‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 115 sur 187 · PARTIE II, CflAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II, CflAPITRE II

ces contractions sont beaucoup plus fortes dans le premier cas que dans le second. 11 est certain que dans ces deux manières d'agir du courant, il faut bien tenir compte de la conductibilité du muscle que nous savons être très-supérieure à celle dont le nerf est doué. Nous aurons occasion de revenir plus tard sur ce sujet.

Nous avons enfin à étudier les phénomènes que le courant électrique produit lorsqu'il parcourt, dans le même temps , les nerfs et les muscles d'un animal vivant ou récemment tué.

La manière la plus simple de faire l'expérience consiste à prendre la grenouille, préparée à la manière de Galvani (fig. 3), de la couper ensuite dans le point où les deux os des cuisses sont réunis , et de la plonger, avec ses deux pattes, dans deux petits verres pleins d'eau pure ou légèrement salée (fig. 31 ). Quand la grenouille est ainsi disposée . il n'y a plus qu'à mettre les deux extrémités de sa pile dans les deux verres pour voir la grenouille se contracter. Le courant, dans cette expérience, est direct pour un des membres , et inverse pour l'autre. Au commencement, lorsque la grenouille est encore très-vivace, on voit les doux membres se contracter, soit au commencement, soit à l'interruption du courant , quelle que soit sa direction. A mesure que la vitalité s'affaiblit il n'y a plus qu'un des deux membres qui se contracte; celui qui est parcouru par le courant direct, se contracte au commencement, et c'est l'autre (fui est parcouru par le courant inverse qui se

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contracte par suite de l'interruption. Evidemment, les phénomènes observés dans cette seconde période sont les mêmes que ceux que nous avons trouvés en agissant avec le courant sur le nerf. C'est donc principalement à l'action du courant qui parcourt le nerf attaché , et ramifié dans un muscle, qu'est due l'action du courant qui traverse dans le même temps les nerfs et les muscles.

On trouve également dans cette action du courant parcourant simultanément les nerfs et les muscles, que, lorsqu'on est parvenu aux phénomènes de la seconde période, on peut obtenir de nouveau ceux de la première en agissant avec un courant plus fort.

Marianini a reconnu qu'en fermant le circuit d'une pile de quarante à cinquante éléments avec les deux mains , on éprouvait une secousse qui était plus forte pour le bras dont la main touchait le pôle négatif, que pour l'autre. Pour réussir dans l'expérience il faut, suivant Mariauini, serrer entre les mains une lame de plomb couverte de drap mouillé, et plonger les deux lames dans les cavités extrêmes de la pile. On voit très-aisément que , dans celte expérience, les gros troncs nerveux de l'un des bras sont parcourus par le courant direct, et ceux de l'autre par le courant inverse. Il me semble qu'il n'est pas difficile de s'expliquer la différence trouvée par Marianini dans la secousse éprouvée par les deux bras. En effet, nous avons vu, en décrivant les phénomènes produits par le courant sur un nerf, pris dans la première période de vitalité, et par con-

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