauche, mais cette galvanisation doit être employée avec prudence.
Contre les contractures hystériques, Hammond recommande l'emploi de courants d'induction à intermittences rapides, localisés sur les fais-
(1) Herklen. Hémichorée ddec hémianesthésie sensorielle et sensitive. Guérison rapide par la faradisation d*un point limité du tégument externe (France méd.^ 8 avril 1881).
(2) Onimus. Communication orale, — Voyez encore : Buziard. Hémiplégie et anesthésie hystériques guéries par télectricité (Brit. med. Journ., 1877, p. 729). — DesplaU (Joum, Se. méd. Lt«e, 1879). — Charcol (ftevue deméd., n'% 1881). — Boudet {Revue de méd., 1881, p. 9). — Vigoureux (Progrès méd., 1879, p. 138). — Leloir(5oc. de bioL, 18 janvier iSVj] et Gai, des hôpitaux, 1879, p. 84).
(3) Onimus. EUetrieité médicale, p. 182 et 907. — Voy. DesplaU, Note sur le traitement des aphonies nerveuses par l'électricité (Joum. des sciences méd, de Lille 20 mars
Il^ii NÉVROSES COMPLEXES.
ceaux musculaires antagonisles des muscles atteints de conlraclure. Ce procédé a donné des échecs à Duchenne (de Boulogne) dans le plus grand nombre des cas où il en fit usage. Toutei'ois, chez une malade, la guérison fut obtenue après dix séances. D'après Onimus, les courants continus faibles (4 à 5 éléments), et prolongés pendant une ou deux heures sont seuls efficaces. Un tel courant serait plus utile qu'un courant fort (15 à 30 éléments) appliqué durant un quart d'heure seulemenl. À cette condition on peut espérer une guérison persistante et non une amélioration passagère de quelques heures tout au plus de durée. On commence par le courant sédatif, c'est-à-dire descendant, et plus tard seulement on fait usage du courant ascendant.
Ces courants continus faibles et de longue durée sont plus efficaces sur les muscles en contracture qu'un courant fort? appliqué pendant un quart d'heure ; on fait usage d'abord du courant sédatif, c'est-à-dire descendant, plus tard, seulement du courant ascendant. Ilammond recommande l'emploi du courant descendant pendant la première moitié de la séance et l'excitation des nerfs des muscles malades peodanl la deuxième moitié. Rejnold préfère les courants continus.
Dans les spasmes hystériques, l'électricité dynamique donne des résultats variables. Dans le pharyngisme on a employé la galvanisation des hypoglosses; dans le hoquet on a pratiqué la faradisation ou la galvanisation des nerfs phréniques, et enfm dans le tympanisme on a essayé rélectrisation localisée des muscles des parois abdominales. Contre le spasme de la glotte, MM. Beard et Tackwell conseillent l'emploi de la faradisation générale ou de la galvanisation du sympathique, ou bien encore de la région antérieure du larynx.
Contre les hyperesthésies, on doit varier le mode d'électrisation suivant la violence des symptômes. Dans les hyperesthésies de moyenne intensitèy la faradisation cutanée donne en général des résultais préférables aux courants continus. On la pratique, soit avec des excitateurs olivaires ou coniques, soit avec le pinceau, soit encore suivant le procédé de la main électrique de Duchenne. Quand on fait usage de ccurants secondaires d'intensité croissante, l'un des excitateurs, prê.iliblement rendu humide, est appliqué sur la colonne vertébrale, Taud en forme de plaque est promené sur les points malades.
Dans les hyperesthésies très vives, pendant la galvanisation des ploM.j et des troncs nerveux des régions malades, Benedickl conseille d'employer l'aneslhésie chloroformique, et Rosenthal de foire préc» der l'excitation électrique d'une injection sous-cutanée de morphine.
