PARTIE I, ClIAPITfiE II
l'on composerait avec ces deux aiguilles, serait tout à fait insensible à l'action magnétique de la terre, qui lutte toujours avec l'action du courant pour ramener l'aiguille à zéro. Le galvanomètre consiruit avec ce système aurait nécessairement la plus grande sensibilité possible , c'est-à-dire que le courant le plus faible produirait une déviation très-graude. Mais on conçoit aisément qu'avec un tel instrument on ne - pourrait jamais comparer entre eux des courants d'une intensité différente ; le système serait en équilibre dans toutes les positions, et une fois dévié il ne reviendrait pas au zéro quand le courant aurait cessé d'agir. Et comme il faut toujours commencer une expérience en ayant l'aiguille au zéro du cadran , il faudrait chaque fois changer la position du châssis. 11 faut donc laisser au système asiatique une petite portion de force magnétique pour se diriger, ce qu'on fait en prenant une des aiguilles plus aimantée que l'autre. Dans les galvanomètres (fig. 1 ) d une construction parfaite, se trouve un très-simple mécanisme avec lequel on fait faire au châssis un certain mouvement de rotation à l'aide duquel l'aiguille supérieure est toujours ramenée exactement au zéro du cadran.
On peut toujours juger de la sensibilité d'un galvanomètre par la lenteur des oscillations de son système aimanté ; le -galvanomètre a déjà une sensibilité suffisante lorsque son système fait une oscillation dans une minute.
Il arrive souvent qu'on voit s'affaiblir la sensibilité d'un galvanomètre, après un certain temps; un
courant trop fort qu'on a fait passer dans le galvanomètre, la présence de quelque barre aimantée trop près du galvanomètre, la réaction du magnétisme des deux aiguilles, la différence dans leure dimensions et dans la qualité de leur acier, sont des causes qui suffisent pour altérer le système astatique. 11 est bon de savoir rendre par soi-même sa première sensibilité au galvanomètre. On enlève pour cela le système du châssis et on le suspend par son fil de cocon à un support quelconque. La première opération à exécuter est de faire osciller le svstème en consultant une montre à secondes, afin de connaître la durée d'une oscillation ; en enlevant ensuite tantôt l'aiguille supérieure, tantôt celle inférieure, on parvient facilement à juger quelle est la plus faible des deux aiguilles; si le système persiste dans sa position, quand une des aiguilles a été enlevée, on est certain que l'aiguille enlevée est plus faible que l'autre; au contraire, si l'aiguille qui reste se retourne sur elle-même, il est démontré que l'aiguille enlevée était la plus forte. On pose alors l'aiguille la plus faible sur une table , on la tient pressée avec un doigt et on lui passe parallèlement, et en allant d'un bout à l'autre, un petit barreau aimanté. Il ne faut jamais s'arrêter ni revenir sur son mouvement avec ce barreau ; parvenu à la fin de la course , on soulève le barreau et on le reporte au premier point d'où l'on était parti, et on lui fait faire une seconde course. Le pôle de l'aiguille vis-à-vis duquel on a commencé la course du barreau, doit être du même