PARTIE II, aiAvnnB I
les annaies de la Boience , des expériences faites à l'époque dek déoouYerte delà pile, qui étaient dirigées daus des vues d une bien haute prétention. 11 y eut 9 à cette époque, des savants tellement hardis qu'ils crurent avoir saisi le principe de la vie , et s'en être emparés , par cela seul qu'ils voyaient les grimaces que le courant électrique produisait dans les muscles faciaux d'un malheureux décapité.
Heureusement pour la science, cette espèce d'engouement ne dura pas longtemps^ et on se mit, au contraire, à l'étude sérieuse des phénomènes électro-physiologiques. Je commencerai par l'exposition de ces phénomènes dans leur généralité. Lorsque c'est une pile de quinze ou vingt couples, au moins, qui produit le courant qu'on fait agir sur un animal vivant, on le voit se contracter» courber son dos, et on l'entend crier. Il faut , pour tout cela, qu'une grande partie de son corps soit parcourue par le cou* rant, et qu'on ait eu soin de faire entrer le courant par un point quelconque du système nerveux. Une fois que ces phénomènes se sont produits au moment où le courant a commencé à passer, on voit l'animal se rétablir dans son premier état, quoique le passage du courant continue; ce n'est que lorsque ce courant est trop fort que les signes de la douleur pep» sistent pendant son passage. J'ai entendu , pendant plusieurs minutes , crier un lapin , quoique le circuit fût bien fermé. M. de Humboldt a prouvé suif lui-même que la sensation du courant électrique per* sistait pendant son passage. Si l'on vient à Ouvrir U
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circuit^ à faire cesser le passage du eourant, oq voit se reproduire au même degré tous les phénomènes qui s'étaient produits quand ce courant a conirmencé. En agissant sur les animaux récemment tués, on obtient, dans les premiers instants après la mort, des phénomènes qui ne diffèrent de ceux observés sur l'animal vivant que par les signes de la douleur, qui doivent certainement manquer sur l'animal tué. Parmi les animaux qu'on a soumis au passage du courant y c'est la grenouille qui a été reconnue comme la plus sensible aux courants électriques les plus faibles; cet animal a été toujours employé après l'avoir préparé à la manière de Galvani (fig. 3 ), que nous avons décrite bien des fois.
Nobili a voulu comparer la sensibilité de la grenouille., comme moyen électroscopique, à celle des galvanomètres les plus sensibles : il a pu s'assurer que toutes les fois qu'il y a dans la source électro-motrice, ou dans le circuit, ime portion liquide, la grenouille ne le cède en rien au galvanomètre. Afin de simplifier l'étude de ces phénomènes, il fallait commencer par établir l'action du courant transmis par le seul système nerveux. Nous devons aux travaux de Lehot , de Bellingeri , et surtout à ceux de Nobili et de Marianini, que nous avons déjà cités dans l'introduction historique , toutes nos connaissances sur ce sujet. Malgré cela nous verrons, en exposant avec plus de détails les conclusions qu'en ont tirées ces deux derniers savants, qu'on ne parviendrait pas à en déduire les véritables lois. Je me suis