Onimus, dans ce dernier cas, préfère le procédé suivant : Les pi''> sont plongés dans un pédiluve auquel aboutit le pôle positif, les iiKilrsont immergées dans le maniluve qui reçoit le pôle négatif. Le oouni: est d'intensit<3 modérée et les séances sont de longue durée.
HYSTÉRIl!:. 1145
Dans les hyperesihésies musculaires (douleurs profondes des hystériques, lumbago), la faradisalion localisée a donné à Duchenne (de Boulogne) des résultats heureux, même dans les cas rebelles. Enfin, dans les aneslhésies avec hyperesthésies^ M. Onimus (i) préfère l'emploi des courants faradiques à rapides interruptions à l'usage des courants continus.
Contre les anesthésiesy Hammond fait usage de l'excitation des régions insensibles au moyen du pinceau, ou bien en promenant à leur surface le pôle négatif d'un appareil galvanique, jusqu'à rubéfaction de la peau. Les aneslhésies hystériques sont, en général, rebelles, et l'électricité agit contre la perte d'excitabilité comme tous les autres moyens d'excitation, de sorte que ceux-ci peuvent souvent la remplacer.
Par la faradisation cutanée localisée, c'est-à-dire dans des conditions analogues à celle de l'application des agents esthésiogènes, M. Vulpian (2) a obtenu une rapide amélioration et le retour de la sensibilité dans un cas d'anesthésie sensitivo-sensorielle étendue à toute la surface du corps, à l'exception de la face.
Becquerel (3) a fait remarquer l'inconstance des résultats de l'électrieation cutanée ; même au moyen de Isl fustigation électrique. Il recommande le procédé de Duchenne, préconisé également par M. Onimus ; mais sans reconnaître, comme le faisait l'auteur de l'électrisation localisée, une action spéciale aux courants de deuxième ordre. Briquet (4), par la faradisation cutanée, prétendait obtenir des résultats presque constants. Il était donc plus affirmalifque lesautres auteurs, que Tetzer (5), par exemple, de sorte que sa confiance parait très exagérée. Enfin, si Ton préfère employer les courants continus, M. Onimus recommande dé se servir d'un courant ascendant avec une pile de 40 à 50 éléments.
Dans les hémianesthésieSy les courants galvaniques faibles ont donné à M. Regnard les mêmes résultats que les applications métalliques. Au reste ce fait n'est pas étonnant. On sait en effet que M. Vigouroux a obtenu le retour de la sensibilité même avec le faible courant d'une pile unipolaire ou une simple lame de platine polarisée. Dans deux cas d'hémianeslhésie, par un courant faradique localisé à la peau et appliqué seulement durant cinq minutes, M. Vulpian a provoqué le retour de la sensibilité. Chez une autre hystérique hémianesthésique le même observateur a fait usage avec non moins de succès des courants galvaniques continus appliqués durant douze heures (6).
Sous l'influence d'un courant faradique de moyenne intensité, et au
(1) Onimus. Electricité méd.^ p. 182.
(2) Vulpian [Bull. gén. de ihérap,, 30 décembre 1879, p. 3i9). <3) Becquerel (/oc. cit., p. 210).
<-!) Briquet {Bull, gén, de thérap., 30 novembre 1880).
(5) Tclzer {Wurtemberg. Corretp. Blatt*y i880, p. U).
(6) Vulpian cité par Leloir {Soc. de biologie, 19 janvier 1879).
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consiste dans Temploi de la faradisation générale seule ou bien combinée avec la galvanisation du grand sympathique et du pneumogastrique.
En terminant on peut se demander quelle est la valeur thérapeutique de réleclricité dans Thystérie?
M. Onimus a fait remarquer la variabilité des résultats obtenus par rélectrothérapie dans les troubles fonctionnels de l'hystérie, même quand on emploie chez les mêmes malades des courants toujours identiques. Il est donc impossible, dans Tétat actuel de la science, avec rélectricité, comme avec les autres agents dits esthésiogènes, de formuler des indications précises et des règles thérapeutiques certaines.
