‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 136 sur 187 · PARTIE II, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VIII

tn n on du muscle. Nous avons vu également que ce courant, tout à fait analogue à celui qui se produit dans la combinaison de deux corps, n'existe qu'entre les molécules, et ne circule jamais dans ces corps que dans des cas particuliers, que nous n'avons réalisés dans les muscles des animaux vivants ou récemment tués que par une disposition dans l'expérience. Les nerfs n'ont pas une influence directe dans l'existence de ce courant, et ils n'y jouent d'autre rôle que celui d'un corps mauvais conducteur qui communique avec certaines parties du muscle.

On a cherché, et j'ai aussi cherché inutilement, l'existence d'un courant électrique dans les nerfs d'un animal vivant. Je me garderai bien de rapporter ici toutes les expériences et toutes les observations par lesquelles on avait cru prouver cette existence ; je les ai minutieusement répétées et variées, et je n'hésite pas un instant à déclarer que je n'ai trouvé rien de bien prouvé , rien de concluant.

J'ai introduit des aiguilles d'acier ou de fer dans les muscles des animaux vivants, et dans toutes les directions , relativement aux fibres musculaires. On avait voulu prouver par l'aimantation trouvée dans ces aiguilles, surtout pendant la contraction du muscle, qu'il y a dans les nerfs un courant électrique, et que le circuit est établi comme dans des espècesdespiralesoudecylindresélectrodynamiques. Pour m'assurer de l'aimantation des aiguilles implantées dans les muscles, j'ai employé une des aiguilles d'un système astatique, ou bien l'aiguille

du sidéroscopc de Lebaillif. Je n'ai jamais obtenu aucun résultat positif.

J'ai introduit une demi-grenouille récemment préparée dans l'intérieur d'une spirale couverte de vernis à l'intérieur : les extrémités de cette spirale étaient réunies aux extrémités d'une autre spirale plus petite, dans laquelle j'introduisais un fil de fer doux; j'irritais le nerf de la grenouille, et je cherchais, dans le même temps, si un courant d'induelion parcourait la spirale et magnétisait le fil de fer. Toutes mes recherches ont érté inutiles.

Quand même il serait mieux prouvé que je ne l'ai pu faire, que le phénomène électro- physiologique dout j'ai parlé dans le Chapitre X serait réellement du au courant propre de la grenouille, augmente pendant la contraction , nous ne pourrions pas admettre que la contraction est produite par cette augmentation; mais il serait conforme aux faits d'admettre le contraire. Le courant propre circule d'ailleurs, comme nous le savons ; dans les masses musculaires, et son existence, boruée jusqu'ici à la seule grenouille , est tout à fait indépendante de l'intégrité du système nerveux.

J'ai également essayé, avec le plus grand soin, d'introduire les extrémités d'un galvanomètre très-sensible dans deux points le plus éloignés possible d'un nerf découvert sur un animal vivant : j'ai fait ces expériences sur desanimauxsurexcitéspar certains poisons narcotiques. J'ai opéré sur des animaux pendant que j'excitais en eux de très-fortes contractions ; toutes les

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