‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 11 sur 118 · PARTIE I» CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I» CHAPITRE I

et ne puisaToir (l'autre but^ que d'écrire ThUtoire des découvertes faites sur l'électricité animale avant moi*

Un passage d'un ouvrage de Swamherdak intitulé : Biblia naturœ^ U 11, p. 849, sur lequel M. Duméril le premier a attiré l'attention , contient la descrip* tion d'un fait qui est identique avec ceux que Galvani découvrit bien longtemps après. L'ouvrage de Swammerdam a paru vers le milieu du XVr siècle. Voici la description de l'appareil et de l'expérience que ce savant fit devant le grand-duc de Toscane en 1 678. a Soit un tube de verre cylindrique u dans l'intérieur duquel est placé un muscle^ dont u s<^ un nerf qu'on a enveloppé dans les contours u d'un petit fil d'argent , de manière à pouvoir le sou<* ce lever sans trop le serrer on le blesser. On a fait (c passer ce premier fil à travers un anneau pratiqué rr à l'extrémité d'un petit support en cuivre sondé cr sur une sorte de piston ou de cloison ; mais le petit cr fil d'argent est disposé de manière à ce qu'en pas^ r< sant entre le verre et le piston, le nerf puisse être <c attiré par la main et toucher ainsi le cuivre. On <c voit aussitôt le muselé se contracter. »

J'ai rapporté textuellement la traduction faite par M. Duméril èa passage de Swammerdam.

Évidemment l'expérience oit identique à celle de Galvani ; mais la manière dont se fit ia découverte par le physicien de Bologne^ suffit i prouver qn'il ignorait entièrement Texpérience que nous avons rapportée.

Sulzer j dans un ouvrage intitulé : Théorie géfd-*

# DES PHBNOnÈNfiS £LECTRO*PHYSIOLOGIQC£S.

raie du plaisir^ 1 767, rapporte une expérience qui prouve évidemment que le courant électrique capable d'exciter des sensations, peut être produit par un arc de deux métaux appliqués convenablement sujr un organe des sens. Il s'agit dans cette expérience de toucher la langue avec deux pièces de métal. Tune de plomb et l'autre d'argent , et d'éprouver une sensation particulière toutes les fois que ces deux pièces viennent en contact.

Galvani, lors de sa première expérience, faite quelques années après la publication de l'ouvrage de Sulzer , ne pouvait certainement y voir aucune espèce d'analogie avec l'expérience du philosophe allemand : nous verrons tout à l'heure que ce n'est pas avec l'arc métallique que Galvani débuta dans la carrière de ses célèbres découvertes.

J'etf dirai autant de l'expérience de Cotugno, que quelques historiens ont voulu regarder comme le point de départ de Galvani. Le fait de Cotugno, d'un jeune médecin qui reçut une forte commotion en touchant avec son scalpel le nerf intercostal d'une souris qui l'avait mordu et blessé au bas de la jambe, a été connu à une époque à laquelle , comme je le prouverai, Galvani avait déjà commencé l'étude des contractions excitées dans la grenouille. Il faut ajouter encore que le fait de Gotugno était, et est encore pour nous, si étrange, tellement exceptionnel, qu'il ne pouvait ni fixer l'attention d'un expérimentateur^ ni engager qui que ce fût à faire des expériences pour l'étudier.

PABTIB ï, CHAPITRB f. 5

L'Institut de Bologne possède des documents irrécusables qui déterminent l'époque à laquelle Gahani commença ses premières expériences sur la grenouille. En effet, on trouve dans un registre signé par le célèbre Canterzani, secrétaire de l'Académie, les notes suivantes relatives aux dates des mémoires que Galvani avait communiqués : 9 avril 1772, sur Virritahilité Hallérienne. — 22 avril 1773, sur les moiwements musculaires des grenouilles. — 20 janvier 1774, sur l'action de V opium sur les nerfs des grenouilles.

C'est donc vingt et un ans avant la publication du fameux commentaire de Viribus electricitatibus, et faite dans l'année 1791, que Galvani avait commencé ses expériences sur les contractions des muscles des grenouilles; et malgré la vive préoccupation de Galvani pour celle à qui il était uni, il ne faut pas croire, comme le dit Alibert dans son éloge, que les grenouilles sur lesquelles Galvani vit les premières contractions par l'action électrique, se trouvaient par basard sur sa table à côté de la machine électrique, destinées à la préparation du bouillon pour sa Lucie. On a trouvé également parmi les manuscrits de Galvani, le cahier qui contient ses premières expériences sur les contractions, des grenouilles excitées par l'électricité qu'il appelle artificielle. Ce cahier porte la date du 6 novembre 1 780, c'est-à-dire de onze ans avant la publication de son commentaire, et daçs la première expérience il a écrit : La grenmiille était préparée comme habituellement (alla

6 DES PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-f RTSIOLOGIQDES.

solita maniera). Éyidemment ce n'était pas la première fois qu'il faisait des expériences sur les grenouilles.

Pendant les années 1780 et 1783 Galvani ne cessa de s'occuper du même sujet, et c'est une chose bien remarquable, de nos jours, de voir que Galvani larda onze ans à faire connaîtra ses expériences.

Le premier phénomène que Galvani décrit dans son commentaire est celui qui est critiqué par tous les historiens et qui, suivant eux , prouve qu'tï igno^ Tait entièrement la vraie théorie des influences élec^ triques. On sait que Galvani observa la contraction d'une grenouille préparée à sa manière ordinaire, de m^re parata^ toutes les fois qu'étant en communica^ tion avec le sol, par un corps conducteur, on tirait l'étincelle du conducteur de la machine dont la grenouille était plus ou moins, rapprochée.

Cette critique des historiens de Galvani est on ne peut plus injuste. Galvani fut surpris de l'observation que nous avons décrite , et tout physicien l'aurait été à son époque : il faut ajouter qu'il étudia le phénomène avec tout le soin et toute la sagacité pos^ sibles. Du reste , dans un mémoire en latin qui est très-peu répandu , et dans lequel il s'occupe de la lumière électrique dans l'air plus ou moins raréfié, on peut voir que Galvani était bien au courant de toutes les découvertes et de toutes les théories de l'électricité. Dans son mémoire Sur Vusage et Vactivité de y arc conducteur y Galvani dit que la contraction de la grenouille peut très-bien s'expliquer , dans le cas

Page 1