Quel est le mécanisme de l'action des agents dits esthésiogènes f — La valeur des diiTérents agents que nous venons de passer en revue, dans la thérapeutique de Thystérie, ne peut être fixée au point de vue clinique. Les phénomènes physiologiques sont à peine connus, et leur variabililé est telle, qu'on ne peut pas en tirer pour le présent une conclusion définitive, à moins de tomber dans le domaine des hypothèses. C*esl, au reste, l'inconvénient et l'erreur de ceux qui, s'appuyant sur des notions incomplètes, ont prétendu sortir de cette réserve et systématiser les faits. Ou bien ils ont été conduits à les nier, comme les théoriciens de Vexpectant attention^ ou bien ils ont été amenés à n'embrasser qu'un côté du problème, comme les adeptes du burquisme ou les partisans de la théorie des vibrations moléculaires ou de la théorie électrique.
Dans la théorie de Vexpectant attention^ Timagination des malades peut-être aussi celle des observateurs, serait le principal, sinon l'unique facteur de tous les phénomènes. Le rôle de l'imagination dans certaines maladies, surtout chez les hystériques, est assurément considérable, et l'influence du moral sur le physique est une thèse qui certainement n'a plus besoin d'être démontrée. Mais, mettre sur le compte d'erreurs d'observation, ou sur celui de l'imagination, tous les faits produits par l'action des métaux, des aimants et des autres agents d'excitation du système ner\cux périphérique, revient à accuser la bonne foi ou l'habileté denombteux et éminents médecins. On pourrait nier ainsi l'efficacité des médications les plus solidement établies. D'ailleurs, comme l'a fait observer M. Henri Tuke, parce qu'une pilule de mie de pain ou une émotion subite produisent quelquefois les eflets d'un violent purgatif, doit-on nier les propriétés cathartiques de l'huile de ricin ou de sels de magnésie (1)?.
(1) Voy. Gradle. Metalloscopy and meiaUotherapy {The Jaum. of nervouê and mental dueau, 1878, t. Ill, p. 718). — H. Tuke. Metallatcopy and expeeiani aiteniion {eodem foco., 1879, p. 59î.)^ Horatio-Dunkins {Brit. med. Joum,^ 26 oct. 1858>. — H. Bennet
Une autre Ihéoriey celle de M. Burq (I), n'est guère mieai fondée. M. Burq admet Texistence d'un fluide et d'un courant nerveux. Comme les fameux tractors de Perkîns ou les plaques munies de pointes de Coudre t, les armatures métalliques posséderaient la propriété de soustraire le fluide nerveux aux régions sur lesquelles elles sont appliquées. EII»'S auraient aussi la propriété d'accumuler ce fluide dans certains points de l'organisme. Avant de discuter ce système, il faudrait avoir la démonstration de ce fluide ou de ce courant nerveiiXj ou bien posséder la foi !
La théorie des vibrations moléculaires (2), dont MM. Schiff etMa^rgiorani se sont faits les apôtres, a pour point de départ l'existence de vibrations électriques, mécaniques ou magnétiques, particulièresàchacun des agents eslhésiogènes. Leur rhythme doit être tel qtfelle> vibrent à l'unisson avec les vibrations moléculaires propres des éléments nerveux. Quand le rhythme des premières n'est pas le même que celui des secondes, l'action est nulle. C*est donc admettre re\istence d'une force particulière, véritable force esthésiogénique, et revenir indirectement au courant et au fluide nerveux de M. Burq.
Les phénomènes électriques qui ont été constatés dans les applications mélallothérapîques ont été l'une des origines de la théorie f/f trique (3) dont les partisans sont nombreux. Il est certain que la forie électrique peut être mise enjeu, dans les différents phénomènes dont il a été question dans les pages précédentes : par des actions chimique.- (Rabuteau), thermiques, électro-capillaires (Onimus); par le contaC (Vigouroux) ou même par simple conductibilité (Tripier). Mais dans o: cas, la question serait reculée et non résolue. Que l'excitant soit éle:trique, thermique ou mécanique peu importe; un seul fait est acquit c'est que les phénomènes métalloscopiques, comme les autres mo^lifications de la sensibilité ou de la motilité, sont dus à l'excilalion d: svstème nerveux et sont soumis à ses lois.
