‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 13 sur 118 · PARTIE I, GHAPITRB I · texte numérisé non relu

PARTIE I, GHAPITRB I

quelque chose d'analogue dans la tourmaline. 11 est un passage de son commentaire qui mérité d'être cité : Galvani y dit que plusieurs des contractions 06tenu^s avec Varc métallique sont dîtes à Varc lui^ même.

Il est difficile de s'expliquer par quelles yues théoriques Galvani fut conduit à établir la direction du torrent électrique de la grenouille. On voit dans les figures et dans la description qu'il en donne que , suivant lui, la direction de ce courant est du muscle au nerf dans la grenouille. «

Plusieurs mémoires suivirent le commentaire dans lesquels Galvani soutint la lutte qui s'était engagée avec Volta. Le premier est intitulé : De V usage et de ï activité de Varc conducteur dans les contractions des muscles. L'usage de l'arc d'un seul métal ^ de l'arc composé d'eau et de charbon y de l'arc avec de l'eau seule ou avec le corps humain , de l'arc métallique à surface inégale^ les contractions excitées dans la grenouille lorsque l'arc est interrompu : voilà des découvertes très-importantes qui sont contenues dans le mémoire cité y et auquel on n'a rien changé depuis. A la fin de ce mémoire , voulant expliquer l'action du courant électrique sur les contractions dans les muscles^ Galvani dit qu'il n'y a qu'à admettre que le courant détermine un changement dans les parties du nerf.

Cinq autres mémoires sur l'électricité animale adressés à Spallanzani complètent les travaux de Galvani à ce sujet. C'est dans ces mémoires qu'il expose lé

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fait de la contraction excitée dans la grenouille préparée, en repliant ses jambes mises en contact avec ses nerfs lombaires. La lecture de ces mémoires donne la plus haute idée du mérite de Galvani comme expéri-* mentateur. Il commence par établir, que les contractions excitées dans cette fameuse expérience ne peuvent s'attribuer à aucun tiraillement ou irritation du nerf; qu'on est plus sûr de réussir dans l'expérience si la grenouille est mouillée auparavant avec une solution de sel marin; qu'il faut que la grenouille ait cessé d'être dans u«b espèce d'état tétanique, dans lequel elle est quelquefois après sa préparation , afin de la voir se contracter par le contact de ses jambes avec ses nerfs; que cette * contraction s'ofb tient quelquefois quand on sépare les nerfs et les muscles de la jambe de leur contact; qu'on réussit également en établissant le circuit entre les nerfs et les jambes avec des morceaux de substance musculaire; et qu'enfin, en touchant les nerfs de la grenouille préparée, en deux points différents, avec un morceau de substance musculaire, prise sur un animal vivant > on éveillait des contractions dans la grenouille.

Il n'y a rien de changé aux résultats de Galvani que nous avons rapportés : les expériences qu'on a faites après lui , n'ont servi qu'à les confirmer*

Galvani étudia encore la décharge de la torpille : il employa le premier la grenouille préparée et couchée sur la torpille , pour découvrir l'instant de sa décharge, et il vit que l'indication de la grenouille se vérifiait quand même elle était posée à une distance

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très-grande de la torpille. C'est encore à Galvani que Ton doit les premières observations sur l'influence du cerveau et de la circulation du sang sur la dé-« charge de la torpille.

Galvani seul , lutta contre les attaques du physicien deCôme. Aldini, Yalli, etc. , lui furent d un bien faible appui. Et quand on pense que la théorie de la force électro-motrice de Volta, qu'on voulait substituer à celle de rélectricité animale de Galvani ^ et qu'effectivement on lui substitua presque généralement, est aujourd'hui vigoureusement attaquée et en général abimdonnée , tandis que l'idée de Galvani est entrée désormais dans le domaine de la science , il faut bien croire au génie de l'auteur de la première découverte.

Yolta fut le premier à répéter les expériences de Galvani, et à admettre avec lui l'existence d'une électricité animale dans les muscles. Dans une lettre, écrite par Volta au professeur Carmenati , le 3 avril 1792, il expose toutes les expériences qu'il a faites pour démontrer la sensibilité de la grenouille pour la décharge électrique. On voit clairement, d'après cette lettre, que Volta avait découvert qu'une décharge électrique très-faibîe peut encore exciter la contraction d'une grenouille , si elle est dirigée du nerf au muscle , tandis qu'elle ne produit pas ce phé^ nomène si elle est dirigée dans le sens contraire.

Après avoir étudié, dans la grenouille, la sensibilité des nerfs qui excite la contraction des muscles, lorsqu'ils sont parcourus par le courant électrique ^

Volta commença l'étude de l'expérience, faite par Galvani, de l'arc métalliqfUe excitant les contractions dans la grenouille préparée; on peut dire qu'il n'y a pas un phénomène de physique qui ait été étudié, sous toutes les faces, et retourné de cent façons, comme le fut, par Volta, celui de l'influence exercée sur les muscles de la grenouille par l'arc métallique.

Ce physicien commença par s'assurer que les contractions de la grenouille avaient lieu en touchant simplement, avec les extrémités de l'arc métallique^ deux points du filament nerveux. Volta découvrit encore qu'on pouvait, avec l'arc métallique, produire tantôt la sensation de la lumière , tantôt une sensation de saveur, en agissant avec un arc métallique sur les nerfs de l'oeil ou sur ceux de la langue, et il tira, de toutes ses expériences, cette conclusioB rigoureuse : que, dans toutes les expériences de Galvani et dans les siennes, la contraction des muscles était produite par l'irritation des nerfs; que cette irritation pouvait produire tantôt des sensations, tantôt des contractions; et qu'enfin cette irritation avec l'arc métallique était due à un courant électrique, développé par cet arc. Volta imagina que, dans le contact quelconque de deux corps conducteurs hétérogènes , se développait une action, par laquelle ces deux corps se trouvaient chargés d'électricités contraires, lesquelles pouvaient se décharger à travers un troisième corps qui n'était pas doué de cette action sur les deux autres.

Lorsqu'on opposait à cette hypothèse de Volta,

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