C'est donc, dans des faits physiologiques, déjà même assez ancienn.-
(Bra'n, oct. 1878, p. 331, cl Brit. med, Joum., 23 nov. 1878, t. II, p. 751»)- — BeiN /?perimenls willh living human beings^ci Brit. med. Journ.^ 6 sepl. 1879, l 11, p. 3T!^ . - Vigouroux {Arcli. de neurologie, p. 93, t. II, juillet 1881). — Dujardin-Beauiiieu /'^ de ihérap., I5aoûl1880).
(1) Burq, Thèse inaug., et loc. cit.
(2) Voy. (Bevista sperimenlale de Fenclriana, 1878, p. 36). — Maggiorani {Joum ' thérap., 15 août 188(^ p. 100). —Schiff (Arch. des sciences phys. de Genève^ janv«fr t<^ Journ. d'Iiijgientf déc. 1881, p. 5ô6). — Mortimer Granville {The Lancttt 17 jaoT. IN^I- " Vigouroux {Arch. de neurologie, 1880).
(3) Onimus. Manuel d'électrolhèrapie, 1882, p. t67). — Benedickl (Wi>». meà. Vt'P n" 41, 1879, p. 105. — Vigouroux (Gai. méd. de Paris, 1878, n* 18, et Progrès méd., 2'» r.t 1881). — Despine (d'Aix), loc. cit., p. 124 et 25). - Eulemburg (OeiiifC*. med. Ww^."' 1878, n<> 26 et 28). — Duinontpallier (l*r rapport Soc. biol , 1876). — Bernhardt /."•• klin. Woch., !!• A3, p. 180, et 1878, p. 643). — Journal l'Electricien, 1. 1, a*8, p. 3*U. I^^- — Bévue mensuelle, Vnris, 1881.
HYSTÉRIE. Hi9
ment connus (4), qu'il faut placer les phénomènes dits esthésiogènes. Il existe dans la science des expériences antérieures aux recherches contemporaines dans lesquelles, MM. Lombard, Brown-Séquard, Tholozan. Rouget, ont observé des modifications du système nerveux périphérique de la même nature et du môme ordre que celles qu'on a depuis décrites sous le nom nouveau de transfert. Les expériences plus récentes de MM. Schiff, Vierodl, et d'autres encore confirment, indirectement il est vrai, les faits que ces physiologistes, cités plus haut, avaient observes depuis longtemps. La théorie encore récente de la dynamo^ génie et de Vinhibition donnera peut-être une explication physiologique de ces phénomènes. C'est donc à l'avenir de compléter cette étude encore à peine esquissée en se conformant toutefois aux sages recommandations deChomel à ses élèves, t Ne cherchez pas, disait-il, les faits extraordinaires, mais, au contraire, attachez-vous à connaître les maladies les plus communes et les plus simples et cherchez à les guérir. >
VIIL Hydrothérapie. — Le traitement par l'hydrothérapie de Thystérie et des accidents hystériques a été l'objet d'opinions contradictoires parmi les auteurs. Une conséquence naturelle de ces discussions, est la nécessité de tenir mieux compte des indications qui sont variables et par conséquent spéciales, suivant qu'on s'adresse à Vétat hystérique y à Vattaque d'hystérie ou aux accidents hystériques (paralysies, spasmes, anesthésies, hyperesthésies, etc.). Enfin, les procédés hydrothérapiques doivent encore varier selon que les troubles fonctionnels ont pour foyer principal le cerveau, la moelle ou le grand sympathique (2).
Contre Vétat hystérique, cette médication serait insuffisante, si on l'employait à l'exclusion des autres agents thérapeutiques en usage contre l'anémie, la chlorose et les causes diathésiques ou organiques de cet état. Déplus, il est indispensable de procéder avec réserve dans le choix des moyens hydrothérapiques, do tâter la susceptibilité individuelle de chaque malade, de varier les procédés et, après en avoir fait usage avec persistance, d'interrompre le traitement par des périodes de repos plus ou moins prolongées (3).
(l)Voy. Brown-Séquard,. Ltffon* «ur te* nerfs vato-moteurs, iraduciion française, 1872. — Vulpian, Leçons sur Vappareil vaso-moteur , p. 232. — Brown-Séquard et Lombard {Comp. rendus Acad. «c, 1868, p. 681). —Vierordt (Cen/rc/6. A merf. Ww«.,i879. n» I, p. I). — Adler, T/ièserfc ficHin, 1879.— Brown-Séquard (Soc. de bioL, 1881, 15 janvier, 11 juin, 18 juillet, et Comp. rend. Acad. «c, novembre et décembre 1881 ; Gai. /ieb(f.,1882, janvier février et mars). — î{umpt{Ueber den Transfert. Berlin klin. Wochen., 1879, p. 36 et 533). — Dumontpallier (Cas. des hôp,, 1879, p. 708, et GoiM Paris, 25 décembre 1881). — Vulpian. Mal, du syst, nerveux, p. 481. — J. Tessier. Note snr la pathogénie du transfert dans, les pfUnomènes de la métallostopie {Soc. de biol., 25 juin 1881).
(2) Leroy-Dupré {Rev, d'hygiène, p. 703).
(3) Béni-Barde. Traité d'hydrothérapie, 1879, p. 610.
Coutre la dysménorrhée de la puberté, les douches toniques en jel, généralisées à la totalité du corps ou localisées sur la région hypogastrique, les cuisses ou le bassin, les bains de siège à eau couraDle pendant quelques secondes, donneront des résultats heureux par leur emploi simultané avec les moyens moraux et médicamenteux appropriés. C'est encore à cet âge que l'hydrothérapie raisonnée pourra être efficace pour combattre les prédispositions héréditaires chez des sujets dont les ascendants sont hystériques ou névropathes. Enfin^conlre les dyspepsies, l'anémie, la chlorose, l'emploi méthodique de l'eau, sera un utile auxiliaire des médications toniques et du traiiemeol diététique.
A une époque plus avancée, quand les manifestations hystériques sont nettement déclarées, les résultats de l'hydrothérapie sont encore heureux, surtout dans l'hystérie non corivulsive, c'est-à-dire chez les malades dont l'excitabilité nerveuse est moins vive (1). C'est alors qu'on devra, en variant la température et le mode des applicatious hydriatiques, obtenir une sorte de tolérance de la part de malades doiil la susceptibilité nerveuse est des plus variables.
Au moyen de l'eau tiède ou modérément froide, on pourra soumellre les malades, dans l'intervalle des attaques, à des immersions tempérées, à des lotions ou à des effusions générales, aux frictions avec le drap mouillé et non tordu, ou bien les envelopper dans le maillot humide. Ces applications, ces lotions, ces frictions seront pratiquées en commençant par les régions inférieures du corps, par les cuisses et le bassin, et les immersions consisteront dans le début, en demi-bains, bains de siège, bains de pied, suivis de frictions et d'une douche générale (2). Par ces moyens, on peut espérer des effets sédatifs, et la diminution de l'excitabilité réflexe.
Cette première indication une fois réalisée, on pourra, par des applications plus énergiques et par rabaissement progressif de la température de l'eau, restaurer la nutrition et rétablir l'équilibre du système nerveux. Chez les hystériques, dont l'émotivité est très grande, une douche chaude prolongée pourra précéder avec avantage les applications froides, dont on atténuera d'ailleurs l'action excitante en commençant avec l'eau à 24 ou 2G degrés et en diminuant ensuite peu à peu la température. Il est donc des cas dans lesquels il faut faire usaj^'e de la médication sédative, et d'autres dans lesquels on obtiendra les résultats les plus heureux de la médication tonique et excitante.
D'ailleurs, ce traitement doit être continué avec persévérance ; et le grand obstacle au succès est souvent le découragement des malades. Néanmoins, si l'on cesse momentanément les pratiques hydrothéii-
(t) Bloch. Veau froide, set propriétés, son emplcif p. 96» 1880.
(2) Beni-Barde {loc. cit.).
HYSTERIE. il 51
ques, il n'est pas rare d'obtenir encore des résultats favorables, soit pendant la période de suspension du traitement, soit en revenant à l'hydrothérapie quand la malade aura retrouvé son énergie ou repris de nouvelles forces.
Contre les attaques d'/i^(érîe simple, caractérisées seulement par de faibles convulsions, on a conseillé d'éviter toute intervention pendant la durée des phénomènes convulsifs. Mais cette abstention n'est pas toujours légitime : en effet elle est fâcheuse, dans les cas où les attaques sont insolites dans leur durée, dans leur violence ou dans leurs épisodes. Contre les attaques de longue durée ou de grande violence, l'emploi du maillot humide et mieux, peut-être, l'application de lotions générales, sont efficaces à titre de moyens sédatifs. Après l'attaque, des douches toniques et révulsives sur les régions inférieures du corps seront préférables et souvent très utiles (1).
C'est encore pour prévenir les accidents congestifs encéphaliques qu'on a préconisé l'eau froide sous différentes formes : telles que les lotions et lesaffusions sur la tète. A l'eau froide on a même substitué des liquides aromatiques auxquels on attribuait des propriétés plus actives et qui cependant n'agissaient qu'à titre de moyens hydrothérapiques. C'est ainsi que, d'après Cerise cité par Valleix (2), à Thôpital de Middlessex on employait avec succès des liquides de cette nature, sous forme de douches sur la figure, le sein, les yeux, la bouche et même parfois — ce qui montre bien que dans l'hystérie € tout peut réussir et rien ne réussir» — quelques gouttes seulement d'eau tiède projetées sur la main.
Ces pratiques produisaient sans doute des effets suspensifs, une véritable inhibition de l'attaque, comparable aux actions des agents qui modifient le système nerveux central par des irritations périphériques localisées en apparence légères et transitoires. Il est vraisemblable qu'il en était de même des résultats heureux obtenus par l'injection de l'eau froide dans les voies digestives dans le but de calmer les paroxysmes; moyen préconisé par Jules Cruveilhier (3) et Landouzy (4) à l'imkation des pratiques de Rivière et d'Hoffmann (5). Au reste, ces mêmes phénomènes d'arrêt étaient obtenus par les lavements d'eau glacéci employés dans un but identique par Pomme, par Chiappa (6) et enfin, par le procédé vulgaire et quelquefois heureux des applications d'eau froide sur la tête ou le visage, applications qui étaient conseillées par Récamier (7) et par George t (8).
(1) Leroy Dupré (loc, cit., p. 707).
<2) Valleix. Guide du méd.f prat.^i. I, p. 060.
<3) Cruveilhier {Joum. de méd. et de chir.prat., 1833).
(4) Landouzy, Hystérie, p. 37.
<5) Hoffmann {Des a/fec. spaim, in opéra omnia.)
(6) Chiappa (Ann. univ, di medicina. Milan, 1831).
{7) Récamier (Revue médicale, 18!25).
<8) Georget (Diet, de méd., t. XVI, p. 184, 1831).
Dans la forme délirante^ les applications sur la lête de compresses imbibées d'eau froide ont été recommandées par tous les médecins. Dans la forme comaleuseou syncopale, on aemployé la fustigation delafaceau moyen de linges mouillés, et dans la/brwiecont;ui5ti;^,quandlesaffusions froides sont inefûcaces, M. Beni-Barde fait usage du maillot humide.
Quand les spasmes siègent sur lappareil respiratoire il est quelquefois avantageux de pratiquer des frictions sur les membres avec des compresses imbibées d'eau froide, ou d'appliquer sur la colonne vertébrale des sacs à glace de Chappman. Mais l'emploi de la glace (1) n'esl pas exempt de difficultés pratiques, pendant la durée des altaque>. Enfin, il serait peut-être possible, par ce moyen, de modifier Taura, quand elle existe et qu'elle est sentie. On imiterait alors le procédé d'inhibition d'une attîique d'épilepsie à son début, par rapplication d'un vésicatoire circulaire (2) ou d'un lien constricteur au-dessus du point d'origine de l'aura, ou bien encore l'arrêt d'une attaque d'hystérie par la compression du larynx, moyen indiqué par M. Guéneau de Mussy.
Contre les accidents hystériques dont les formes sont si variées, l'hydrothérapie a procuré de nombreux cas de guérison, soit employée seule, soit combinée avec l'usage d'autres agents d'irritation périphérique : tels que lesmétaux, la faradisation, les excitations périphériques de diverse nature.
Vanesthésie cutanée restreinte réclame, soit l'emploi de douches locales froides, de frictions avec des linges mouillés, soit la combinaison de douches alternativement froides et chaudes; ou bien encore de l'éluve et du maillot. La faradisation combinée avec ces pratiques donnen souvent d'heureux résultats. Enfin, dans des cas d'anesthésics, M. Thermes a produit le transfert par l'emploi de la douche localisée (3), ei M. Lemarchand (4) a provoqué le retour de la sensibilité et les pti»'nomènes dits esthésiogènes par l'usage simultané de la métallothérapie et de l'eau froide.
Dans les hyper esthésies localisées, des compresses sédatives, et dans V hyper esthésie étendue, des immersions tempérées suivies de douche^ froides localisées, procurent quelquefois la diminution des accidents. Mais chez beaucoup d'hystériques, l'emploi de la douche sur les régions hyperesthésiées sera plus nuisible qu'utile. De la, cette recommandation de faire précéder les douches de bains aune température modérée; de là aussi la nécessité d'éviter de frapper avec le jet d'eau les points hyperesthésiés, particulièrement les apophyses épineuses de la région malade, l'épigastre, les muscles des gouttières vertébrales et ceux du
(1) Richer {loc. cit.).
(9) Voy. plus haut, p. 1133 et scq.
(3) Thermes {loc. cit.).
(4) Lemarchand {Ann. de la Soc. d'hydrologie).
dos (Sydenham, Henrot, Briquet, Geodrin). La rachialgie, la pleurodynie, les névralgies, les arthralgies, si fréquentes chez les hystériques, sont plutôt justiciables des douches alternativement chaudes et froides, ou bien des douches écossaises au début du traitement, et plus tard des douches froides quand les effets sédatifs auront été obtenus. Lorsqu'il y a des symptômes d'irritation spinale, nous employons avec succès les pulvérisations d'éther sur le trajet de la colonne vertébrale ; ce même moyen doit aussi être mis en usage sur la région de l'ovaire, dans les cas d'ovarie très douloureuse.
La céphalalgie, i'hémicrânie, le clou hystérique, éprouvent un réel amendement par la douche écossaise générale ou bien, d'après M. Leroy- Dupré, parla sudation suivie d'une douche froide.
Dans rétat dyspeptique avec gastralgiey si fréquent dans l'hystérie, la douche froide pourra stimuler heureusement les fonctions digestives* Hais, pour éviter les inconvénients du choc de la douche sur l'épigastre, choc qui devient quelquefois l'occasion d'une attaque, on peut faire usage de la douche en éventail (1). Il en est de même des vomissements, qu'on peut aussi combattre par la douche sur la colonne vertébrale.
Contre la constipation opiniâtre (2), les lavements froids, la douche ascendante, ou la douche en jet modéré sur la paroi abdominale sont des moyens le plus souvent avantageux quand ils sont tolérés par les malades.
Les paralysies hystériques^ traitées par les douches mobiles en jet, sont souvent rebelles à l'hydrothérapie. Toutefois, même dans les cas les moins heureux, ces applications auront pour effet de stimuler les extrémités nerveuses et de combattre l'ischémie. Dans quelques cas (3) on a observé des résultats aussi favorables qu'inattendus : ainsi on a vu chez une hystérique hémiplégique le retour de la motilité se manifester avec une grande rapidité sous l'influence d'une douche (4).
Les convulsions des muscles du larynx disparaissent quelquefois par des applications d'eau chaude sur la région antérieure du cou. Ce moyen a été préconisé, comme on le sait, par Graves et par Trousseau contre la laryngite striduleuse. Il en est de même de la toux hysté" riqu^f contre laquelle la douche froide serait efficace, même chez les phthisiques, d'après certains hydropathes, à condition toutefois de faire l'application sur les régions inférieures du corps.
Contre les contractures de la face et des membres on a recommandé les douches froides localisées sur la région malade ou les douches fili-
(1) Leroy Oupré (ioc. ct'r, p. 705).
(2; fiernuu (Nouveau dkt. de méd. et de ehir. prat., t. XVIU, p. 239).
(3) Bloch (loe. cit.)
(i) Marchai {Union. Méd., 1876).
AXEHFILD. 73
îî5i NÉVROSES OJIPLOES.
est f:rt TÎve, pi a5 tari A-^ A>a'hes -îi»!! -uii-^ p^ar !?*Lt. il-r la niiritioa, te'^ ?cr.t les «ieat ^-cocAiir^ hyiroch*^nj:i«j'ie5 '^li d«:aaent!-*< .ê- «nitat* \^ pi'i3 af inraire'iT. , à coo-iitioa to-iteioL* d'être rrmp'oy^:? av^i: persé'îéraQ^e et t»icaoit»î. De là n:cre c»>fl«:i:i3ioQ, qae ma'grê >:c *iica^iité, rhj Iro^hérap îe, d.iQ:? Thyst^rie, ne peut di^pe-oser ai du in-'ement moral, ni de l'emploi des antres mêtiî'.atioiis appropriées a:i maltipies a^^cîdentâ de oeue nécrose.
A côté de-* pratiques de rhydro'.hérapîe, on doit pUcer la bj\fii^'*}'iffîpie simple on avec les eaux minérales. Les effets sédatifs ie^ baina liedes, par exemple, sont de paissants auxiliaires dans V. L'-ûtement de l'état hystrrrique. Mais, si tou3 les médeciiB sont d'accord 5ur ce point, il n'en eit pas de même relatiTement a Femplaî de IVaude mer. Ce>t ainsi que les uns arec Niemeyer (I) recommandent le séjour sur les pla^^es maritimes et Fusage des bains de mer, f«endjr/ quelques semaines chaque année, tandis que d'autres médecia^ i redoutent, a^ec raison, reicîtation qu'ils produisent. Chez ceriaiLS hystériques cependant, dont rexcilabililé est moins vive, i litre de modifu-ateurs généraux, le climat et la balnéation maritimes ont qii^i* quefoi5 une heureuse influence sur la nulritioa générale et sur l^u' moral des malades. Les mêmes avantages et les mêmes inconvénienL^ peuvent résulter de la balnéation thermale. Nous renvoyons du nr5>. pour ce sujet de thérapeutique aux développements dans lesquels no isommes entré i propos de traitement balnéaire de la neurasthénie.
Ici encore, comme dans toute la thérapeutique de Thystérie, 'ic même principe doit diriger le médecin, c'est-à-dire: tâter la susce{t;bilité des malades et varier souvent les médications].
J/ Niemey*»r fEUm. path. in/., l. II, p. 817).
'2) J biraon {Ga^ det kôp., 1881, et Progrè» médicéi, 1881 u